D'Agatha Christie, Adaptation de Fabrice GardinDu 14 octobre au 8 novembre 2009

Un meurtre vient d’être commis dans Culver Street à Londres.Dans la campagne anglaise, un jeune couple, Mollie et Giles Ralston inaugure une pension de famille, Monkswell Manor. Très vite, ils s’y retrouvent bloqués par une tempête de neige avec cinq pensionnaires hauts en couleurs…

Grande dame du suspense, Agatha Christie embrouille les pistes avec une habileté diabolique. Son œuvre subjugue par sa précision, son mystère et son ambiance.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Mollie Ralston Stéphanie Van Vyve
Giles Ralston David Leclercq
Christopher Wren Tristan Moreau
Mrs Boyle Louise Rocco
Major Metcalf Yves Claessens
Miss Casewell Gwen Berrou
Mr. Paravicini Toni d’Antonio
Mise en scène Fabrice Gardin
Décors Francesco Deleo
Costumes Françoise Van Thienen

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Agatha CHRISTIE

Agatha Christie représente un des plus grands succès littéraires du XXe siècle. Elle a contribué à fixer les règles du roman policier de type classique où le meurtre et l’enquête se déroulent en lieu clos et dont les détectives découvrent l’énigme par la rigueur du raisonnement et la pénétration psychologique.

La complexité de l’intrigue, l’ingéniosité de la machination criminelle et le caractère inattendu de la solution du problème, malgré les indices dont le texte est saturé, contrastent avec le cadre souvent familial et traditionnel des maisons anglaises où se déroulent les drames; cela confère à ses romans tous les aspects d’un divertissement intellectuel.

Agatha Miller est née à Torquay en 1890 d’un père américain et d’une mère anglaise qui se chargea de son éducation. Autour d’elle régnait le confort. Dans son autobiographie, écrite soixante-dix ans plus tard, elle raconte longuement cette période idyllique passée entre sa nurse, ses poupées, son chien Toby et ses parents collectionneurs de porcelaine. Elle n’allait pas à l’école mais s’en était inventé une, peuplées d’amies fictives. La petite avait une imagination enfiévrée, nourrie des contes puisés dans la bibliothèque familiale.

A l’âge de seize ans, la jeune Agatha Miller séjourna à Paris où elle comptait étudier le chant et faire carrière dans l’opéra, mais sa voix la desservit.

En 1913, Agatha Miller épouse Archibald Christie, séduisant aviateur appartenant au Royal Flying Corps. Son fiancé appelé au front, la jeune Agatha s’engagea comme infirmière volontaire au dispensaire de Torquay.

C’est pendant la guerre qu’elle écrivit un premier roman, qui ne fut jamais publié. Sa sœur l’ayant mise au défi de parvenir à ficeler une intrigue qu’on ne parviendrait pas à élucider avant les dernières pages, elle en entama un deuxième : La Mystérieuse affaire de Styles, dont le héros, un détective maniéré et perspicace, portait le nom d’Hercule Poirot. Pendant quinze jours, n’arrivant plus à travailler, elle déserta le dispensaire de Torquay pour taper sur sa machine portative dans une chambre d’hôtel. Le manuscrit, envoyé à quatre éditeurs, ne parut qu’en 1920; mais sa voie était tracée. Agatha Christie n’arrêtera plus d’écrire. Son entêtement et son imagination allaient la rendre célèbre.

De livre en livre, elle sut raffiner les charmes subtils du roman policier, atteignant, dès 1926, des records mondiaux de tirages. Elle parvenait à merveille à distiller une imagerie anglaise rassurante et conventionnelle, semblable à la vie douillette qu’elle avait toujours connue, à montrer comment une existence paisible et ordonnée peut soudainement être troublée par l’irruption du sang et du crime.

En 1926, l’année même du premier succès, la vie d’Agatha faillit basculer, comme dans un de ses romans. En réalité, tout n’allait pas si bien : sa mère morte depuis peu, l’infidélité avouée de son mari… il était temps de mettre un peu de romanesque dans ce pénible hiver. Le 3 décembre, Agatha Christie disparut. Le lendemain, on retrouva sa voiture abandonnée près d’un étang, avec son manteau de fourrure et ses papiers…

La police dragua l’étang, les journaux publièrent sa photo et promirent des récompenses. On la retrouva onze jours plus tard dans l’hôtel d’une station balnéaire chic. Elle prétendit ne se souvenir de rien et, volontairement ou non, maintint cet oubli jusqu’à sa mort : elle ne dit pas un mot de cet épisode dans son autobiographie…

Divorcée, elle partit seule en voyage à bord de l’Orient Express et rencontra à Bagdad un archéologue de quinze ans plus jeune qu’elle, Max Mallowan. Coup de foudre. Elle passera avec lui le reste de son existence. «La seule vertu qui ne me sera jamais contestée est bien l’espérance», assurait-elle. Elle l’accompagna dans ses voyages au Moyen-Orient, où elle situera notamment Meurtre en Mésopotamie (1936) et Mort sur le Nil (1937).

Sous le pseudonyme de Mary Westmacott, elle est l’auteur de quelques romans sentimentaux : L’Absence au Printemps (1944) et La Rose et l’If (1949). Mais c’est évidemment la prolifération et l’extrême variété de ses romans policiers qui ont fait d’elle l’un des auteurs les plus lus dans le monde.

L’intrigue de la plupart de ses romans policiers, au nombre de septante, est bâtie sur la recherche de la solution d’une énigme; elle se caractérise en outre par des rebondissements inattendus. L’essentiel de son originalité tient à son obstination à montrer la malignité humaine dans ses voies surprenantes.

