Du 3 décembre 2008 au 1er février 2009

Impertinente, La Revue égratigne le monde politique belge et international en revenant sur les différents faits d’actualité de l’année.

Richard Ruben et ses partenaires de scène, notamment Maria del Rio et Bernard Lefrancq, alternent les tableaux humoristiques avec les prestations plus artistiques et visuelles.

Ce mélange bien dosé produit un spectacle de fin d’année, rythmé et énergique.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Avec Richard Ruben, Maria del Rio, Bernard Lefrancq, Marc De Roy, Angélique Leleux, Pierre Pigeolet, Laure Godisiabois, Anne Chantrain, Antoine Pedro, Kylian Campbell, Véronique Lievin
Mise en scène David Michels et Bernard Lefrancq
Décor Francesco Deleo
Costumes Ludwig Moreau et Fabienne Miessen

QUELQUES PHOTOS

Photos : Fabrice Gardin

POUR EN SAVOIR PLUS

La Revue 2009 prend des couleurs…

Comment évolue La Revue du Théâtre Royal des Galeries ?

David Michels : La Revue reste un grand spectacle de divertissement, un spectacle festif de fin d’année, mais dont le socle repose sur une satire politique. Il y a un certain regard qui est posé sur l’actualité, et ce regard évolue. Le ton de La Revue a changé. C’est à nous de suivre cette évolution, de l’analyser, de la comprendre et de nous y adapter. L’écriture a été modifiée, l’efficacité doit être plus immédiate, la mise en place plus rapide. Aujourd’hui, on doit entrer très vite dans le vif du sujet. Dans la conception, nous sommes aujourd’hui beaucoup plus proches de la présentation d’un show télévisé que du music-hall. Nous proposons un spectacle plus complet où les chanteurs et danseurs sont des professionnels qui permettent aux comédiens de se recentrer sur les textes et le divertissement.

Bernard Lefrancq : Reflet de notre belgitude, La Revue des Galeries reste fidèle à sa réputation : une satire humaine de notre société où les acteurs de notre paysage politique et leurs multiples frasques se retrouvent sur scène.

La Revue, c’est près de quarante numéros pour brocarder notre actualité. On essaye de proposer un humour inattendu, rythmé et efficace. Il faut du souffle et de l’audace à la troupe pour assumer ce spectacle aux multiples facettes car le public doit avoir l’impression que c’est facile ! Il ne doit voir que le panache !

Quels sont les éléments indispensables au spectacle ?

David Michels : La base du spectacle est construite sur des sketches. Si on a une matière efficace, pertinente et drôle, on peut ensuite l’encadrer dans un bon visuel.

Bernard Lefrancq : La Revue est un spectacle ‘différent’… qui demande une très grande flexibilité de la part du comédien et du metteur en scène… C’est un savant mélange entre des numéros attendus par le public et nos envies.

David Michels : Il faut trouver l’alliance entre les désirs de créativité liés à l’air du temps et les contraintes du genre qui sont le chant, la danse, l’humour, la parodie, l’imitation, des images impressionnantes… ces éléments font partie inhérente de La Revue. Cela implique beaucoup de travail. Le fait de mettre ces différents styles ensemble est une alchimie très délicate. La nouveauté doit intégrer ses critères. C’est pourquoi La Revue des Galeries se remet chaque année en question.

Sur quoi repose le rire de La Revue ?

Bernard Lefrancq : On se doit de chercher une qualité dans le rire. Quand on prépare les textes, on se demande ce que les gens ont retenu de l’actualité écoulée. En tant qu’humoristes, nous avons le gros avantage que les sujets sont inépuisables et toujours renouvelés. À ce sujet, nos politiciens nous aident beaucoup.

Le public rit parce que ça lui parle, parce qu’il retrouve son vécu sur la scène. Les situations tournées en dérision sont des situations que le spectateur a peut-être eu l’occasion de vivre. On lui permet d’en rire. En se moquant de nos politiciens, de notre petit pays…on se moque de nous-mêmes ! Le but, c’est de faire oublier les petits soucis quotidiens au public le temps d’une soirée.

David Michels : Dans La Revue, il n’y a pas de règles. L’humour se montre parfois inattendu. Le public s’amuse quand c’est drôle, bien parodié, dérisoire, mystérieux, arrogant ou intriguant. Il souhaite un spectacle de fin d’année, rythmé et efficace. Mais il nous arrive aussi, même si l’actualité surréaliste offerte par la Belgique prête souvent à rire, d’esquisser d’autres sujets dans le but de provoquer une réflexion.

Comment se construit et se gère la mise en scène ?

David Michels : J’opère tout d’abord une sélection dans les textes remis par les différents auteurs, je détermine de cette manière les grandes lignes du spectacle. Ensuite, j’expose mes choix à Bernard. On détermine alors ensemble les textes dont on va s’occuper personnellement suivant nos affinités, nos idées, et nos capacités. Bernard Lefrancq a un imaginaire merveilleux, il est très inventif, toujours enthousiaste et dynamique (il me fatigue !). Je suis beaucoup plus rigoureux, traditionnel.

Au début du travail, Bernard assure les répétitions. Après trois semaines, j’assiste à un filage comme un premier spectateur. Je peux alors donner des directions nouvelles. Ensuite, progressivement, je reprends la mise en scène et Bernard s’implique de plus en plus en tant que comédien. Le spectacle se conçoit dans l’échange et la discussion.

