de Feydeau

Georges Feydeau était pour Marcel Achard le plus grand comique français après Molière. Ce n’est donc pas un hasard, si le Théâtre des Galeries relève le défi du vaudeville avec Georges Feydeau dans sa Tournée des Châteaux.
Le Système Ribadier est fondé sur l’exploitation, par le héros, d’un certain « système » qu’il utilise sur sa femme chaque fois qu’il désire obtenir un peu de liberté. Inutile de dire que le trop ingénieux « système » ne fonctionnera pas toujours à l’entière satisfaction de son auteur.
Le Système Ribadier, c’est la garantie de nombreux coups de théâtre et de grandes performances de comédiens dans une mécanique bien huilée où tout est basé sur le mouvement. Sandra Raco monte Le Système Ribadier à l’épreuve du jeu en plein air en ayant l’intention d’en faire ressortir tout le génie comique.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Les dates du calendrier seront mises à jour en mars 2023 quand la tournée de l’été 2023 sera finalisée. Merci.

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.
Prenez contact directement avec le lieu de représentation pour réserver durant la tournée des Châteaux.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

Le calendrier avec les lieux de représentation et les numéros de réservation est disponible ici au format pdf

DISTRIBUTION

RIBADIER : Arnaud Van Parys
ANGELE : Julie Duroisin
THOMMEREUX : Robin Van Dyck
SAVINET : Pierre Haezaert
GUSMAN : Virgile Magniette
SOPHIE : Laurie Degand

Mise en scène : Sandra Raco
Décor : Léa Gardin
Costumes : Sophie Malacord
Équipe technique :
Félicien Van Kriekinge
Laurent Comiant
Corentin Van Kriekinge
Vigen Oganov

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

« Mais regarde-moi donc dans les yeux… »
Chaque fois que M. Ribadier veut rejoindre une de ses maîtresses, il abuse de ses dons d’hypnotiseur. Les yeux dans les yeux, les mains dans les mains, un « je t’aime » rassurant, et voilà l’épouse endormie par le mari volage qui peut s’enfuir en toute tranquillité. Il fallait bien trouver ce « système » pour contrecarrer la jalousie d’Angèle depuis qu’elle a découvert le carnet de son premier mari, Robineau, qui y notait méticuleusement ses fredaines. Apprenant ainsi que celui qu’elle aimait aveuglément l’avait déshonorée par 365 fois en huit ans de mariage, Angèle est aujourd’hui sur ses gardes. L’arrivée impromptue de Thommereux, amoureux transi qui s’était exilé à Batavia pour ne pas trahir l’amitié de son ami, feu Robineau, pourrait faire imploser l’imparable système.

Le Système Ribadier a été créé au Palais-Royal en 1892, l’année de Monsieur Chasse et Champignol malgré lui. La pièce a été reprise en 1909 sous le titre Ni vu ni connu.
Les pièces de Feydeau reposent sur la qualité d’une intrigue construite avec un luxe de préparations. Généralement, un quiproquo provoque une série de rebondissements en cascade, de péripéties saugrenues, de situations cocasses, où brusquement, dans ce microcosme bourgeois, tout obéit à la folle logique d’un destin implacable. L’ensemble est emporté par un mouvement accéléré, dans lequel les personnages, qui passent continuellement de la crainte au soulagement et vice-versa, vivent dans une urgence qui leur interdit, comme au spectateur, toute réflexion.

Les personnages du Système Ribadier n’échappent pas à la règle, ils sont dessinés de manière singulièrement vivante. Madame Ribadier était naguère la plus confiante des épouses, mais ayant découvert après la mort de son premier mari qu’elle avait été trompée un « certain » nombre de fois, elle est devenue à l’égard de son second mari d’une jalousie maniaque. Ce qui va obliger Ribadier à concevoir un « système » dans lequel il a une imperturbable confiance. Menteur, il doit être imaginatif pour se tirer des fâcheuses circonstances où l’entraîne ses travers. C’est ainsi que Ribadier tente de persuader sa femme que l’entretien qu’il a eu avec le mari de sa maîtresse n’était en réalité qu’une scène de comédie qu’il répétait avec un de ses amis du cercle…. Thommereux est l’amoureux naïf, le malchanceux, l’éternel dindon de la farce qui manque tout ce qu’il entreprend. Reste l’inénarrable Savinet, marchand de vins et spiritueux qui n’a cure d’être trompé par son épouse du moment que cela ne se sait pas, ce qui lui causerait le plus grand préjudice dans ses affaires. Commerçant jusqu’au bout, Savinet, se contentera de contraindre son rival à lui acheter une bouteille de fine champagne.

