de Pierre Chesnotdu 8 septembre au 3 octobre 2010

François Dumoulin est un homme malheureux, à vrai dire plus ennuyé que malheureux. Il se sent victime d’une machination ourdie contre lui par ses proches. Oui, il voit se liguer contre lui tout d’abord sa femme, Catherine, avec laquelle il vit depuis vingt ans et qui lui a donné une fille, ensuite Mado, son ex, avec laquelle il a vécu dix ans et enfin Barbara, sa maîtresse depuis dix ans. Vous l’aurez compris après un bref calcul, François est un homme d’ordre qui change de femme tous les dix ans.

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DISTRIBUTION

François Dumoulin Pascal Racan
Catherine Dumoulin, sa femme Marie-Paule Kumps
Mado, son ex-femme Martine Willequet
Barbara, sa maîtresse Marie-Hélène Remacle
Léa, sa petite amie Fanny Jandrain
Paul Rougemont Gaston Richard
Evelyne Rougemont Catherine Claeys
Mise en scène Pierre Pigeolet
Décor Francesco Deleo
Costumes Fabienne Miessen

QUELQUES PHOTOS

Photos : Fabrice Gardin

POUR EN SAVOIR PLUS

Pierre Chesnot

Fils d’un chauffeur livreur, Pierre Chesnot (né à Paris en 1935) arrête très vite ses études pour travailler. Il accumule les petits boulots, tels qu’ouvrier en usine, magasinier, vendeur de réfrigérateurs sur les marchés,… pendant une dizaine d’années.

Parallèlement, il commence à écrire des chansons humoristiques qui le font débuter au Théâtre de Dix Heures en 1960. Il gagne sa vie dans les cabarets de la rive droite et de la rive gauche et écrit pour le théâtre dès 1967. Sans grand succès ! Jusqu’à sa rencontre avec Claude Sainval qui décide de produire et mettre en scène ‘À vos souhaits’ en 1976 à la Comédie des Champs-Élysées avec dans le rôle principal Bernard Blier. Pour Sainval, Chesnot c’est « l’esprit de Paris et de ses rues, la gentillesse et la spontanéité. »

La pièce récolte un énorme succès et Pierre Chesnot enchaîne avec ‘Hôtel Particulier’ monté au Théâtre de Paris en 1978 par Raymond Rouleau. Ces réussites lui ouvrent les portes d’une carrière internationale. Depuis, il a écrit une vingtaine de pièces dont une quinzaine ont été jouées à travers le monde.

Pierre Chesnot est édité aux éditions Théâtrales Art et Comédie, on y retrouve « Les copines », « Un beau salaud », « Vue sur le golf », « Pension complète », « Hôtel très particulier », « La cuite » et « Retrouvailles.com ».

Pierre Chesnot nous dit : « j’essaie de perpétuer un style de vaudeville, qui est une spécialité française, et qu’il serait dommage de voir disparaitre. Je n’ai pas d’autres ambitions que de faire passer une bonne soirée aux spectateurs. »

Quelques mots avec Pierre Pigeolet…

 Qu’est-ce qui t’a séduit à la lecture de ce texte ?

J’ai adoré cette idée de l’auteur de supprimer le « 4ème mur », rempart entre les personnages et le public. Il a construit son histoire d’un homme tentant d’expliquer ses abandons amoureux récurrents à l’instar d’une reconstitution criminelle prenant le public à témoin. C’est comme un one man show autour duquel graviterait une pièce exclusivement féminine.

 Quel est l’ingrédient d’une bonne pièce ?

Comme disaient Lino Ventura et Jean Gabin, il y en a trois: une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire.

 Si on devait lui en trouver un, dans quel tiroir théâtral classerait-on la pièce de Pierre Chesnot ?

C’est un savant mélange de vaudeville et de théâtre de boulevard où se retrouvent malentendus, fausses pistes et autres crocs en jambes au bon sens.

 Tu as déjà réalisé des mises en scène mais c’est ta première au Théâtre des Galeries. Quel sentiment cela te procure-t-il ?

