De Françoise Chandernagor & Jean-Claude IdéeDu 19 mars au 13 avril 2008

Dans le personnage et le destin de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, qu’on surnomma « la belle Indienne », se reflètent les aspects contradictoires du ‘Grand Siècle’, dissimulés sous l’apparence immuable de la majesté royale. À partir d’une documentation considérable et en recourant aux nombreux écrits, souvent inédits, de Mme de Maintenon, Françoise Chandernagor a voulu restituer le vrai visage de ce témoin intelligent et sensible. C’est à la découverte d’une femme belle avec esprit, ambitieuse avec dignité, secrète avec sincérité, raisonnable avec passion, que nous entraîne L’Allée du Roi.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Françoise d’Aubigné Jacqueline Bir
Mise en scène Jean-Claude Idée
Décors Serge Daems
Costumes Thierry Bosquet

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Dans le personnage et le destin de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, qu’on surnomma « la belle Indienne », se reflètent les aspects contradictoires du ‘Grand Siècle’, dissimulés sous l’apparence immuable de la majesté royale. À partir d’une documentation considérable et en recourant aux nombreux écrits, souvent inédits, de Mme de Maintenon, Françoise Chandernagor a voulu restituer le vrai visage de ce témoin intelligent et sensible. C’est à la découverte d’une femme belle avec esprit, ambitieuse avec dignité, secrète avec sincérité, raisonnable avec passion, que nous entraîne L’Allée du Roi.

Née à Niort dans une prison, émigrée en Guadeloupe sur l’île de Marie Galante, mendiant les pieds nus dans les rues de La Rochelle, Françoise d’Aubigné ne semblait pas promise à un grand destin.

Cependant, grâce à son intelligence, sa sensibilité et un instinct très sûr, elle finira ses jours Marquise de Maintenon, épouse du Roi Louis XIV. Cette femme incarne un cheminement possible entre la France d’en haut et la France d’en bas. C’est un vrai personnage populaire et consensuel avec juste ce qu’il faut de zones d’ombre pour lui ajouter le charme du mystère. Son destin a inspiré à Françoise Chandernagor une biographie romancée éblouissante, qui allie l’érudition, l’émotion et l’esprit : L’Allée du Roi.

Pour incarner Françoise d’Aubigné, Marquise de Maintenon, il faut une comédienne exceptionnelle. A la fois populaire et subtile, puissante et tendre, rieuse et grave, belle en somme, de cette beauté que tisse, sur nous, au fil des ans, nos bonheurs et nos blessures. Pour toutes ces raisons, Jacqueline Bir devait un jour rencontrer Françoise d’Aubigné.

Sous la Régence, à 84 ans, retirée à Saint Cyr après la mort du Roi, Françoise revit seule son siècle de Louis XIV, incarnant tour à tour plus de 100 personnages, changeant d’âge, d’aspect, de costume, de perruque. Elle jongle avec les accessoires et les souvenirs, avec nos cœurs et nos mémoires.

L’ AUTEUR

Françoise Chandernagor

 

Née dans la Creuse dans une famille de maçons (descendants d’esclaves indiens affranchis, d’où son nom), Françoise Chandernagor suit de grandes études. Sortie diplômée de Sciences Po, et avec une Maîtrise de droit public, elle entre à 21 ans à l’École Nationale d’Administration (ENA) : elle est la première femme major de sa promotion. Après avoir intégré le Conseil d’État en 1969 dont elle sera le Rapporteur Général, et quelques postes dans l’administration, elle va s’engager bénévolement dans des organisations caritatives : elle sera entre autre, vice-présidente de la Fondation de France jusqu’en 1988. Depuis 1981, date à laquelle elle a publié son premier roman ‘L’Allée du Roi’, Françoise Chandernagor a écrit neuf romans (dont plusieurs traduits en une quinzaine de langues, et deux adaptés à la télévision), et une pièce de théâtre. Depuis 1993, l’auteur, dont la vie est partagée entre le Massif Central et Paris, consacre tout son temps à l’écriture. Elle est aussi administratrice de la Société des Lecteurs du Monde, membre du prix Jean Giono et de l’Académie Goncourt depuis 1995.

