D'Eric AssousDu 14 septembre au 9 octobre 2011

La démarche d’Eric Assous est d’écrire une comédie mais il y a un fond, ‘un constat d’échec’ entre ces différents couples. C’est dans la veine de ces comédies françaises qui sont teintées d’un esprit anglo-saxon, dans la façon de se défendre par une réplique drôle, de l’esprit et beaucoup de finesse.

Ce qui est également très agréable, à mes yeux, c’est qu’il s’agit d’une pièce chorale, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de rôle plus fort qu’un autre et que les comédiens ont de beaux personnages à défendre. »

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Simon Pierre Pigeolet
Olivia Aylin Yay
Sam Frederik Haugness
Aurélie Catherine Claeys
Richard Bernard Sens
Madison Fanny Jandrain
Anne-Catherine Maria Del Rio
Georgette Camille Voglaire
Madame Chapeau Marc De Roy
Jean Pequet Bernard Lefrancq
Charlotte / Arabella Amélie Saye
Mise en scène Martine Willequet
Décor Francesco Deleo
Costumes Laure De Prins

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Cette pièce d’Eric Assous traite avec un humour teinté de férocité des quadras aux prises soit avec la vie de couple, soit avec leur solitude.

On est a priori entre bons amis et la soirée promet d’être joyeuse et détendue. Pourtant, l’arrivée d’un personnage imprévu va tout dérégler et faire apparaître des vérités qui dérangent et des personnages à la moralité boiteuse. Dès lors, le grand déballage est inévitable…

Dès le début, on sait où on en est : Simon, marié depuis huit ans avec Olivia, la trompe avec une certaine Anne-Catherine. Poussé par sa maîtresse qui lui adresse un ultimatum, Simon doit annoncer à sa femme qu’il a décidé de la quitter. La démarche, déjà pas aisée pour un homme aussi peu courageux que lui, va être passablement compliquée par l’arrivée inopinée de trois convives à un dîner dont il avait oublié l’existence… Et là, on va assister à une succession de portraits tous plus acides les uns que les autres… mais tellement vrais !

Dans cette pièce, dont l’action ne cesse d’aller crescendo, on rit aux dépens des sept protagonistes qui en prennent tous à un moment ou à un autre pour leur grade et pour leur dignité, mais au fond, on rit aussi de nous.

Immanquablement, on se retrouve plus ou moins dans certaines attitudes. Cette pièce est un condensé de vie…

L’AUTEUR

L’écriture d’Eric Assous

Le texte d’une comédie réussie est le reflet instantané d’un état de la société lors de son écriture, et celle d’Eric Assous est en parfaite harmonie avec son époque. En effet à considérer que la lâcheté des hommes est un cliché universel et intemporel, la déliquescence des mœurs au sein des familles recomposées est devenue, elle, un signe des temps. C’est pourquoi la trahison des idéaux, en passe de constituer un modus vivendi, se répand comme un label de « bonne conduite » au royaume des apprentis sorciers de l’amour et même de l’amitié.

« Simenon disait “quand je peins un personnage, je tente toujours de montrer, non pas ce qui le différencie des autres, mais ce qui le rapproche des autres”. A travers cette intrigue qui ménage un petit suspens policier, j’ai voulu traiter de personnages qui nous ressemblent ou qui ressemblent à ceux que nous croisons. Les ordinaires, ceux qui n’ont rien d’exceptionnel. Ni petits, ni grands, ni laids, ni beaux, ni forts, ni faibles. Tout ce qu’ils montrent demeure on ne peut plus humain. La jalousie, la rivalité, l’usure des sentiments, les petites trahisons du quotidien, les arrangements boiteux avec sa conscience. Le ton est à la comédie qui reste selon moi le mode de représentation le plus efficace. » / Éric Assous

Eric Assous face au couple…

 Dans vos pièces, les hommes sont plutôt lâches et les femmes mènent la danse…

Mais c’est une réalité statistique ! (rires) Bien sûr, il existe des hommes cruels, des salopards finis. Mais en majorité, les hommes sont lâches. Les femmes au contraire, sont plus autonomes et plus volontaires. Quand je crée des personnages, il est absolument nécessaire que le spectateur puisse les identifier. Il doit se retrouver lui-même ou quelqu’un qu’il connaît. Et puis, quand on écrit, il est toujours plus amusant et plus drôle de montrer les défauts des gens plutôt que leurs qualités.

