de Ray Cooneydu 12 septembre au 7 octobre 2012

Philippe Coïc, un ministre important du gouvernement, s’est arrangé, dans le plus grand secret, pour passer la nuit au Plazza avec Ségolène Benamou, la chargée de communication du leader de l’opposition.
Tous les deux sont mariés et leur rendez-vous ferait scandale s’il venait à s’ébruiter, d’autant que Philippe est censé se trouver au même moment à l’Assemblée Nationale pour soutenir le Premier ministre.
La soirée est à peine commencée qu’un accident déplorable contrarie le rendez-vous galant. Ne pouvant contacter la police, ils appellent à la rescousse l’attaché parlementaire de Coïc, Jean-Louis Bonnot !

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)
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DISTRIBUTION

Jean-Louis Bonnot Michel Poncelet
Philippe Coïc Pascal Racan
Ségolène Benamou Maria del Rio
Le directeur de l’hôtel Jean-Paul Clerbois
Le garçon Pierre Pigeolet
Roland Dubu Benoît Strulus
Arielle Coïc Catherine Claeys
Franck Benamou David Leclercq
Arlette Morillot Angélique Leleux
La femme de chambre Laure Godisiabois
Mise en scène Bernard Lefrancq
Décor Francesco Deleo
Costumes Laure De Prins

QUELQUES PHOTOS

Photos : Isabelle De Beir / debeirisa@base.be – 0473/ 493424

POUR EN SAVOIR PLUS

Les Anglais parlent d’une « Cooney Farce » comme les Français parlent d’un Feydeau. Ray Cooney utilise la technique du ‘mentir à l’infini’ du dramaturge français. Un premier mensonge en entraîne un deuxième, qui en génère une kyrielle, c’est la ‘prise d’inconscience’ masculine, le comique de défense.

Dans ‘Panique au Plazza’, le ministre, alias Pascal Racan, qui compte sur la complaisance de son attaché parlementaire, Michel Poncelet, devient finalement ‘un mensonge qui dit la vérité’. Mais entre-temps, dans une ronde diabolique menée par notre metteur en scène acrobate, Bernard Lefrancq, tous les personnages auront menti, à ne plus savoir s’ils mentaient quand ils disaient la vérité ou quand ils ne la disaient pas.

Ray Cooney est le maître du mécanisme infernal qui pousse des personnages ordinaires dans un engrenage d’événements de plus en plus extraordinaires. Il construit ses pièces avec la précision d’une pendule suisse, qui est néanmoins très british. Les répliques et les actions rythment la pièce et provoquent la force comique qui constitue la « Cooney Farce » si célèbre.

Ce que j’aime beaucoup, quand j’invente des personnages, c’est par exemple imaginer un homme très banal qui se trouve tout à coup engagé dans une situation à laquelle il ne s’attendait pas du tout. A partir de là, je peux entraîner ce pauvre garçon dans un imbroglio inextricable dont il ne pourra se sortir qu’en accumulant les mensonges et les actes les plus fous. C’est alors que le rire s’installe, parce que la farce est conduite et jouée avec beaucoup de précision et de vérité, sans excès grotesque. Tout cela est prémédité et travaillé avec une telle subtilité que le public ne s’en aperçoit qu’après la représentation.

Ray Cooney

RAY COONEY

Né à Londres en 1932, Ray Cooney devient acteur au moment de son adolescence. Il travaille avec différentes compagnies théâtrales en province, puis apparaît sur les scènes londoniennes du West End. Après quelques années, il ralentit sa carrière de comédien se contentant de créer certains rôles de ses propres pièces. Car, entretemps, il est devenu un auteur dramatique à succès. Seul ou en collaboration de Tony Hilton, John Chapman ou Gene Stone, il a écrit plus d’une quinzaine de pièces.

One for the Pot en 1961 (Si ce n’est toi, c’est donc ton frère, Théâtre des Galeries, 1975. Trois Partout, Théâtre des Variétés à Paris en 1990), Chase me Comrade en 1964, Who Were You with Last Night ? en 1962, Sand by your Bedouin en 1965, Not Now Darling en 1967 (Le vison voyageur, Théâtre du Gymnase en 1969, Théâtre des Galeries en 1971, 1975, 1982 et 1993), Charlie Girl en 1968, My Giddy Aunt en 1968, Move Over, Mrs. Markham en 1969 (Le Saut du lit, Théâtre Montparnasse en 1972, Théâtre des Galeries en 1980 et 1990), Why Not Stay for Breakfast ? en 1970 (Restez donc jusqu’au petit déjeuner !, Théâtre National de Belgique en 1973, Une fille drôlement gonflée, Théâtre de la Potinière en 1982), There Goes the Bride en 1974 (Timoty for two, Théâtre des Galeries en 1975, Voyez-vous ce que je vois ?, Théâtre de la Michodière en 1976), Run for Your Wife en 1983 (Double Mixte, Théâtre de la Michodière en 1986), Two into One en 1984 (Sorry ! Je ne fais que passer…, Théâtre des Galeries en 1985, C’est encore mieux l’après-midi, Théâtre des Variétés en 1987, Théâtre des Galeries en 2002), Wife Begins at Fortys en 1985 (La Galipette, Théâtre du Petit Marigny en 1987), Out of Order en 1990 (Mon Dieu ! Mon Dieu ! Tout mais pas ça, Théâtre des Galeries en 1992, Panique au Plazza, Théâtre Marigny en 1995, Théâtre des Galeries en 1998), It Runs in the Family en 1992 (Impair et Père, Théâtre de la Michodière en 2001), Funny Money en 1995 (Espèces menacées, Théâtre de la Michodière en 1997, Paroles de fric, Théâtre des Galeries en 2002), et Caught in the Net en 2001 (Chat et souris, Théâtre des Galeries, 2009).

