De Didier CaronDu 14 septembre au 9 octobre 2005

Sur la scène du Théâtre des Galeries, c’est sur la terrasse d’une grande maison bourgeoise que se déroule la joyeuse soirée nuptiale où chacun pourra côtoyer chacune, selon affinités et opportunités, en espérant que la griserie saura escamoter la barrière invisible s’offrant aux résistances de la passion toujours latente. Amis d’enfance, beaux-frères, belles-sœurs, cousins, collègues, parents tout ce petit monde s’ébroue et traverse tour à tour la porte des réjouissances pour venir sur le perron du parc, faire une pause avec l’agitation festive et rencontrer les interrogations libidinales que les vapeurs d’alcool ont l’art de catalyser.

Dans une langue truculente, tous les clichés du couple et du célibat modernes s’enfilent comme des perles cocasses que l’auteur Didier Caron a dû collecter et répertorier avec jubilation.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Mathilde, la mariée Colette Sodoyez
Cécile, la meilleure amie de Mathilde Monia Douieb
Odette, la mère de Mathilde Louise Rocco
Christophe, le marié Dominique Rongvaux
François, témoin de la mariée Nicolas Dubois
Jean, ami d’enfance de Mathilde Marc De Roy
Yvonne, femme de Jean Catherine Claeys
Ivan, ami d’enfance de Mathilde Bernard Sens
France, maîtresse d’Ivan Cloé Xhauflaire
Valérie, femme de Patrice Marie-Hélène Remacle
Patrice, cousin de Mathilde Damien Gillard
Mise en scène Martine Willequet
Décors Bernard Lamot
Costumes Fabienne Miessen

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Mathilde et Christophe se marient. Ils ont invité leurs amis au banquet du bonheur, celui qui traditionnellement façonne « le plus beau jour de la vie » et qui d’une manière récurrente met à l’épreuve et fait le point sur tous les engagements passés et à venir !

Au présent, le mariage se conjugue en soirée de noces du couple en devenir, mais c’est aussi l’occasion pour tous les autres, parents, proches et amis d’évaluer le rapport à leur propre conjoint effectif ou virtuel, accompagné du cortège de tentations, frustrations, lâchetés voire fidélités pour lesquelles chacun se dispute, se contrarie ou même se respecte !

Sur la scène du Théâtre des Galeries, c’est sur la terrasse d’une grande maison bourgeoise que se déroule la joyeuse soirée nuptiale où chacun pourra côtoyer chacune, selon affinités et opportunités, en espérant que la griserie saura escamoter la barrière invisible s’offrant aux résistances de la passion toujours latente. Amis d’enfance, beaux-frères, belles-sœurs, cousins, collègues, parents tout ce petit monde s’ébroue et traverse tour à tour la porte des réjouissances pour venir sur le perron du parc, faire une pause avec l’agitation festive et rencontrer les interrogations libidinales que les vapeurs d’alcool ont l’art de catalyser.

Dans une langue truculente, tous les clichés du couple et du célibat modernes s’enfilent comme des perles cocasses que l’auteur Didier Caron a dû collecter et répertorier avec jubilation.

Drôle et rythmé, « Un vrai bonheur » est un cocktail salé-sucré pour un moment de… vrai bonheur !

INTERVIEW

INTERVIEW DE MARTINE WILLEQUET

Qu’est-ce qui t’as séduit à la lecture d’Un vrai bonheur ?

La pièce débute sur une situation apparemment joyeuse qui doucement va se décomposer en un déballage de rancœurs et de rancunes. Ce qui me séduit c’est que ça ressemble à une comédie légère mais que derrière cette apparence, il y a en jeu des conflits dramatiques, une succession de « drames » humains ou de couples. Nous sommes face à des personnages insatisfaits qui ont tous loupé quelque chose, en tout cas sur le plan sentimental. Ils donnent une image d’eux qui n’est pas conforme à ce qu’ils sont profondément. C’est une succession d’actes manqués, de rencontres ratées. Je trouve l’écriture de Didier Caron très intéressante. Les personnages sont très bien différenciés, variés et bien construits, il y a quelque chose de très homogène dans la distribution. Les personnages ont tous un beau moment à défendre, ce qui est un cadeau pour un comédien.

Est-ce que le fait que Didier Caron soit comédien l’aide dans son écriture ?

C’est sans doute parce qu’il est comédien qu’il arrive à écrire des dialogues aussi efficaces et aussi parlants. Les dialogues ne sont pas littéraires, c’est très quotidien, très vrai. Même si le mot est galvaudé, c’est très humain. On s’attache aux personnages parce qu’ils ont tous une faiblesse, une blessure. Et comme c’est sincère, on peut facilement s’identifier à l’un ou l’autre des personnages.

Didier Caron parle de plusieurs histoires dans sa pièce ?

