Du 7 décembre 2011 au 5 février 2012

La Revue des Galeries, au-delà de l’exercice de style périlleux assumé chaque année par notre troupe, c’est d’abord un spectacle conçu pour se détendre et faire un clin d’œil à la « zwanze » bruxelloise. L’autodérision demeure en Belgique un atout essentiel. Nous allons une fois encore l’exploiter au maximum et vous démontrer qu’il y a moyen, le temps d’une représentation, d’oublier les tracas et les ennuis.

La Revue 2012, avec son regard rétrospectif sur les événements de l’année, se veut rafraîchissante, pertinente, acidulée et… zwanzeuse.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Avec Richard Ruben, Bernard Lefrancq, Angélique Leleux, Marc De Roy, Cendrine Ketels, Pierre Pigeolet, Anne Chantraine; Kylian Campbell; Véronique Lievin, Frédéric Celini
Mise en scène David Michels et Bernard Lefrancq
Décor Francesco Deleo
Costumes Ludwig Moreau et Fabienne Miessen
Réalisation musicale Bernard Wrincq
Chorégraphies Patricia Bonnefoy

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Au Passé…

D’après Paul Aron, dans La Mémoire en jeu, TNB/ La Lettre Volée, Bxl, 1995.

La revue est une forme mixte, mêlant texte et musique. Elle se compose habituellement de couplets plus ou moins satiriques, alternant avec des parties dialoguées. Un final en apothéose, chanté et chorégraphié, ferme rituellement la représentation. Son écriture rappelle à gros traits les événements du jour, caricature les personnages en vue du moment ou exploite les ressources des types populaires. La revue entretient un rapport étroit avec l’actualité. La musique lie les parties entre elles et rythme les effets. Le spectateur, qui reconnaît les différents airs chantés, se sent en connivence avec la représentation et devient par sa présence une composante essentielle du spectacle.

Apparue au milieu du XIXème siècle comme un mariage heureux de différentes recettes du spectacle populaire, la revue s’impose grâce à sa périodicité. Surplombant en quelque sorte les petits bourgeois à l’accent local qu’ils mettaient en scène, les auteurs trouvaient dans la distance sociale un recul intellectuel suscitant l’ironie. Les premiers écrivains de revues sont pour la plupart des journalistes ou des professionnels du théâtre d’origine française. C’est sans doute dans le contraste entre deux cultures que se trouve la source de leur ironie.

La revue traditionnelle utilise un couple de personnages dans lesquels les spectateurs pouvaient aisément se reconnaître: le compère et la commère. Ils incarnent le bon sens ou l’humour direct qui contraste avec les situations extravagantes dénoncées sur scène.

L’introduction de fragments de la réalité quotidienne au cœur du spectacle s’intègre parfaitement dans le projet satirique de la revue. Son esthétique de la quotidienneté fait retour sur le spectateur. Elle multiplie les effets de reconnaissance. Des lieux familiers sont reproduits et les petits faits de la vie locale se succèdent sur scène.

Au comique de situation et aux rimes burlesques s’ajoutent enfin les joies débridées du calembour. Si le revuiste belge ne fait pas de mal à une mouche (car tuer un insecte, disait Malpertuis, est un insecticide), il ne peut résister par contre au plaisir d’un bon mot.

INTERVIEW

Angélique Leleux

Est-ce que tu peux nous dire un mot sur ton parcours professionnel ?

J’ai commencé le Conservatoire de Mons quand j’avais 17 ans et j’ai ensuite obtenu le premier prix en Art dramatique et en Déclamation. Jacques Joël, qui travaillait au Théâtre des Galeries à l’époque, était dans le jury au Conservatoire et m’a remarquée. Grâce à lui, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Jean-Pierre Rey qui m’a tout de suite engagée pour jouer dans la Revue.

Et c’était comment à l’époque ?

C’était très différent. Les filles n’avaient pas vraiment de rôles définis dans le spectacle. On était souvent toutes habillées de la même manière, on faisait des petites danses et on devait dire une petite phrase par-ci par-là …Et puis au fur et à mesure des années, le spectacle a évolué…

Comment considères-tu le fait d’être la seule femme à écrire les textes de la Revue ?

