D'Oscar Wildedu 18 juillet au 1er septembre 2013

Dans « un mari idéal », oscar wilde joue avec les conventions politiques et matrimoniales de la société aristocratique anglaise. Cette comédie traite de « la différence qu’il y a entre la façon dont un homme aime une femme, et celle dont une femme aime un homme; la passion qu’éprouvent les femmes à se fabriquer des idéaux (ce qui est leur faiblesse) et la faiblesse d’un homme qui n’ose pas montrer ses imperfections à l’être qu’il aime »…

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Sir Robert Chiltern Pierre Pigeolet
Lady Gertrude Chiltern Céline Peret
Lord Caversham Michel Poncelet
Vicomte Arthur Goring Nicolas D’Oultremont
Laura Cheveley Claire Beugnies
Mabel Chiltern Noha Choukrallah
Mise en scène Fabrice Gardin
Costumes Béatrice Guilleaume
Décor sonore Laurent Beumier
Création lumières Laurent Comiant
Coiffures Véronique Lacroix
Equipe technique Félicien Van Kriekinge, Laurent Comiant, Vigen Oganov, Vincent Lamer, Matthias Polart et Guy Mavungu

QUELQUES PHOTOS

Photos : Pauline Beugnies

POUR EN SAVOIR PLUS

Chaque été, depuis 38 ans, le Théâtre Royal des Galeries organise une tournée de plein air qui passe par de nombreux châteaux, demeures historiques ou lieux particuliers de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Après Marivaux, Molière, Beaumarchais, Guitry, Dell et Sibleyras, Regnard, Robert Thomas, c’est Oscar Wilde qui sera mis à l’honneur cet été avec Un Mari Idéal.

Le mari idéal, c’est Sir Robert Chiltern : raffiné, talentueux et très riche, il mène une brillante carrière politique, au grand bonheur de son épouse. Tout se complique lorsque la machiavélique Mrs Cheveley menace de le faire chanter : si Chiltern n’accepte pas de soutenir le projet du canal d’Argentine, dans lequel elle a des intérêts, elle dévoilera de quelle odieuse manière il a autrefois bâti sa fortune. Prêt à tout pour sauver son honneur, Chiltern fait appel à son ami Lord Goring. Ce dandy désœuvré parviendra peut-être, entre deux mots d’esprit, à déjouer les plans de la belle vénéneuse…

Avec humour et poésie, Oscar Wilde s’en prend aux vices de la société victorienne du tournant du siècle, cynique et décadente.

OSCAR WILDE

Esprit brillant et conteur éblouissant, Wilde a une intelligence et une lucidité acérées. Dans sa vie, il expérimente tour à tour la dissimulation, puis l’aveu sincère de vérités secrètes. Sous le couvert de l’artificiel, il veut atteindre à une conscience lucide et tragique. Cet homme qui ne savait jamais où finissait le rôle qu’il s’attribuait et où commençait celui que l’existence lui imposa devint, en dépit de l’opposition des milieux traditionalistes, l’idole de l’élite intellectuelle et mondaine de Grande-Bretagne et d’Amérique. Entre 1891 et 1895 se précise une apologie du travestissement, du dilettantisme et de l’immoralisme révélant une théorie autonome de l’art. En 1895, éclate le scandale qui entraîne sa déchéance : Wilde, après un retentissant procès de mœurs, est condamné pour corruption de mineurs et passe deux ans au régime des travaux forcés.

Ruiné dans son honneur et son autorité, abattu par les souffrances physiques et morales, il se réfugie en France et choisit le pseudonyme de Sébastien Melmoth.

Hugo von Hofmannsthal a saisit parfaitement le fond tragique de l’œuvre et de la vie d’Oscar Wilde : « Le destin de cet homme aura été de porter successivement trois masques : Oscar Wilde, le forçat C 33 et Sébastien Melmoth. Le son du premier suggère splendeur, orgueil, charme, le second est effrayant, un de ces masques imprimés au fer rouge sur l’épaule d’un criminel. Le troisième est le nom d’un fantôme…»

André Gide, à qui Wilde confiait « avoir mis tout son génie dans sa vie et son talent seulement dans son œuvre », a rassemblé certaines de ses improvisations dans un livre de souvenirs. Celui-ci montre le tragique contraste entre les dernières années, d’une douloureuse gravité, et la période mondaine, brillante et paradoxale. En fait, « ce grand maître en dissimulation » n’est pas moins fascinant que son œuvre d’une singulière modernité.

Oscar Wilde

Ecrivain et dramaturge britannique, qui fut un théoricien de l’art pour l’art. Fils d’un chirurgien irlandais, il naquit à Dublin en 1854, fit des études classiques au Trinity College, puis à l’université d’Oxford, où il rencontra notamment Walter Pater et John Ruskin. Esprit subtil et excentrique, dandy d’une rare élégance, il devint rapidement le favori de la haute société londonienne qui accueillit avec enthousiasme ses premiers Poèmes (1881). Théoricien de l’esthétisme, il fut invité à faire une série de conférences sur le continent américain (1881), puis s’installa à Paris, où il écrivit deux pièces de théâtre (La Duchesse de Padoue – 1883, Véra ou les Nihilistes – 1883) et où il se lia avec Paul Bourget et Edmond de Goncourt.

De retour à Londres (1884), il épousa Constance Lloyd, dont il eut deux enfants, nés respectivement en 1885 et en 1886. Rédacteur en chef du magazine The Woman’s World de 1887 à 1889, il employa son goût du paradoxe et ses talents de pamphlétaire à défendre la cause féministe. Par ailleurs, il publia des contes (Le Prince heureux et autres contes – 1888), puis des nouvelles (Le Crime de lord Arthur Saville et autres histoires – 1891), un essai (Intentions – 1891) et surtout un roman fantastique (Le Portrait de Dorian Gray – 1891), qui met en scène deux personnages dont la vie est débarrassée de toute sentimentalité et dominée par les seules considérations esthétiques. Cette œuvre, hédoniste et nettement influencée par Walter Pater, souleva de nombreuses polémiques qui ne firent que renforcer le succès de Wilde.

Au cours d’un nouveau séjour à Paris en 1891, il fit la connaissance de Mallarmé, de Gide et de Pierre Louÿs, qui devinrent de proches amis. Peu de temps après, il composa Salomé (1891), drame écrit en français à l’intention de Sarah Bernhardt (qui le créa en 1893 à Paris), puis trois comédies consacrées à la peintures des mœurs de l’aristocratie britannique, qui reçurent un accueil enthousiaste (L’Éventail de lady Windermere – 1892, Une femme sans importance – 1893, Un mari idéal – 1894, De l’importance d’être constant – 1895).

Alors qu’il était au sommet de sa gloire littéraire, la dénonciation publique de son homosexualité par le marquis de Queensberry lui valut une condamnation à deux ans de travaux forcés (1895) et ruina sa réputation. Wilde ne s’en remit jamais. Après être sorti de prison (où il avait rédigé un poème, La Ballade de la geôle de Reading – 1898, et d’étranges confessions, De profundis, posth., 1905), il revint s’installer à Paris où il vécut quelques années dans la solitude, sous le pseudonyme de Sébastien Melmoth, et où il succomba à une méningite en 1900.