de Florian zellerdu 16 mars au 10 avril 2016

Le désordre incarné.

Une pure comédie de situation avec un vrai regard sur la société. La pièce dessine le prototype d’un certain égoïsme social contemporain, Michel ne pense qu’à son propre plaisir…

La pièce ‘Une heure de tranquillité’ est basée sur une idée originale de Simon Gray (Otherwise Engaged).

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Avec Pascal Racan, Rosalia Cuevas, Manuela Servais, Daniel Nicodème, Frédéric Clou, David Delaloy et Gaël Soudron.

Mise en scène Yves Claessens
Décors Francesco Deleo
Costumes Fabienne Miessen

QUELQUES PHOTOS

Photos : Martin Gallone / www.martingallone.be

POUR EN SAVOIR PLUS

basée sur une idée originale de Simon Gray (Otherwise Engaged)

Michel est un passionné de jazz. Un matin, il déniche au marché aux puces un disque introuvable dont il rêve depuis trente ans. Alors qu’il s’installe dans son salon pour l’écouter, le monde réel (son univers impitoyable) lui saute soudain au visage…

Prêt à tout pour avoir la paix, Michel n’hésite pas à s’enferrer dans les pires mensonges pour se préserver ne serait-ce qu’une heure de tranquillité.

Le désordre incarné

La partition de Florian Zeller, librement inspirée d’une trame vaudevillesque, est déroutante. Connaissant l’auteur, on est surpris et charmé de le trouver à cet endroit si particulier du répertoire dramatique, entièrement tourné vers l’humour. L’écrivain joue à fond le jeu du genre, s’en amuse et signe une pièce d’une remarquable efficacité.

Entouré de partenaires de haut vol, Pascal Racan joue ici un misanthrope contemporain aux prises avec toutes les contingences de la vie courante, et qui, voulant simplement écouter un disque rare, s’en trouve continuel¬lement empêché. D’où ses infructueuses tentatives pour se dérober aux importuns, ses mensonges, ses lâchetés, ses mauvaises humeurs. L’acteur passera par une gamme infinie d’états et d’émotions, oscillant entre la retenue et le désordre. Poussé dans ses extrêmes limites par la puissance d’une farce qui tourne à l’absurde, il va ouvrir la porte à une folie aussi ordinaire qu’effrayante, celle des mondes solitaires où nous nous enfermons.

FLORIAN ZELLER

Romancier et dramaturge, Florian Zeller, né à Paris en 1979, est sans conteste l’un des jeunes auteurs français contemporains les plus talentueux. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, il est révélé par son premier roman, « Neiges artificielles », édité chez Flammarion en 2002, et qui reçoit le prix de la fondation Hachette. Il publie en 2003 son second roman, « Les Amants du n’importe quoi », qui reçoit le prix Prince Pierre de Monaco.

En 2004, ses deux premières pièces sont créées à Paris : « L’Autre » au Théâtre des Mathurins par Annick Blancheteau, qui sera repris dans une mise en scène de Florian Zeller lui-même en 2007 à la Comédie des Champs-Élysées et « Le Manège » au Théâtre du Petit Montparnasse, dans une mise en scène de Nicolas Briançon. En 2004 toujours, son roman intitulé « La Fascination du pire » est très remarqué et reçoit le prix Interallié.

En 2006, il publie son quatrième roman, « Julien Parme ». Ses romans sont traduits dans une dizaine de langues et ses pièces souvent jouées à l’étranger.

En 2006, Florian Zeller connaît à nouveau un grand succès au théâtre avec sa pièce « Si tu mourais », créée à la Comédie des Champs-Élysées dans une mise en scène de Michel Fagadau avec Catherine Frot et Robin Renucci. La pièce, qui fait l’unanimité tant auprès du public que de la critique, est récompensée par le prix jeune théâtre de l’Académie française, et Catherine Frot est nommée aux Molières en 2007 pour son interprétation.