Un rêve… Bien sûr, un rêve. Et pas seulement le rêve de l’enfant que j’espère être toujours, mais celui d’un homme de 43 ans, toujours passionné par son métier, qui a grandi une première fois en s’installant comme spectateur, qui s’est retrouvé acteur et qui devient metteur en scène dans ce lieu mythique que j’ai dans la peau. Je n’oublierai jamais cette marque de confiance de David Michels et je n’oublierai jamais qu’il me permette de vivre ce rêve en m’entourant de tous ces comédiens que je connais bien, et pour qui j’ai la plus grande admiration. Et puis, il y a toute cette équipe, artistique, technique et administrative, qui me fait confiance et se coupe en quatre pour offrir avec moi une heure trente de plaisir aux spectateurs.

 Qu’aurais-tu envie que le public se dise en sortant de la salle après avoir vu « Un beau salaud » ?

Qu’aimer est vraiment plus important que d’être aimé.

PASCAL RACAN

PASCAL RACAN

 Qui est vraiment François Dumoulin ?

C’est un homme de 60 ans avec un bon fond. C’est vrai qu’il ment à sa femme mais je ne crois pas que cela en fait un lâche… C’est une histoire très complexe. En général, un homme a une maîtresse. Ici, François a une ex-femme, une femme, une maîtresse et une petite amie… Il est donc dans une situation délicate, il doit plaquer sa femme et sa maîtresse pour partir avec sa nouvelle petite amie… Je crois qu’il a du mal avec la vérité… Voilà, il est gentil, sympathique mais il aime les femmes et il a du mal avec la méthode directe.

Ce n’est pas un garçon très original, il emmène toutes ses conquêtes aux mêmes endroits, Biarritz, restaurant, marchand de glace… elles s’en rendent compte en même temps sur le plateau ! Le coup de maître, c’est le voyage avec Léa à Tangalooma.

Quand on dit de quelqu’un que c’est un ‘beau’ salaud, ça adoucit le mot ‘salaud’. François croit, dit – et donc fait croire – qu’il a des circonstances atténuantes, il y en a une qui fait du tricot, l’autre de la broderie et la troisième de la tapisserie … et il ne supporte plus de voir sa femme le soir jongler avec des aiguilles.

Chez Feydeau, la maîtresse rencontre la femme à un moment donné, c’est le fameux système Feydeau, il met en présence les personnages qui ne doivent pas se rencontrer. Ici, c’est pareil, multiplié par quatre. Chesnot multiplie Feydeau (!). Donc François, même si c’est un homme très organisé (il a un nouvel amour tous les 10 ans, il ne voit ses maîtresses que les samedis) est un peu dépassé …

 Si François Dumoulin devait caractériser son entourage ?

Il a rencontré Mado, sa première femme, par hasard. Il s’est intéressé à elle car il la trouvait belle, élégante, très classe. Il ignorait qu’elle était passionnée de tricot… Il dit, dans la pièce, « nettement plus âgé que moi mais malgré la différence d’âge, j’ai vécu dix ans formidable »… Mado est devenue la meilleure amie de sa femme actuelle !

Avec sa femme actuelle, Catherine, il n’a plus vraiment de rapport, tout est assez distant car elle fait des pulls à longueur de journée… Ils ont une fille de 20 ans. Il a besoin de renouveau…

Avec Barbara, il voulait suivre des cours de cor de chasse et il tombe sur un professeur de harpe, Barbara. C’est une bombe sexuelle… mais elle s’est mise à la broderie…

La petite Léa, c’est la fraîcheur incarnée.

À chaque femme, il ment sur son âge. Catherine fête ses 60 ans, pour Barbara, il a 55 ans et pour Léa, 45 ans… il ose ! Est-ce de la coquetterie ?

 En quoi cette pièce se démarque de ce que tu as déjà fait ?

Les monologues. Je connais peu de pièce où le comédien entre et s’adresse directement au public. C’est la première réplique de la pièce : « Oui, je sais, c’est un peu inhabituel qu’un des personnages vienne parler ainsi directement au public, mais je suis obligé car tout à l’heure, pris par les évènements, je n’aurai plus le temps de m’expliquer… ». Ça donne le ton. Ces interventions, hors cadre et hors pièce, sont savoureuses. Il vient annoncer ou compléter ce que le public découvre. L’évolution du spectacle est évidemment différente d’une structure classique. Pour moi, ce n’est pas forcément évident. Ici, il faut entrer dans le jeu de la pièce et en même temps en sortir pour les apartés au public. C’est un exercice particulier. En plus, j’interpelle le public. Mais, je me dois de rester dans le texte. Ce n’est pas un sketch ou un one-man show, je dois rester dans le personnage de François Dumoulin.