C’est une consécration et un honneur pour moi, parce que j’ai été la première femme à écrire des textes pour la Revue et j’espère apporter une touche un peu féminine au spectacle. J’ai commencé à écrire parce que David Michels trouvait mon écriture intéressante et après avoir vu un de mes ‘one woman show’, il m’a demandé de participer à l’écriture des sketches.

Comment te situes-tu par rapport aux autres auteurs ?

Je me rapproche très fort de l’humour de Bernard Lefrancq, c’est pour ça que j’ai beaucoup collaboré avec lui… Il y a des années où j’écris des textes toute seule, mais, pour cette revue, j’ai écrit en duo, avec Bernard et Richard.

Quelle est la différence pour toi entre jouer tes propres textes et jouer des textes que d’autres ont écrit ?

La première représentation c’est le stress de l’auteur et de la comédienne. Je dois savoir si mes textes ont du succès et donc même si je suis concentrée sur ma prestation, je suis quand même aussi attentive à la réaction du public. Après on s’amuse beaucoup, mais c’est vrai qu’à la première, il y a vraiment le double trac de savoir ce qui va fonctionner ou pas.

Selon toi, quel est l’élément le plus important du spectacle de la Revue ?

La sympathie parce que si on est sympathique, le public peut rire de plein de choses…

Quelle est la différence pour toi entre acteur et auteur ?

Je peux écrire pour les autres en tant qu’auteur et c’est un travail intéressant parce que chacun a sa personnalité dans la Revue. Écrire des textes, c’est aussi savoir utiliser les gens pour ce qu’ils savent faire.

Quel est le rôle que tu as eu le plus de plaisir à jouer ?

J’adore jouer des femmes politiques, et quand je peux faire des imitations, des chansons, je suis très contente. Mais l’année dernière, la petite vieille que je jouais dans un sketch que Bernard Lefrancq avait écrit, a tellement bien fonctionné sur le public qu’on le réutilise cette année dans un sketch avec le Roi. Et dans ce genre de rôle, je m’amuse vraiment !

Un souvenir à partager ?

Avec Maria Del Rio…On a eu quelques fous rires à l’époque quand on jouait ensemble dans la Revue…

Tes attentes et tes envies pour l’année 2012 ?

Continuer la Revue, c’est la 18e Revue à laquelle je participe ! Et jouer des pièces style Feydeau, tout ce qui est Vaudeville, des rôles comiques, des compositions…

Richard Ruben

Professionnel depuis 1989, Richard Ruben est un passionné de la scène. Il a jusqu’à présent écrit sept ‘one man show’ et tourne dans toute la Belgique, particulièrement grâce au personnage de Gonzague, qui lui a permis d’accéder aux grandes salles comme Forest national ou le Cirque royal. Richard Ruben a écrit une pièce de théâtre, des nouvelles, des livres autour du personnage de Gonzague, devenu un phénomène sociologique. Depuis maintenant cinq ans, il fait partie de l’équipe de la Revue.

Quel est le rôle que tu as eu le plus de plaisir à jouer dans la Revue ?

Chaque année c’est différent ! Un jour, je faisais Michel Daerden mort dans un cercueil, et ça a beaucoup plu. Au début je me demandais comment ça allait être perçu… J’aime bien les choses qu’on n’attend pas dans la Revue et qui finalement font beaucoup rire. Je crois que ce que j’aime dans la Revue, c’est passer du solo au sketch à plusieurs, c’est ce mélange des genres…

Un souvenir à partager ?

Un jour, je devais chanter du Jacques Brel dans la Revue, malheureusement, j’avais une cravate velcro qui avait été mal enlevée et pendait au niveau de mon bas-ventre. C’était une chanson très sérieuse sur la fin de la Belgique, donc je ne comprenais pas pourquoi la salle entière était morte de rire. Á un moment, j’ai arrêté de chanter et je me suis demandé ce qui se passait, et là, j’ai vu que la cravate pendait… Parfois c’est des choses aussi bêtes que ça !

Tes attentes et tes envies pour cette édition 2012 ?

J’adore quand la Revue a déjà effectué sa première semaine et que l’on connaît les réactions du public. Mon envie, c’est de m’amuser sur le plateau. Je pense que pendant les répétitions on peut se poser plein de questions, mais une fois qu’on est en scène, il n’y a plus de doutes, c’est de l’amusement à l’état pur, entre nous mais aussi avec le public. La Revue c’est un plaisir pendant deux mois, sinon c’est impossible !