On dit qu’il n’y a jamais un soir où le rideau ne se lève sur au moins une « Cooney Farce » dans un des quatre coins du monde.

INTERVIEW RAY COONEY

Ray Cooney est reconnu aujourd’hui comme ‘le maître de la Farce’. Il est le plus digne successeur en tant qu’auteur du grand Ben Travers et il est dans la lignée de Brian Rix en tant que metteur en scène/acteur. Auteur prolifique, il a été traduit en plus de 40 langues (y compris le chinois, le japonais et le russe). Depuis près de 40 ans, il a dirigé (et a produit) la plupart de ses pièces à Londres et à Broadway avec d’énormes succès.

– Ray Cooney, comment êtes-vous venu au théâtre ?

Mes parents n’étaient pas dans le milieu artistique, mais ils m’ont beaucoup encouragé parce qu’ils aimaient le théâtre. Ils y allaient très souvent et ils m’emmenaient toujours. Avec eux, j’avais la chance d’assister à des spectacles très variés, car ma mère aimait le classique et mon père les variétés. J’ai été élevé entre Cyd Field, grand acteur de comédie, Laurence Olivier et le théâtre classique. De sorte que je ne saurais dire exactement d’où me vient le goût du théâtre. Mon père avait beaucoup d’esprit. Il était extrêmement drôle et je crois tenir de lui ma tournure d’esprit. Mais le théâtre fut vraiment une vocation. Dès l’âge de cinq ans, je ne voulais rien faire d’autre et, Dieu merci, mes parents ne m’en ont pas dissuadé. A quatorze ans, en sortant du lycée, je suis allé faire le tour des agents théâtraux. J’ai finalement décroché une audition pour une comédie musicale et j’ai commencé ainsi ma carrière de jeune acteur.

– Comment en êtes-vous venu à écrire vos propres comédies ?

En 1956, je faisais partie de la troupe qui se produisait au Whitehall Theatre dans une pièce qui a duré quatre ans. C’était une comédie en trois actes et je ne paraissais pas au second. Je restais donc dans ma loge et j’ai commencé à griffonner pour passer le temps. Je me suis rendu compte alors que j’avais tout ce qu’il fallait pour écrire des comédies. D’abord, j’avais toujours joué des comédies, j’avais fait partie de diverses compagnies théâtrales et, de plus, j’avais eu la chance de quitter l’école à quatorze ans. Dans mon cas, cela me semble être un avantage car si j’avais reçu une éducation plus poussée, je n’aurais sûrement pas écrit des vaudevilles. Mais le fait de n’avoir pas poursuivi mes études était ce qui pouvait m’arriver de mieux pour le genre de pièces que je me suis mis à écrire. Ainsi, je me suis plongé dans l’écriture et j’ai eu la chance d’avoir les motivations nécessaires pour les vaudevilles que j’écrivais. Par la suite, j’ai appris que ce genre de comédies ne s’écrit pas du premier jet. Qu’il faut les reprendre, les retravailler, les réécrire. Elles ne sont jamais bonnes au départ. Cela prend parfois des années, trois ans pour certaines.

– Vous recherchez toujours à introduire dans vos pièces un élément dramatique ?

Oui, c’est toujours ce qu’il faut trouver dans ce genre de pièces : l’élément dramatique. Les gens s’imaginent que vous cherchez simplement à être comique, mais ce n’est pas exact. Ce que l’on recherche toujours, c’est le ressort dramatique, la tragédie qui déclenche le rire.

Les acteurs doivent être sincères, authentiques. Ce sont des acteurs qui pourraient aussi jouer Shakespeare ou Tchekhov,… Le public doit croire en leurs problèmes et ne pas avoir l’impression qu’ils plaisantent ou sont là pour faire rire.

Toutes mes pièces se jouent en temps réel, tout comme les anciens dramaturges grecs. S’il y a un problème, il doit être réglé tout de suite. Les deux heures que dure la représentation représentent les deux heures dans la vie de quelques personnes. Et donc il faut avoir suffisamment d’énergie pour soutenir le rythme pendant deux heures. C’est ce qui en fait une farce et non une comédie.

– Justement, quelle est la différence entre une farce et une comédie ?