D’un intérieur bourgeois représenté par Feydeau, nous glissons ici dans le jardin de cette même bourgeoisie. Et nos héros de pacotille prendront le soleil ou la lune par la magie de cette intrigue qui renferme bon nombre d’épisodes aussi ingénieux qu’amusants.

Le Vaudeville

Ce genre dramatique, né à la fin du XVIIème siècle et au début du XVIIIème, fut, pendant un siècle et demi, une sorte de comédie musicale où alternaient parties parlées et couplets dont les paroles nouvelles étaient chantées sur des airs déjà connus. Bénéficiant d’un succès considérable, notamment au XIXème siècle, avec Scribe et Labiche, ce type de pièce s’était cependant modifié une vingtaine d’années auparavant, en perdant ses couplets chantés. Depuis cette date, le terme de vaudeville désignait simplement une pièce gaie dépourvue de toute prétention littéraire ou psychologique et dont le comique était exclusivement fondé sur les situations.

Les vaudevilles mettaient généralement en scène des personnages stéréotypés appartenant à la bourgeoisie. Les héros de ces pièces sont souvent des hommes mariés qui, volages ou impudents, ou simplement malchanceux, tombent dans des situations dont ils ont le plus grand mal à se dégager.

Une foule de personnages secondaires s’agite autour des protagonistes. Ils représentent autant de périls potentiels et jouent le rôle d’obstacle qui concourent à placer les personnages principaux dans des situations déplaisantes. L’intrigue de ces pièces se caractérisent par l’importance du rôle qu’y exercent quiproquos et péripéties mais le dénouement dissipe les malentendus et aboutit obligatoirement à une fin aussi heureuse que conforme à la morale.

Feydeau qui donna, dans ce genre, des modèles de spectacles, n’aimait pas désigner ses œuvres du nom de « vaudeville ». La plupart d’entre elles n’en présentent pas moins tous les traits caractéristiques et il se considérait comme un authentique vaudevilliste.

Le vaudeville se prolonge aujourd’hui dans le boulevard qui a hérité de sa vivacité et de son esprit populaire et comique. Il consiste en une comédie légère fondée sur l’intrigue et le quiproquo.

Georges Feydeau

Fils du romancier Ernest Feydeau, Georges Feydeau s’essaie dès l’adolescence à l’écriture de piécettes en un acte et de monologues qu’il lui arrive d’interpréter lui-même. Cela lui vaut quelques encouragements, notamment de Labiche, mais il n’attire guère l’attention du public. En 1886, le théâtre de la Renaissance accepte de monter Tailleur pour dames, il remporte un beau succès mais connaît pourtant encore quelques années difficiles. Les pièces qu’il écrit de 1888 à 1891 telles que La Lycéenne, Au bain de ménage, Chat en poche, Les Fiancés de Loches ou Le Mariage de Barillon ne parviennent à dérider ni le public ni la critique.

L’année 1892, en revanche, est particulièrement faste avec le triomphe de trois pièces : au théâtre de la Renaissance, Monsieur Chasse ; aux Nouveautés, Champignol malgré lui ; et au Palais-Royal, le Système Ribadier. L’art de Feydeau est alors à maturité et le succès ne se démentira plus pendant toute sa carrière, à travers une production très abondante. Un fil à la patte et l’Hôtel du libre-échange (1894), le Dindon (1896), la Dame de chez Maxim (1899), la Duchesse des Folies-Bergères (1902), la Puce à l’oreille (1907) et Occupe-toi d’Amélie (1908).

En 1908, Feydeau est à son apogée. Il a, avec une science consommée de la mécanique du rire, pris le vaudeville où l’avait laissé Labiche pour le porter à sa perfection. Il rompt cependant avec ce théâtre pour ne plus donner que des comédies de mœurs en un acte où transparaît l’amertume de ses ennuis conjugaux et des pesanteurs bourgeoises. A cette veine, on doit : Feu la mère de Madame (1908), On purge bébé (1910), Mais n’te promène donc pas toute nue! (1911), Léonie est en avance ou le Mal-Joli (1911). L’existence de Feydeau, malgré des droits d’auteur considérables, resta jusqu’au bout harcelée par le besoin d’argent, il mourut en 1921 après deux années de démence.