Elle a mis en scène deux personnages principaux, successivement le Belge Hercule Poirot (détective privé dont les traits de caractère sont transposés d’un réfugié de la guerre de 14-18) et Miss Marple, une vieille fille exemplaire. Poirot est le héros d’un grand nombre de ses œuvres, du Meurtre de Roger Ackroyd (1926), devenu un grand classique de la littérature policière, jusqu’à Hercule Poirot quitte la scène (1976), elle laissera à ses héritiers la charge de publier après sa mort ce roman, écrit en 1940, conservé plus de trente ans dans un coffre de banque et dans lequel disparaît après elle le plus célèbre de ses détectives.

Nombre de ses œuvres ont été adaptées à la télévision (principalement celles qui mettent en scène Hercule Poirot et Miss Marple) et au cinéma, par exemple : Dix petits Nègres (1945) par René Clair, Témoin à charge (1957) par Billy Wilder, Le Crime de l’Orient Express (1974) par Sidney Lumet, Mort sur le Nil (1978) par John Guillermin,… et plus près de nous, il faut citer les réalisations de Pascal Thomas, Mon petit doigt m’a dit (2005) et Le crime est notre affaire (2008) avec André Dussollier et Catherine Frot, et Le grand alibi (2008) de Pascal Bonitzer d’après Le Vallon.

En 1971, elle reçut le titre de dame commandeur de l’ordre de l’Empire britannique. Elle mourut en 1976 à Wallingford. Son autobiographie a été publiée en 1977.

Sir Winston Churchill se vantait d’avoir lu tous les livres d’Agatha Christie, il dit un jour : C’est la femme à qui le crime a le plus rapporté depuis Lucrèce Borgia !

Son sens de l’intrigue

Agatha Christie a montré un autre aspect du crime, de ses causes et de la manière dont il faut s’y prendre pour le résoudre. Il ne peut être considéré, selon elle, comme un simple événement mais comme un fait expliqué par la personnalité de la victime comme de l’assassin. La recherche de la solution est donc envisageable par une recherche de mobiles, plus que d’indices, du pourquoi autant que du comment. Mais dans tous les cas, le coupable ne peut être démasqué qu’au terme d’une investigation, souvent psychologique, des antécédents de la victime et plus généralement du crime. Parfois même, on a affaire à un crime qui s’est déroulé dans le passé ; c’est alors que tout indice matériel est absent et que la résolution de l’énigme ne peut se faire que par une recherche purement intellectuelle.

Selon Agatha Christie (et plus particulièrement selon ses héros), tous les personnages du cadre, dans lequel se déroule l’action, sont ou du moins peuvent être considérés comme suspects : le lord respectable comme la femme de chambre. Par ailleurs, la romancière exprime dans de nombreux livres que n’importe qui peut devenir assassin pour, par exemple, protéger quelqu’un d’un criminel ou tout simplement lors d’une phase d’énervement incontrôlable. D’un autre côté, l’intrigue des romans policiers d’Agatha Christie peut varier considérablement, passant d’une lutte entre le bien et le mal, à l’existence de criminels internationaux ou de troubles de la jeunesse.

L’intrigue policière chez Agatha Christie.

En 1936, dans la préface de Cartes sur table, Agatha Christie propose à ses lecteurs de découvrir parmi quatre suspects, et sur la simple analyse des marques de jeu, le coupable d’un crime commis pendant une partie de bridge. Ce défi jeté à la sagacité de l’enquêteur est caractéristique de son œuvre et des formes d’énigmes qui s’y trouvent élaborées. Le meurtre, comme l’affirme souvent Hercule Poirot, ne peut être réduit à la dimension d’un pur événement; il s’explique d’abord par la personnalité de la victime, puis par celle de l’assassin. Le coupable ne sera donc désigné qu’au terme d’une investigation le plus souvent psychologique des antécédents du crime: recherche de mobiles, plus que d’indices; du pourquoi, autant que du comment. Il pourra même s’agir parfois d’une véritable reconstruction rétrospective d’un drame déjà ancien, là où, tout indice matériel ayant disparu, le problème devient purement intellectuel.

L’aspect psychologique du problème posé sera accentué par le nombre limité des suspects possibles et par le resserrement du drame dans l’enclos d’une pension de famille, d’un petit village, d’un hôtel de vacances, d’un site archéologique ou d’une réception. Lieux tranquilles, dont le charme souvent provincial fait ressortir le caractère inattendu et tortueux du crime accompli. L’image de la maison, d’un terrain familial où se noue le drame derrière l’écran des traditions anglaises et du conformisme social, traverse toute l’œuvre d’Agatha Christie, du premier jusqu’au dernier roman qui se déroulent tous deux dans la même résidence de campagne; ce qui n’exclut pas des variations sur la forme de ce milieu protégé, tour à tour bateau, compartiment de train ou d’avion, île ou collège. Le crime qui fournit l’occasion de l’enquête possédera donc généralement un caractère privé. Il est non seulement prémédité mais accompli à la faveur d’une véritable mise en scène: on peut citer, comme l’une des plus célèbres, celle de Dix Petits Nègres (1939), où l’assassin parvient à se dissimuler parmi ses propres victimes en se faisant passer pour mort. Les intrigues d’Agatha Christie varient ainsi autour du thème fondamental du crime parfait, de son élaboration par un meurtrier brillant et de son élucidation par une enquête raisonnée. La victime semble donc le prétexte d’un duel entre la machination criminelle et la déduction du policier.