De Jean-Michel Ribes

« Musée haut, musée bas » de Jean-Michel Ribes, invite à découvrir les multiples faces cachées de l’univers muséal : la vie secrète des œuvres d’art, le terrible sacerdoce des gardiens, la délirante journée des guides… Il s’en passe des choses entre la salle des antiquités grecques et celles des impressionnistes, entre l’exposition de photos présentant 350 sexes masculins et le parking « Dali » du 4ème sous-sol. Et si les visiteurs faisaient eux-mêmes partie des créations exposées ? Et les mammouths, qu’est-ce qu’ils font là, les mammouths ?
Une visite au musée extrêmement jubilatoire !

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.
Prenez contact directement avec le lieu de représentation pour réserver durant la tournée des Châteaux.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

Le calendrier avec les lieux de représentation et les numéros de réservation est disponible ici au format pdf

DISTRIBUTION

Catherine Claeys
Séverine De Witte
Sarah Woestyn
Arnaud Van Parys
Maroine Amimi
Marc De Roy

Mise en scène : Sandra Raco
Costumes : Carine Duarte
Équipe technique :
Félicien Van Kriekinge
Laurent Comiant
Corentin Van Kriekinge
Vigen Oganov

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Dans cette histoire de musée, l’auteur ne veut ni donner de leçons, ni faire de commentaires, seulement explorer ce lieu où se rencontrent les muses, où se mêlent l’art et la vie, les mortels et les immortels, dans un ballet émouvant et absurde. Il a voulu que le public traverse le spectacle comme il visite un musée, sautant de la Peinture Hollandaise aux Dadaïstes, des Antiquités grecques aux Impressionnistes…c’est à dire en traitant chaque scène dans un style de théâtre aussi différent que l’est celui des salles de musée.

Avec l’humour grinçant de Jean-Michel Ribes, « Musée haut, musée bas » met en scène une douzaine de personnages, artistes, visiteurs, conservateurs et guides, qui s’éparpillent dans le grand bazar de la culture d’aujourd’hui.

Jean-Michel Ribes met l’univers muséal sens dessus dessous. Désopilant, léger, subversif.

SANDRA RACO

Musée Haut Musée Bas est une pièce complètement déjanté écrite par Jean-Michel Ribes. On y retrouve une galerie de personnages aussi loufoque les uns que les autres. Bien sûr nous sommes dans un musée et on y parle d’art, mais Ribes ose démystifier cet art et même s’en moquer. Ce qui nous fait rire c’est l’identification à ces personnages, comme c’est souvent le cas dans les comédies. Qui n’est jamais allé dans un musée sans comprendre ce qu’il y voit, ce qu’il y fait et parfois même sans choisir d’y être ?
J’avoue ne pas être une grande visiteuse de Musée et je n’y connais pas grand-chose à l’art, pourtant c’est exactement ça qui me plait dans ce texte. Ribes n’a pas choisis de mettre en valeur les artistes dans le musée mais les gens comme vous et moi, les gens qui passent dans ces musées et ceux qui y travaillent chaque jour et que personne ne regarde. On regarde les gens regarder, c’est absurde et jouissif.
Malgré le côté déjanté et loufoque du texte, il aborde des thèmes qui résonnent encore aujourd’hui mais de manière détournée. Le directeur du Musée, Monsieur Mosk craint que les plantes et les arbres reprennent leur droit en envahissant le musée et en détruisant ces œuvres. Alors qu’on parle d’écologie et de respect de la nature partout, le directeur, lui, veut la détruire et encourage les gens à faire de même. On évoque aussi les campagnes où il n’y a plus rien. Si on retourne vivre à la campagne est-ce que c’est au détriment de cette culture, est-ce qu’on a encore accès à cette culture ?
Avec Sulki et Sulku, on se pose tout le temps cette éternelle question : Qu’est-ce que l’art ? Qui décide ? Doit-il devenir populaire pour toucher tout le monde ? L’art doit-il se démocratiser ? Et de quelle manière ? En mettant Mickey dans un musée ?
Cette pièce fonctionne bien avec les contraintes imposées par la Tournée des Châteaux, un décor simple, facilement montable et démontable. Ce sont les personnages qui sont mis en avant, leur physique, leur manière de parler. Les comédiens passeront d’un rôle à un autre de manière simple et rapide, en saisissant un accessoire, un costume, un chapeau et tout ça dans un rythme effréné qui soutient ce texte déjanté.
Pour ce qui est des tableaux ou de l’art, je choisis volontairement de ne pas les figurer. Je pense que ce serait dangereux de choisir une œuvre plutôt qu’une autre. Ça risquerait de restreindre l’imaginaire du spectateur et surtout, je crois que l’important n’est pas de regarder les tableaux, mais de regarder les gens qui regardent ces tableaux.
Enfin voilà, je suis heureuse d’embarquer dans ce texte un peu fou avec des comédiens un peu frappés ! On risque de bien s’amuser.