En 2008, sa pièce « Elle t’attend » est créée au Théâtre de la Madeleine dans une mise en scène de l’auteur. La saison 2010-2011 est particulièrement riche pour l’auteur : dès septembre, le Petit Théâtre de Paris programme « La Mère », dans une mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo avec, entre autres, Catherine Hiegel. Et le Théâtre Montparnasse crée sa pièce, « La Vérité ». Un titre qui ne doit rien au hasard et qui rappelle à quel point ce thème traverse sans cesse l’univers littéraire de Florian Zeller.

En septembre 2012, Robert Hirsch crée sa septième pièce, « Le Père », qui obtient trois Molières en 2014. En février 2013, Fabrice Luchini interprète « Une Heure de tranquillité ». En septembre 2015, Pierre Arditi crée « Le Mensonge ». Enfin, en janvier 2016, Daniel Auteuil joue sa dernière pièce, intitulée « L’Envers du décor ». Il est, selon L’Express, « le meilleur dramaturge français, avec Yasmina Reza ».

YVES CLAESSENS

Que peut-on dire de « Une heure de tranquillité » de Florian Zeller ?

Une heure de tranquillité de Florian Zeller, est une comédie de mœurs, française. Comédie, parce que Monsieur Zeller se moque des citadins d’aujourd’hui, préoccupés par mille choses où le fondamental devient accessoire et l’accessoire, fondamental. Comédie parce que riche en quiproquos, en situations tendues vers le grotesque, où les caractères qui ne devraient jamais se rencontrer se frottent les uns aux autres.

C’est aussi une comédie de mœurs, parce que Zeller y dépeint la vie dans les villes d’aujourd’hui : les hobbies d’abord, puis le stress, le boulot, les amours, la vie conjugale, les travaux dans la maison…

C’est enfin une comédie de mœurs parce que on y est essentiellement égoïste, on y ment, on s’y dispute, on y observe les différentes relations humaines dans la famille aussi bien que dans des milieux très différents, nous sommes dans un vivier où le spectateur voit se débattre les personnages tout en reconnaissant chez chacun des comportements très familiers.

Quand tu montes une pièce, qu’est-ce qui t’intéresse en premier lieu ?

Les acteurs. Comment réunir une équipe qui va trouver l’émulation suffisante pour se surpasser depuis la première répétition jusqu’à la dernière représentation. Les acteurs : Tout ce qui surgit des acteurs, leur instinct, leur aura, tout ce qui fait l’alchimie entre les acteurs ; je cherche à aider à identifier tout ce qui passe par la tête, par le corps des acteurs pendant leur effort de création.

Ce qui m’intéresse au théâtre, ce sont les rapports : tout ce qu’on dit et surtout, tout ce qu’on ne dit pas. Les silences. Les tensions. Les connivences. Les incompréhensions… Les Pulsions !

Quels sont les éléments qui t’ont inspiré à la lecture de la pièce ?

J’ai ri. Florian Zeller nous dépeint un rôle-titre, un homme ridicule dans son machisme et son égoïsme, et on rit, on l’aime bien. Il est insupportable et on l’adore. Toutes celles et tous ceux qui gravitent autour de lui sont poussés à aller trop loin dans l’expression de leurs préoccupations, de leurs peurs, de leur travail, de leur vie en fait. Il n’écoute pas. Il protège sa tranquillité, symbolisée par son disque, qu’il n’arrivera jamais à avoir.

Cette tranquillité qui nous fait tellement défaut dans notre vie de tous les jours. Plus on avance, plus il nous est difficile d’avoir la paix ! Les importuns sont au théâtre depuis Molière et chaque époque a eu ses obligations de civilités, mais la nôtre !…

Il y a un monde fou partout, avec nos moyens de communications, il nous faut répondre à tous, à tout le monde et TOUT DE SUITE !!!

Enfin, le rapport homme-femme est toujours passionnant. Il m’a semblé que la pièce est une provocation à l’humeur d’aujourd’hui : le machisme ordinaire n’a pas vraiment bonne presse.