de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellièredu 20 mars au 14 avril 2013

« Le Prénom » parle de la société avec humour et profondeur. En fins connaisseurs de la complexité des rapports humains, les auteurs, Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, ont construit une pièce très actuelle, une comédie grinçante et jubilatoire, pétrie d’humanité.

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)
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DISTRIBUTION

Elisabeth Garaud-Larchet Catherine Claeys
Pierre Garaud, mari d’Elisabeth Steve Driesen
Vincent Larchet, frère d’Elisabeth Stéphane De Groodt
Anna Caravati, compagne de Vincent Christel Pedrinelli
Claude Gatignol, ami d’enfance d’Elisabeth Nicolas Buysse
Mise en scène Martine Willequet
Décor et Costumes Lionel Lesire

QUELQUES PHOTOS

Photos : Fabrice Gardin

POUR EN SAVOIR PLUS

Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Elisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance. En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse, on le presse de questions sur sa future paternité. Mais quand on lui demande s’ils ont déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la petite assemblée dans le chaos…

Avec « Le Prénom », Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière s’en sont donnés à cœur joie !

Dans un environnement conjugal assez banal, traversé de tensions quotidiennes, quelques amis réunis pour un dîner convivial en viennent à se dire leurs quatre vérités, quitte à oser faire de surprenantes révélations…

C’est incisif, rapide, mordant, saignant même, et irrésistiblement drôle à la fois. La pièce a l’efficacité des évidences.

Stéphane De Groodt, en quadra brillant, se révèle être le véritable agent provocateur du spectacle. Il est celui qui, en voulant faire une mauvaise blague, allume la mèche d’un grand déballage qui, s’il se déroule devant nos yeux de spectateurs, doit sans doute rappeler de jubilatoires souvenirs à beaucoup d’entre nous…

En maniant avec habileté et beaucoup d’humour le jeu de la vérité, Le Prénom joue avec nous de la meilleure des manières, en nous rappelant que le théâtre, royaume de l’illusion, n’est peut-être pas toujours moins vrai que la vie !

LES AUTEURS

L’entente parfaite

Rencontre avec Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière

Quinze ans d’amitié, de travaux en parallèle ou ensemble dans l’univers du cinéma, et cette première pièce. Histoire d’une complicité fertile.

Pas même quarante ans. L’un, Alexandre de la Patellière, est né en juin 1971, l’autre, Matthieu Delaporte, en septembre de la même année. Le premier a les cheveux plutôt noirs. L’autre est châtain. Les traits sont harmonieux, les regards pétillants, les silhouettes en font des frères fins et décontractés d’apparence. Les lunettes à monture noire accentuent la gémellité ludique et le côté intello des deux complices. L’histoire de leur rencontre est formidable. Un jour de 1995, ils travaillent dans la même maison de postproduction quand le dieu hasard les met en présence. Matthieu, qui a fait des études d’histoire et Sciences-Pô, vient de tourner son premier « court », Musique de chambre. La monteuse a eu un souci, il est seul dans sa salle… et un technicien, pour l’aider, lui montre les images de son film. Elles apparaissent, muettes, sur les écrans de toutes les autres cabines… Alexandre de la Patellière, qui est donc dans les mêmes locaux ce jour-là, les voit. Il est frappé par l’originalité de la forme… il part à la recherche de l’auteur…

Cette scène primitive d’une amitié ouverte et heureuse est en elle-même une pépite. On dirait qu’un scénariste malin l’a écrite… C’est cela la vie, lorsqu’on sait en reconnaître les signes. Depuis, ils ne se sont pas quittés, tout en menant deux chemins personnels. De vie. Ils sont mariés l’un et l’autre. Des épouses sensibles, actives, créatives, dans d’autres domaines que le cinéma. Alexandre a deux filles. Matthieu trois garçons. Ils portent tous des prénoms rares, originaux… Un détail qui compte lorsque l’on connaît le propos de cette première pièce… Chemin personnel de profession également, car s’ils ont aujourd’hui un bureau commun chez Aton Soumache, fondateur d’Onyx Films et de Method Films (un copain de fac de Matthieu), ils ont su mener des trajets en toute indépendance.