Le musée est-il chaud, est-il froid ? Est-il haut, est-il bas ? Y a-t-il des veaux, y a-t-il des rats ? Et que viennent y faire tous ces gens ? Visiter ? Mais visiter qui, quoi ? Chercher quelqu’un ? Un arbre ? Un chien ? Se montrer, s’aimer, manger, chuchoter, s’extasier, pisser, dormir, copier ? Le musée espace de liberté ou prison pour dingues ? Qui habite les musées ? Le passé, le présent, ma tante, des œuvres, des chefs-d’œuvre, des gardiens de chefs-d’œuvre, des voleurs, des Saintes Vierges, Mickey, Giorgio De Chirico, la lumière, l’obscurité ou personne ? Et l’art dans tout ça ? L’art est un scandale et “musée” se glisse dans “s’amuser”.
Musée haut, musée bas comme un songe toboggan. Glissade d’une salle à l’autre. Vite, en courbe, en arrière, sur le côté, dans le mille et puis doucement en l’air comme une pensée du matin. Cocasse le temps se casse. Visites zigzag. Parcours guidé sans perspective. La nature revient au galop et tombe l’art. Un peu triste mais rapidement car les musées sont amusants.
Avec l’humour grinçant particulier à Jean-Michel Ribes, « Musée haut, musée bas » met en scène, à travers une multitude de décors, une douzaine de personnages, artistes, visiteurs, conservateurs et guides, qui s’éparpillent dans le grand bazar de la culture d’aujourd’hui exposée sous toutes ses facettes.

Un spectacle qui nous renvoie à nos propres contradictions et idées reçues, maniant l’humour, la dérision et un zest d’auto-dérision nécessaire aujourd’hui.
Une comédie au pas de charge, désinvolte et dévastatrice, terriblement exacte, drôle, affreusement drôle.

Infos

C’est d’une verve, d’une richesse d’inventions drôles incroyables. Ce n’est pas du tout une critique des musées, c’est une avalanche de situations burlesques situées dans un musée imaginaire et de paroles bouffonnes qui les accompagne.
Michel Cournot – Le Monde
Farce grotesque qui réapprend à penser, à rire librement, à supporter avec panache l’infinie absurdité d’être de ce monde.
Fabienne Pascaud – Télérama
Ce qui est formidable chez Ribes, c’est qu’il fait tout passer par le rire, la verve ou l’ironie. C’est notre Rabelais, la lucidité, plus la gaîté, plus l’extravagance.
Philippe Tesson – Figaro Magazine

« Dans cette histoire de musée, je ne veux ni donner de leçons, ni faire de commentaires, seulement explorer ce lieu où se rencontrent les muses, où se mêlent l’art et la vie, les mortels et les immortels, dans un ballet émouvant et absurde. J’ai voulu que le public traverse le spectacle comme il visite un musée, sautant de la Peinture Hollandaise aux Dadaïstes, des Antiquités grecques aux Impressionnistes…c’est à dire en traitant chaque scène dans un style de théâtre aussi différent que l’est celui des salles de musée. Conscient que l’art est partout, dans le métro comme à Beaubourg, qu’une sorte d’esthétisation générale recouvre la cité et s’empare des gens et de leur langage sans qu’ils s’en rendent compte (il y a une voiture Picasso, n’importe quel acte est surréaliste et que dire de ce tee-shirt baroque) un peu comme la psychanalyse l’a fait dans les années 1960, je me suis amusé avec cette diffusion tous azimuts de l’art. D’autre part dans le combat qui oppose nature et culture, j’ai choisi Venise et je pense que le discours lénifiant de l’écologie comme salvation de l’homme est non seulement barbant mais dangereux pour l’art, c’est-à-dire l’artifice, qui nous a sorti des cavernes et nous a sauvé de ce que le scoutisme vert veut essayer de nous refourguer.
Quand je sens qu’il y a dans ma démarche une volonté de démontrer, j’arrête tout.
Le commentaire analytique terrorise les auteurs, qui se retrouvent pétrifiés comme des lapins devant des phares ! Le raisonnement tue la pensée. Au musée, c’est pareil. Si on nous explique ce que représente La naissance de Vénus de Botticelli, on ne peut plus se retrouver face à elle dans un état créatif. Le vrai danger est là : ce qui est expliqué est plus petit que ce qui est. Il faut aller ailleurs, il faut sauter dans le vide. On nous dit ce qu’il faut bouffer, ce qu’il faut penser et quel temps il va faire. Il y a un trop-plein de réalité.
Lâchons-nous ! »
Jean-Michel Ribes

Cinéaste, metteur en scène, dramaturge, Jean-Michel Ribes, né en 1946, dirige le théâtre du Rond-Point à Paris.
Il est l’auteur d’une vingtaine de pièces de théâtre, dont Tout contre un petit bois, Batailles, Brèves de comptoir, Monologues, Bilogues, Trilogues ou Théâtre sans animaux.

Extraits
« – Tu vois, Max, ce qui compte ce n’est pas ce qu’on ressent pendant une exposition.
–       Non ?
–       Non. C’est comment on se comporte après. Il y a trois ans, en sortant de l’exposition Picabia, j’étais content, mais tellement content, quand je suis rentré à la maison, j’ai quitté ma femme.
–       C’est un grand peintre, Picabia.
–       Un génie, Max, un génie. »

« – On aurait dû prendre un guide, Jean-Louis.
–       Un guide ? Pour quoi faire ?
–       Pour expliquer, je comprends rien.
–       Y a pas à comprendre, Pauline, y a à ressentir
–       Je ressens pas, ça fait une heure que je ressens pas, c’est long
–       Parce que tu crois qu’un guide, ça ressent ? … »