 Les rapports hommes-femmes sont votre thème de prédilection…

C’est vrai, j’y suis attaché. Je décline en quelque sorte la conjugalité, ses aléas et ses corollaires. C’est un thème qui touche tout le monde et dont il y a beaucoup à raconter. En plus, j’ai une certaine légitimité à en parler, on peut même dire que je maîtrise le sujet : je suis resté marié vingt ans ! Plus sérieusement, ce qui me plaît, c’est de partager avec les spectateurs des choses qui font écho chez moi, en espérant qu’elles auront sur eux le même effet. Quand j’écris, c’est ce qui me vient le plus facilement. Les relations hommes-femmes génèrent des situations à la fois émouvantes et drôles dans lesquelles tout le monde se retrouve. Dans cent ans, on continuera à écrire des livres, des pièces et des films sur ce sujet.

Autour du noyau qu’est le couple, il ne faut pas oublier l’entourage au sens large. Je m’amuse du décalage qu’il existe entre la réalité d’un couple et l’image qu’il tente de renvoyer à ses amis…

 Si ce n’est pas du vécu, où avez-vous puisé votre inspiration ?

J’aime ce qui sonne juste. Au début de mon travail de scénariste, je tentais de faire preuve d’imagination. Aujourd’hui, je m’appuie sur mes dons d’observation. Je regarde et j’écoute beaucoup. Je me suis servi de la vie amoureuse d’amis ou de simples connaissances pour écrire certaines scènes et créer quelques personnages.

 Quel est l’ingrédient essentiel d’une bonne pièce ?

J’ai besoin d’une situation de départ forte qui puisse évoluer et rebondir. Je n’aime pas tout centrer sur les personnages. Il est très difficile de capter l’attention du spectateur pendant une heure et demie. Si ce dernier ne parvient pas à s’attacher à eux, il faut qu’il puisse au moins se raccrocher à une bonne intrigue. Un peu comme une enquête policière. On ressent moins les faiblesses d’une pièce quand on veut à tout prix en connaître le dénouement.

L’écriture théâtrale reste un exercice extrêmement difficile, bien plus, selon moi, que l’écriture d’un scénario par exemple. L’unité de temps, de lieu et d’action est une contrainte terrible. J’ai écrit beaucoup de pièces qui se sont arrêtées à la quarantième page car je ne savais plus comment m’en sortir. J’étais dans un cul-de-sac… Je n’ai pas l’angoisse de la page blanche, mais celle de la justesse et de l’efficacité.

 Pensez-vous vraiment que les femmes et les hommes soient de sexes très opposés ?

Cela ne fait aucun doute. Sans tomber dans des généralités réductrices, on observe que les femmes cherchent des relations durables, alors que les hommes sont plus facilement dans l’éphémère. C’est en tout cas vrai pour la génération des 40-50 ans. Mais il faudrait que je sois très présomptueux pour penser avoir répondu totalement à cette question….

 Vous avez écrit bon nombre de pièces radiophoniques… Est-ce cette expérience qui a aiguisé votre talent pour les dialogues ?

Quand j’ai commencé, on n’apprenait pas l’écriture dramatique. En tout cas, pas en France. J’ai fait toutes mes classes à la radio. Vingt-cinq minutes pour faire vivre une histoire, c’est très court. Il n’y a pas de place pour l’inutile. Cela a été très formateur pour moi. Au final, j’ai écrit plus de quatre-vingts pièces radiophoniques, avec des hauts et des bas. Quant aux petites phrases assassines, elles viennent facilement, presque naturellement, pendant la phase d’écriture. Mais je crois bien plus aux muses qu’à la grâce…