Alexandre est né dans le sérail. Son père est Denys de la Patellière, sa mère est monteuse. Il n’aurait pas imaginé travailler dans un autre monde que celui du cinéma. Il a fait tous les petits métiers du 7e art, apprenant sur le tas. Aux laboratoires Éclair, il perfectionne ses connaissances techniques avant de devenir l’assistant de son père sur deux épisodes de la série Maigret avec Bruno Cremer, dont ils assurent également l’adaptation. Dans la foulée, le jeune homme va passer de longs mois à Prague puis à Londres pour Les Épées de diamant, un film de son père consacré à un héros de l’aviation allemande opposant aux nazis, tout en rédigeant des notes de lecture de scénarios pour diverses sociétés. Il est repéré par Dominique Farrugia qui l’engage à Rigolo films (RF2K). Matthieu, lui, élevé dans le Quartier latin, est né dans une famille intellectuelle, mais loin du cinéma. Il a entrepris des études. N’imagine pas ne pas écrire. Et se lance dans la réalisation d’un court métrage de fiction sans rien connaître des arcanes du métier. C’est grâce à ce premier film, avec Matthieu Rozé et Olivier Sitruk, l’histoire d’un mec qui ne parvient pas à se suicider car son voisin fait trop de bruit, qu’il est repéré par Alain de Greef qui l’engage à Canal+. Il va notamment écrire pour Le Vrai Journal de Karl Zéro.

L’un comme l’autre reconnaissent la chance qu’ils ont : vivre de leur plume, être payés pour écrire pour le cinéma. Les retrouvailles de Matthieu Delaporte et d’Aton Soumache ont été essentielles. Ce dernier va produire Renaissance, film d’animation en noir et blanc, une œuvre du peintre et réalisateur Christian Volckman qui donne au Paris de 2054 des architectures impressionnantes. Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière sont les scénaristes de ce film révolutionnaire sorti en 2006 et sur lequel toute l’équipe aura passé cinq ans…

Écrire est un travail à plein temps. Nos deux scénaristes, réalisateurs, producteurs, le savent mieux que quiconque. Ils se moquent d’eux-mêmes en constatant qu’ils ont des horaires de bureau, comme des notaires de province : 9 heures-19 heures chaque jour. Mais ils savent qu’écrire est longue patience. Ils ne progressent jamais platement à quatre mains. Lorsqu’ils élaborent ensemble une histoire, ils parlent sans fin, débattent, se disputent. Puis l’un prend la responsabilité de la rédaction première d’une scène. L’autre va lire. Et les amendements commencent. Avec Julien Rappeneau, ils ont composé La Jungle, film de Matthieu, produit par Aton Soumache, et Alexandre, un film avec Patrick Mille et Guillaume Gallienne. Leur bureau est une ruche. Une boîte à idées. On les consulte sans cesse. Ensemble, ils viennent de signer de longues séries. Une adaptation du Petit Prince, d’après Antoine de Saint-Exupéry. Une gageure : 26 fois 52 minutes pour France Télévisions. On verra également The Prodigies, adaptation de La Nuit des enfants rois d’Antoine Charreyron, un premier film qui sortira en février 2011. Bientôt Matthieu Delaporte commencera le tournage de son nouveau film Un illustre inconnu, thriller psychologique sur le thème de l’identité.

Il y a deux ans, ils ont franchi le pas et composé leur première pièce. Xavier Daugreilh, auteur dramatique qui travaille également pour le cinéma, les a encouragés. En vacances, ils s’en sont parlé. Ils ont discuté. Imaginé. Noté des situations, des répliques. Et puis une plage de temps s’est ouverte devant ces deux hommes très occupés. Un scénario remis à plus tard. La brèche était là. Écrire, c’est leur douce drogue ! Et autant, comme ils le disent, un scénario est un « objet transitionnel » qui obéit à de strictes contraintes et qui est ensuite souvent transformé pour les besoins de la production, autant, avec le théâtre, ils se sont sentis libres.

Le Prénom s’ancre dans des mouvements d’humeurs qu’ils connaissent, un monde qui ressemble au leur, ils le disent. C’est par Isabelle de la Patellière, cousine d’Alexandre, agent du duo (« notre guide spirituel » disent-ils, sérieux et rieurs), que Bernard Murat a lu Le Prénom. Il a tout de suite aimé. Patrick Bruel a trouvé la comédie « irrésistible ». Un petit dîner entre amis qui dégénère en dispute terrible et manque faire exploser le groupe, à propos du choix du prénom d’un enfant à naître. Ils l’ont observé, sur le point pourtant extrêmement intime, tout le monde a un avis et chacun se croit autorisé à intervenir… Une observation savoureuse, caustique mais sans cruauté méchante, du monde des « quadras » d’aujourd’hui… La première de leurs qualités d’auteurs, de dramaturges, est une empathie profonde pour les personnages. Du miel pour les comédiens.