Dans mes farces, ce sont des personnes réelles, des personnes auxquelles le public peut s’identifier dans des situations qui ne sont pas vraiment totalement crédibles. Dans une comédie, ce sont des personnages plutôt excentriques dans des situations complètement réelles.

– Comment naissent vos pièces ?

Au départ, j’ai toujours deux ou trois idées derrière la tête, et peu à peu, 1’une d’elles se pousse en avant comme si elle me disait: « Je suis la meilleure de toutes celles que tu as. » Alors je me mets à y penser, à la développer autant que je peux. Puis, vient le moment où je ne peux plus tout garder dans la tête, alors je commence à prendre des notes. En principe, je commence simplement à écrire l’histoire. Je n’écris pas de dialogues au début. Quand je me mets à écrire les dialogues, c’est qu’elle est déjà bien avancée. Mais je m’en tiens pendant longtemps à ce que j’appellerais une sorte de synopsis détaillé. Mes pièces sont essentiellement des comédies de situation. Cela n’a rien à voir avec l’esprit du dialogue. Si certaines répliques sont drôles, c’est parce qu’elles viennent des personnages placés dans une certaine situation.

– Etablissez-vous un plan rigoureux ou laissez-vous vos personnages vivre leur vie ?

D’ordinaire l’idée de base implique l’existence de deux ou trois personnages. Puis, au fur et à mesure que je développe la situation, je me demande quels sont les autres personnages qui aideront le mieux le drame à se nouer. J’essaie de donner à l’action le plus de véracité possible de façon à ce que le spectateur ne la trouve pas grotesque. Bien entendu, dans la seconde partie de la pièce je me permets une certaine liberté qui ne serait pas admissible dans la première. Ce que j’aime beaucoup, quand j’invente des personnages, c’est par exemple imaginer un homme très banal qui arrive simplement pour donner une lettre et qui se trouve tout à coup engagé dans une situation à laquelle il ne s’attendait pas du tout. A partir de là, je peux entraîner ce pauvre garçon dans un imbroglio inextricable dont il ne pourra se sortir qu’en accumulant les mensonges et les actes les plus fous.

– Pour votre dernière pièce, quelle a été votre manière de procéder ?

A chaque fois, la procédure est la suivante : tout d’abord j’écris le script. Et puis je le réécris une première fois. Ensuite, j’organise ce que l’on pourrait appeler une lecture publique. Pendant 4 ou 5 jours, les acteurs lisent le script devant un public restreint, environ 200 personnes, dans un petit théâtre. Sans décor, ni bande-son, ni costumes… rien que le script. Le but n’est pas de voir si c’est drôle ou pas, mais de voir si les gens s’identifient à cet homme ou cette femme et au problème qu’il ou elle rencontre, s’ils entrent dans l’histoire. Après cela, je réécris le texte, souvent de manière assez conséquente. Je retourne directement dans mon bureau et je m’efforce d’être sans pitié. La pièce est ensuite montée dans un petit théâtre pas très loin de Londres (près de Windsor) pour une sorte de production d’essai. Et là encore j’essaie de voir si le public se sent concerné par le texte. Ainsi, lorsque que l’on répète pour monter la pièce dans le West End à Londres, je sais exactement ce qui se passe à chaque instant. Et les acteurs qui jouent la pièce à Londres, qui bien souvent n’ont pas été impliqués dans tout ce processus, respectent le script car ils connaissent le travail qui a déjà été accompli.

– Pouvez-vous dire qui vous a influencé dans votre carrière ?

Pendant cinq ans, lorsque j’étais jeune acteur, j’ai changé de pièce chaque semaine, j’ai donc joué dans plus de deux cents pièces pendant cette période, j’estime que tous les auteurs que j’ai joués durant cette période ont eu une influence sur moi.

– Est-il plus facile ou plus difficile de diriger quelque chose que vous avez écrit ?

Tout le monde me dit que c’est difficile. Je pense que mes pièces sont si ‘complexes’ que je suis le seul à savoir où je vais dans un premier temps ! En fait, j’aime jouer dans mes pièces aussi bien que les diriger – ça fait une personne en moins qui pose des questions difficiles !

– Si vous ne travailliez pas dans le théâtre, que pensez-vous que vous auriez fait dans la vie ?

La pensée de ne pas travailler dans le théâtre est trop horrible à imaginer. Je pense que j’aurais fait un métier dangereux avec un côté risqué; et quelque chose où j’aurais pu employer mon cerveau ‘tortueux’. J’aurais été un créateur de mots croisés avec un travail en soirée comme pickpocket.

– Avez-vous rencontré des situations amusantes en dirigeant une pièce ?

Chaque moment de chaque jour de répétitions est amusant – quand ce n’est pas exaspérant et frustrant. En fait, ce qui peut étonner lorsqu’on assiste à une répétition d’une de mes pièces, c’est qu’avec les acteurs nous parlons très rarement des rires – nous discutons de la ligne dramatique de la pièce et de ce qui est en jeu pour les personnages.