 Tu es heureux de jouer aux Galeries ?

On me propose toujours des pièces de qualité donc le plaisir est grand. C’est un peu ma maison…

 Quelle est ton histoire avec le Théâtre des Galeries ?

J’ai fini le Conservatoire en 1978. J’ai débuté tout de suite au Rideau de Bruxelles. Claude Etienne a téléphoné à Jean-Pierre Rey pour lui dire de venir me voir jouer, et j’ai été engagé dans la foulée aux Galeries pour jouer dans « Eden-Cinéma » de Marguerite Duras.

Évidemment, je voyais à la télévision le trio Christiane Lenain, Serge Michel et Jean-Pierre Loriot, et je me disais que ce serait extraordinaire de jouer à leurs côtés. Ce fut assez rapidement fait avec Serge et Jean-Pierre, mais j’ai du attendre pour jouer avec Christiane Lenain. J’ai un souvenir très précis de la seule pièce que j’ai joué avec elle, « Une bonne bonne ça ne pousse pas sur un arbre » de Ronald Millar, où elle faisait 9 rôles différents. Ce fut une véritable leçon lors de la première. C’est la seule fois de ma vie où je fus acteur et spectateur. Je l’ai regardée jouer.

J’ai un grand souvenir de « La Mouette » en 1980 avec Daniel Scahaise, Trigorine est un rôle qui m’a marqué, et puis il y avait une espèce de magie dans le théâtre pendant ce spectacle.

C’est aux Galeries que j’ai eu le plus de rôles diversifiés. D’ailleurs si on prend la première saison que j’ai jouée ici, elle conditionne la suite par sa diversité. « Eden-Cinéma » de Duras, « Le Goûter des Généraux » de Boris Vian, « No sex please ! Nous sommes britanniques » de Mariott et Foot, un vaudeville anglais, « Un meurtre est annoncé » d’Agatha Christie, une pièce policière, « Scapino » de Dunlop et Dale, une comédie musicale avant-gardiste pour l’époque, … Et j’ai continué avec Buchner, Ayckbourn, Tchékhov, Cooney, Molière… et Cyrano de Bergerac ! Incroyable, non !

 Un mot par rapport au Théâtre Tête d’Or à Lyon où la pièce va être jouée 55 fois en avril/mai 2011…

Je suis un homme fidèle… Il y a les Galeries, ça fait 33 ans que j’y joue… Il y a Argan 42, la compagnie de Daniel Hanssens, il y a les spectacles d’été de Villers-la-Ville où je joue et met en scène depuis fort fort longtemps… et il y a la Tête d’Or. Après « Drôle de couple », « L’Emmerdeur » et « Si c’était à refaire », c’est mon quatrième spectacle à Lyon. Et toujours avec un énorme plaisir.

 Ta première mise en scène, c’était au Théâtre des Galeries, « Une mesure d’avance » d’Anne-Marie Etienne en 2002. Depuis, tu y as pris goût…

Oui. J’aime beaucoup ça, et de plus en plus. J’aime le défi de fédérer et créer une troupe autour d’un projet, partir de rien et arriver à un produit fini. J’aime le côté chef de troupe, le côté psychologue que ça demande, j’aime façonner une ambiance. Il faut être fort dans sa tête pour mettre en scène, il faut avoir bien préparé son spectacle car le comédien attend des réponses à ses demandes mais en même temps, il faut être ouvert aux propositions.

Donner le canevas, proposer des choses, attendre des propositions, provoquer une cohésion entre des gens qui viennent d’univers différents. J’aimerais de plus en plus mettre en scène même si je n’ai pas de projets précis. C’est extraordinaire de jongler avec les personnalités de chaque comédien…

 Malgré ta longue carrière, est-ce qu’il y a un rôle que tu voudrais jouer ou rejouer ?

Je n’ai jamais joué Petruchio dans « La mégère apprivoisée » et j’aurais aimé…. Je rejouerais bien « Kean », c’est intéressant d’avoir l’acquis de ce qu’on a déjà interprété, c’était en 1984, donc ça a eu le temps de mûrir… « L’habilleur » de Ronald Harwood me plairait bien… Mais bon, il y a l’âge qui vient, il faut que les rôles suivent…