C’est effectivement un entrelacs de duos. J’aime bien le côté formel de la pièce, ces petites scènes courtes où on reçoit quelques éléments, et puis les personnes explosent, vont chacune de leurs côtés et se retrouvent plus tard… On suit plusieurs histoires qui s’entrecoupent le temps de la soirée de noce.

Pourrais-tu définir les personnages ?

Ce sont des gens qui ont déjà un vécu. Ils ont la trentaine. Ils ont tous une situation professionnelle et se connaissent depuis longtemps.

Il y a un bel éventail de personnalités et de rapports. Entre ceux qui s’engueulent et se tapent dessus, le dominé et la dominante, le mari et sa maîtresse, la fille célibataire…

Je crois que chaque personnage a quelque chose qui est très justement observé. Ça se passe dans un milieu normal, ce ne sont pas des héros ou des gens particulièrement intelligents ou riches, ils sont très proches du spectateur. Ce sont des gens ‘banals’ plongés dans une situation qui fait boule de neige et qui va irrémédiablement vers quelque chose qui se casse la figure. Il y a un mouvement destructeur dans cette pièce. Une succession de malentendus, d’obstacles qui se répercutent dans la situation.

L’ AUTEUR

ENTRETIEN AVEC DIDIER CARON

« Un vrai bonheur » est-elle une comédie autobiographique ?

C’est une histoire que j’ai vécue et que je veux exorciser. Il fallait donc que je l’écrive seul, car, à deux, on ne peut parler de choses comme la parenté ou le couple. C’est une histoire personnelle, celle d’un premier amour douloureux, qui m’a donné une grande souffrance et la sensation d’être cassé. Par la suite, et même aujourd’hui, j’ai du mal à aimer, à « me poser », comme on dit. Comme je n’arrive pas à comprendre les rapports homme-femme, j’ai besoin de les mettre sur le papier. Je venais de vivre une passion qui compte plus que la relation de ceux qui ne se séparent pas et s’ennuient ensemble. Pourquoi ça fonctionne ? Pourquoi ça ne fonctionne pas ? De toute façon, il y a peu d’élus. L’amour est un sujet qui me passionne parce que je n’en comprends pas la recette. Je me suis donc interrogé sur mon destin. Quelques années plus tard, je peux interpeller le public avec une pièce où bien des gens se reconnaissent.

Les femmes ne sont-elles pas particulièrement dures dans « Un vrai bonheur » ?

J’adore les femmes, et je leur en veux ! Je ne me suis pas rendu compte que, dans ma pièce, les hommes étaient traités si sévèrement par les femmes. Pour moi, elle sont plus intelligentes et plus finaudes que nous. Mais j’ai un mal fou à les comprendre et à les aimer. J’ai tendance à penser que les femmes décident dans un couple parce que les hommes sont de grands enfants, qui n’ont pas coupé le cordon ombilical. L’homme a peur d’aimer et la femme a besoin d’amour. L’homme est lâche ; en conséquence, la femme décide. Le couple, c’est, en général, l’échec. On ne s’aime plus pour la vie, on s’aime pour des fragments de vie. Qu’est-ce qui lie deux personnes, l’amour ou le besoin ? S’il y a confusion, c’est regrettable. Dans les générations précédentes, on ne se quittait pas quand il n’y avait plus d’amour. Aujourd’hui, et c’est tant mieux, on se sépare.

Dans la pièce, chaque couple incarne une problématique : la monotonie, l’habitude, l’importance du sexe, celle de l’argent, la solitude (finir seul, voilà une chose qui me fait peur!)… Autant d’aspects que j’ai observés autour de moi. Après coup, je m’aperçois que mes modèles sont plus des gens de ma famille que des amis. Ces relations sont vraies puisque à la fin, j’entends dans le public des gens dire : « ça, c’est moi » et, s’ils n’osent pas aller jusque là, ils disent: « c’est le voisin ». Les spectateurs sortent dans une quiétude heureuse. Ils se prennent par l’épaule, chuchotent, se sentent bien. Ils ont peut-être eu le sentiment d’un couperet qui passait très près d’eux, au point de se dire : je vais faire attention à la personne qui vit avec moi. Si j’ai obtenu cela, c’est magnifique ! Il semble que les femmes aiment particulièrement la pièce. L’une d’elles m’a dit : « on dirait une pièce écrite par une femme », ce qui m’a fait plaisir.

Mais C’est un théâtre de comédie, ce n’est pas un théâtre absolument réaliste.

Tout en voulant rester dans le réalisme, je pousse le potentiomètre. Je tire vers l’humour pour que beaucoup de choses prêtent à rire. L’humour est un grand et beau miroir. J’ai toujours voulu utiliser ce ton : la comédie sincère, contemporaine, humaine.