Ah ! Ils sont ravis de ces rencontres nouvelles. Ils ont assisté aux premiers moments : lecture, premier moment des répétitions en avril dernier. Ils ont été éblouis par l’intelligence, la générosité, l’énergie et la fraîcheur aussi de Bernard Murat. Ils apprennent encore, corrigent. Mais ils ne connaissent pas le farniente… Le Prénom n’en était qu’aux répétitions estivales que déjà ils avaient terminé leur prochaine pièce. Ils n’en révéleront rien pour le moment sinon qu’elle réunit trois personnages. À suivre ! Pas de doute, ces deux-là ont un sacré talent et l’avenir est largement ouvert sur plusieurs registres…

Armelle Héliot, l’avant-scène, n°1287

MARTINE WILLEQUET

Interview de Martine Willequet

→ Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce texte ?

C’est une pièce qui m’a été proposée il y a plus d’un an, je l’ai lue et l’ai trouvée très bien ficelée, car on est témoin d’un évènement qui en amène un autre et ceux-ci font office de règlements de compte. En réalité, c’est une pièce où il ne se passe rien d’extraordinaire si ce n’est une conversation parfois houleuse, parfois détendue, avec des rythmes et humeurs différents, mais aucun élément extérieur ne surgit subitement. Je la trouve très bien construite et intelligente dans ses références ; le milieu dépeint est celui de gens cultivés, ayant de la conversation, des connaissances littéraires ou autres ce qui amène un côté brillant dans les dialogues. Le langage y est très parlant, ce n’est pas littéraire mais plutôt quotidien dans le bon sens du terme. Plusieurs fois, on se retrouve surpris, cueilli par des choses inattendues qui nous emmènent dans la suite.

De plus, cette pièce reste une comédie même si les paroles sont parfois très dures via certains règlements de compte, il demeure beaucoup d’éléments réellement comiques. C’est un très bon dosage entre quelque chose de sérieux, de grinçant et quelque chose de drôle. Il faut sentir que ce sont cinq personnes qui se connaissent depuis très longtemps et ont donc une enfance et un passé communs. Ces personnes ont un code entre elles, une série de références communes qui amènent entre eux une complicité, une fratrie, un amour fraternel. Mais, comme lorsque nous sommes entre frères et sœurs, nous pouvons nous envoyer des piques assez sévères. Cependant, cela n’entame pas en profondeur l’amour que l’on a pour son frère ou sa sœur. C’est très fréquent ici aussi. Ces personnes, quand elles se voient, et c’est souvent le cas, finissent par se disputer pour une raison ou pour une autre mais, en même temps, c’est un quintet absolument indissociable. La différence entre leurs soirées habituelles et celle-ci, c’est que des remarques et vérités plus dures, enfouies et tues depuis longtemps, vont éclater.

→ Est-ce plus simple ou plus complexe de mettre en scène une pièce qui vient d’être créée ?

Je n’ai pas été voir le spectacle français pour ne pas être influencée, pour garder une certaine liberté. Je découvre le texte sans repères pour me construire les miens. Je ne m’accroche pas à ce qui a déjà été produit. La volonté n’est pas du tout de faire un copier-coller, nous restons fidèles au texte mais chaque être humain est différent et donc amène une kyrielle d’éléments personnels, de traits particuliers, qu’ils viennent de moi ou de la distribution, qui sont introduits ici dans notre travail. C’est là la vraie richesse.

→ Peux-tu nous dire un mot sur la distribution ?

J’ai une chance inouïe de travailler avec cette équipe. Les acteurs sont fort investis et sont à l’écoute constamment. Ils effectuent un travail minutieux et sont toujours en recherche, ils proposent, renouvellent tout en restant humbles. Ils se respectent également et ceci amène une cohésion très chère à l’esprit de la pièce. C’est un groupe d’amis sensé être inébranlable et quoi de mieux pour les représenter que des acteurs qui s’apprécient. C’est une démarche constructive très plaisante avec laquelle j’ai du plaisir à mettre en scène.

→ Qu’est-ce que la mise en scène t’apporte au sein du Théâtre des Galeries ?

La mise en scène, pour moi, est une aventure humaine. Il s’agit de prendre en compte les composantes propres à chacun et d’harmoniser le tout. J’aime énormément l’aspect psychologique de ce métier car j’en apprends beaucoup sur les sentiments humains. Ce qui était primordial pour moi, de ce point de vue-là, c’est que les acteurs aient confiance en moi pour instaurer un climat agréable et aussi leur permettre de ne pas avoir peur, d’oser le plus possible. Je prends énormément de plaisir dans ce que je fais.

Interview réalisée par Robin Piron

DÉCOR

Lionel Lesire

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