Commandeur de l’ordre national du Mérite, en avril 2007 elle est promue Officier de la Légion d’honneur.

Bibliographie

1981 : L’Allée du Roi, Éditions Julliard et Presses-Pocket n°2227

1988 : La Sans Pareille, Éditions de Fallois et Livre de Poche n°6791

1989 : L’Archange de Vienne, Éditions de Fallois et Livre de Poche n°6984

1990 : L’Enfant aux loups, Éditions de Fallois et Livre de Poche n°7387

1995 : L’Enfant des Lumières, Éditions de Fallois et Livre de Poche n°14104

1998 : La Première épouse, Éditions de Fallois et Livre de Poche n°14686

2001 : Maintenon, Éditions Norma

2002 : La Chambre, Éditions Gallimard et Folio n°4026

2004 : Couleur du temps, Éditions Gallimard et Folio n°4308

2006 : L’Enfant des Lumières, Éditions Gallimard (nouvelle édition)

2006 : La Première épouse, Éditions Gallimard (nouvelle édition)

2006 : La Chambre, Éditions Gallimard, collection « Écoutez lire »

2006 : L’Allée du Roi, Éditions Gallimard (nouvelle édition)

2007 : La Voyageuse de nuit, Éditions Gallimard

INTERVIEW

Interview de Mme Jacqueline Bir

Que représente pour vous Mme de Maintenon ?

C’est un personnage hors du commun, venant de nulle part elle arrive au sommet avec une force, une conviction et une mesure tout à fait étonnante. Je me mets au service de ce monument, de cette femme qui prend son destin en mains et qui le conduit jusqu’au bout. Elle est partie de rien et elle finit dans le dénuement dans un couvent, je trouve que c’est une parabole de l’existence et c’est ça qui m’intéresse dans le spectacle, cette distance par rapport à l’anecdote. Il y a l’histoire racontée et derrière il y a une philosophie de la vie.

Mme de Maintenon, c’est la réalité qui dépasse la fiction. Pour moi, c’est un personnage de conte de fée.

Et ce conte de fée se retrouve dans le spectacle…

Oui, il a été monté comme tel avec la magie nécessaire. C’est une vieille dame qui se remémore sa vie. Au fur et à mesure qu’elle revit son destin fabuleux, elle fait apparaître les images des gens ou des faits importants.

Vous avez créé L’Allée du Roi en 1991 au Théâtre du Parc avec un immense succès à la clé.

Oui, et je rends hommage à Yves Larec d’avoir permis cette création.

Reprendre ce texte aujourd’hui, ça correspond à quoi ?

C’est purement sentimental pour moi d’avoir accepté. Il y a exactement 50 ans, j’ai été adoptée par la Belgique en faisant mes débuts ici au Théâtre des Galeries. C’est donc une façon de boucler la boucle.

Pour le reste, je veux essayer de faire du mieux que je peux, parce que le temps a passé et que c’est forcément plus difficile. Il me faut beaucoup de tonus et de santé, c’est un défi ! Mais retrouver, encore une fois, ce personnage fascinant est un cadeau, je la trouve tellement intelligente, c’est quelqu’un de formidable à fréquenter. Elle demande beaucoup de rigueur, de force intérieure, je pense que c’était humainement, malgré tout ce qu’on a dit sur elle, quelqu’un de fort et d’important qui a eu une bonne influence sur Louis XIV et sur les principes d’instruction et d’éducation.

Après Oscar et la dame en rose, une pièce riche avec un thème fort et un personnage magnifique, qu’est ce que je pouvais faire ? Il fallait tirer l’échelle et tout à coup David Michels me proposent L’Allée du Roi… J’ai dit oui… pour la beauté du geste, le panache. Un quitte ou double ?!