L’ AUTEUR

Écrire la Revue…

Dès son arrivée en 1997, André Lamy a pris part à l’écriture des sketches, en signant dans un premier temps ses numéros et puis, petit à petit, en proposant des sketches pour ses partenaires. Axée sur l’imitation et la politique, son écriture se veut acide et percutante. Son leitmotiv : « Toujours se moquer de plus fort que soi ». Si nos têtes pensantes ont un petit défaut, tant mieux, les gens adorent !

En déboulant sur la scène de La Revue, en 1996, Bernard Lefrancq se vit confier le personnage de Marcel Colla, alors ministre de la Santé. Il en fit un coup de maître : touchant, drôle, surprenant, Colla est, depuis, l’une des plus belles âmes de La Revue. L’écriture de Bernard va à l’efficacité : pas de fioriture ou de ralenti. Chez lui, le bon mot doit faire mouche et si possible en rafales. Lieux familiers, petits faits de la vie quotidienne ou grands personnages publics, ce dont il parle est connu et reconnu par tout le monde immédiatement. Un journaliste l’a un jour défini comme le témoin actif au sein de l’écriture de La Revue ! On vient humblement essayer de continuer sur la lancée de ceux qui nous ont précédés, commente l’acteur devenu auteur. « La revue » est une image de marque, les gens viennent pour s’amuser. En tant qu’auteur du spectacle, on peut avoir une idée de génie, on peut vouloir révolutionner le monde, si jamais le public ne marche pas, c’est fini. C’est une écriture complexe. « La Revue » est un exutoire qui permet aux gens de se décharger de leurs angoisses, puisqu’ils constatent que nous les avons aussi.

Frédéric du Bus est caricaturiste, il a travaillé ou travaille pour Pan, Télé Moustique, le journal Le Soir et actuellement La DH. Il a illustré une dizaine de livres pour enfants. Il a rencontré André Lamy sur le plateau d’Hervé Meillon dans l’émission Y en aura pour tout le monde. Séduit, André Lamy l’a convaincu de lâcher, parfois, le crayon pour la plume. Allant droit à l’essentiel, son art se veut piquant. Politique forcément, car baigné dedans pour ses caricatures quotidiennes, son écriture est légère et spirituelle mais corrosive ! Je ne suis pas écrivain de sketches, précise Frédéric du Bus, mais mon travail n’est pas si éloigné : il y a souvent des idées et des envies que je préfèrerais développer en textes plutôt qu’en dessins. La Revue divise l’opinion, mais, pour moi, c’est comme un beaujolais nouveau. Quand on en boit, on sait que ce n’est pas un Petrus 1947. Qu’on aime ou pas, que ce soit de la piquette ou un délice, on vise un bon moment sans prétention. Faire rire en quatre minutes sans réduire un sujet à ses faits les plus saillants, c’est très compliqué. La problématique de cette écriture n’est pas très éloignée de la caricature…

Cette saison, d’autres plumes sont venues s’ajouter à ce trio pour un ou plusieurs textes. Le but, renouveler le ton et permettre au spectacle de respirer par l’apport de nouvelles visions. Chacun, par son écriture propre, a apporté une petite pierre qui permet de cimenter l’édifice d’une autre manière. Angélique Leleux, Damien Gillard et Jean-Paul Clerbois, tous trois comédiens, apportent leurs expériences des planches, et pour les deux premiers, leurs expérimentations d’un spectacle humoristique, conçu et interprété en solo. Marc Oschinsky, habitué aux billets d’humeur dans différents magazines, est un chroniquer satyrique doublé d’un journaliste averti, homme de radio et grand consommateur de télévision, il passe sa vie à décrypter, à sa façon, l’actualité et les médias. Quant à Fabrice Gardin, c’est la pratique du spectacle qui lui a donné l’envie un jour de s’essayer à l’expérience très spécifique de ce type d’écriture.

Le travail d’écriture : Dans un premier temps, chaque auteur réfléchit aux thèmes qui l’inspirent ou aux faits d’actualité qui ont capté son attention et qui lui paraissent assez importants pour encore faire écho dans l’esprit du public quelques mois plus tard. Ensuite, lors de réunions de travail dirigées par David Michels, les idées et les textes sont mis en commun pour tester leur efficacité. Lors de ces réunions, le tri est fait entre les idées intéressantes qui seront développées et ce qui reste sur le carreau. Commence alors le long développement des idées qui deviendront parfois des sketches, des chansons, voire des tableaux. Vers la fin septembre, une structure se dégage et sert de base au spectacle. Cela n’empêche pas que certains numéros soient réalisés en dernière minute s’il faut coller à l’actualité. Le metteur en scène oriente les débats suivant sa propre sensibilité et son expérience, mais aussi suivant la composition de la troupe.

Il faut que le public trouve directement les références des thèmes développés ou l’effet est manqué. On grossit les traits pour faire rire, les sketches de Revue doivent avoir un effet immédiat. Deux minutes après, on passe à autre chose. Il faut donc que ce soit clair, ce qui ne veut pas dire simpliste ! La structure doit donc avoir une cohérence, c’est un subtil mélange entre sketches parlés et chantés. En n’oubliant pas les changements de costumes et d’accessoires qui doivent être les plus rapides possibles.