Quelle est votre histoire par rapport aux Galeries ?

C’est ici que mon histoire belge a débuté. En 1957, Jean-Pierre Rey m’a engagée pour jouer dans Iphigénie de Racine et Le Cid de Corneille la même saison. Je suis ensuite revenue régulièrement au Théâtre des Galeries, j’y ai joué beaucoup de spectacles importants qui m’ont procuré de beaux rôles dans ma carrière. Je me rappelle notamment de la création de Qui a peur de Virginia Wolf ?, avec Roger Dutoit, ou de l’ouverture du Théâtre Molière avec Cher Menteur de Jérôme Kilty, avec Raoul De Manez. Ça me touche beaucoup de revenir dans ce lieu parce qu’il est habité par de beaux souvenirs avec des comédiens formidables.

Vous avez dit que vous ne feriez plus de création après L’Allée du Roi…

Je pense que j’ai besoin d’un temps d’arrêt, de réflexion, parce que c’est difficile pour moi de trouver des idées à défendre qui me sortent de chez moi. J’ai toujours envie en faisant ce métier de réaliser des rôles où je peux donner beaucoup de moi. J’ai de plus en plus de mal à trouver des œuvres fortes à cause de mon âge, je n’ai pas du tout envie d’accepter de jouer un petit rôle dans un coin car je ne vois pas l’intérêt de me jeter dans le tohu-bohu de la vie qui devient de plus en plus difficile. Je réfléchis, il y a des choses que je jouerai encore comme « Oscar » parce que j’adore ce rôle et que je m’y sens utile.

Il y a encore des envies ?

Oui, bien sûr, j’aurais encore envie de jouer quelque chose de drôle où on s’amuse avec le public, où on les fait rire, on apporte du bonheur car j’ai l’impression de trimbaler tout le malheur du monde dans mes rôles depuis pas mal de temps ! Mais à mon âge des personnages comme ça je ne peux plus les jouer… Et puis, il y a mon exigence, je veux quelque chose qui me secoue, qui me bouleverse, qui me sorte de moi-même.

Qu’est ce que vous auriez envie de ressortir dans votre parcours ?

Je crois que j’ai eu la chance de jouer des rôles magnifiques, dans tous les théâtres, et chaque fois je me suis sentie heureuse dans ces lieux différents.

J’ai exploré des tas d’axes différents mais c’était chaque fois très intéressant. On est ce qu’on a fait, on se construit au fur et à mesure de la vie, du travail qu’on accomplit, des expériences… c’est ça qui fait la richesse d’un être humain et c’est finalement ce que les gens voient. Je pense que quand un comédien est en scène ce qui transparaît c’est tout ce qu’il a vécu, toutes les images qu’il a engrangées, les sentiments qu’il a éprouvés, les recherches qu’il a faites, ses bonheurs et ses malheurs. C’est ça qui fait que globalement on a quelqu’un qui existe au théâtre. Ce que j’aime dans le théâtre, c’est le don de soi au moment où on le fait, c’est irremplaçable.

Avez-vous envie d’adresser un message au public…

D’abord merci pour leur présence depuis tant d’années. Ensuite, Je pense que je dis au public, tous les soirs, combien j’ai besoin d’eux, combien ils sont importants. J’ai toujours conçu ce métier comme une nécessité de partage. Ce que j’ai voulu faire passer, c’est l’amour des belles choses, la grandeur des beaux textes. Et aussi ma générosité, ma folie peut-être, ma démesure dans un cadre dans lequel nous sommes parfois serrés mais où on peut donner le meilleur de soi-même. Je crois que finalement le public sent cela, les gens m’aiment bien, je leur donne tout ce que je peux.

Ce que je restitue au public, c’est tout simplement ma part de rêve et de lucidité sur l’existence, sur ce que nous sommes et pourquoi nous sommes là.