Du 6 décembre 2006 au 11 février 2007

Sous le signe de la bonne humeur et du rêve, La Revue propose un florilège de sketches corrosifs mêlés de parodies et de numéros de music-hall. La troupe de La Revue se démène durant plus de deux heures afin de faire de chaque représentation une fête emplie de fantaisie et d’humour.

Avec cette année, pour la première fois sur la scène des Galeries l’humoriste et imitateur Richard Ruben. Le ton du spectacle se veut politique, surenchère communautaire oblige. Mais si l’arrogance flamande fait les frais de la verve des revuistes, l’autodérision wallonne ne sera pas en reste pour autant.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Avec Richard Ruben, Maria del Rio, Bernard Lefrancq, Marc De Roy, Angélique Leleux, Pierre Pigeolet, Elsa Erroyaux, Anne Chantraine, Antoine Pedros, Heidi De Meester, Kylian Campbell
Mise en scène David Michels et Bernard Lefrancq
Décor Francesco Deleo
Costumes Ludwig Moreau et Fabienne Miessen

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

La Revue 2007 permet l’évasion…

Comment concevez-vous la mise en scène de La Revue ?

Bernard Lefrancq : La Revue est une discipline à part, complexe… qui demande une très grande flexibilité au metteur en scène… C’est un savant mélange entre les désirs d’un metteur en scène et les contraintes du genre (le fait d’enchaîner 20 sketchs et 20 numéros de music-hall, d’assurer les changements d’ambiance entre ces séquences…). C’est un spectacle bâti sur un rythme soutenu.

Comment vous partagez-vous le travail ?

David Michels : J’opère tout d’abord une sélection des textes que je reçois de la part des auteurs, je détermine de cette manière les grandes lignes du spectacle. Ensuite, je rencontre Bernard et lui expose mes choix. On détermine alors ensemble les textes dont on va s’occuper personnellement suivant nos affinités, nos idées, et nos capacités. Bernard Lefrancq a un imaginaire merveilleux, il est très inventif. Je suis beaucoup plus rigoureux, traditionnel. Nos deux caractères se complètent très bien pour le spectacle.

Au début des répétitions, Bernard travaille sans moi. Après trois semaines, j’assiste à un filage comme un spectateur. Je peux alors donner des directions nouvelles. Ensuite, progressivement, je vais reprendre la mise en scène et Bernard va s’impliquer de plus en plus en tant que comédien. Le spectacle se conçoit dans l’échange et la discussion.

Où allez-vous chercher votre inspiration pour la conception du spectacle ?

Bernard Lefrancq : Dans l’air du temps. Tout fait farine à notre moulin. David va voir de nombreux spectacles. Et les différents auteurs ont le nez plongé dans l’actualité tout au long de l’année pour y puiser les faits les plus marquants.

David Michels : Cette année, nous avons été particulièrement gâtés en Belgique par l’actualité politique et judiciaire, d’où le sous-titre du spectacle « évadez-vous ». Comment ne pas sourire, aussi, au lendemain des élections, lorsqu’ils ont tous gagnés…

Avez-vous déjà eu l’occasion d’assister à un spectacle similaire à celui de La Revue des Galeries ?

David Michels : Pas vraiment car La Revue des Galeries est unique dans son mélange de variété et de satire de l’actualité. Mais c’est vrai que je suis allé voir beaucoup de revues à Paris. Je suis un passionné de Music-hall.

Comment définiriez-vous aujourd’hui La Revue du Théâtre des Galeries ?

David Michels : Ces dernières années, le spectacle a fortement évolué. Nous sommes en effet aujourd’hui beaucoup plus proche de la conception d’une émission de télé que du music-hall d’antan. Nous allons vers un spectacle plus complet. Les chanteurs et danseurs sont professionnels. L’époque des comédiens poussant la chansonnette ou effectuant un petit pas de danse est révolue. Ce qui permet au comédien de se recentrer sur le divertissement et la tradition.

Quelles limites vous imposez-vous ? Autrement dit vous auto-censurez-vous ou bien au contraire pensez-vous que l’on peut rire de tout ?

Bernard Lefrancq : Non, on ne peut pas rire de tout. Il m’est arrivé quelques fois de m’opposer à des sketchs car il y a des sujets que je refuse d’aborder. Il y a très souvent unanimité sur les limites à respecter.

David Michels : Non certainement pas. Si l’actualité surréaliste que nous offre souvent la Belgique prête évidemment à rire, d’autres sujet comme les guerres, les épidémies, la faim dans le monde, la montée des extrémismes politiques et religieux ne peuvent être dénoncés que dans le but de provoquer une réflexion.

De quoi le public rit-il volontiers ?

Bernard Lefrancq : Il faut être capable d’aller chercher une qualité dans le rire. Pour ce qui est de l’actualité, il faut se demander : qu’est-ce que les gens en ont retenu ? J’ai un an d’actualité chez moi, mais qui se souvient encore de quoi, tout le problème est là.

David Michels : Qu’est-ce que le rire ? Je n’en sais absolument rien. Dans La Revue, il n’y a pas de règles. L’humour se montre parfois inattendu. Le public, dont nous devons respecter les attentes, souhaite un spectacle de fin d’année, rythmé et efficace. Mais je désire intégrer des séquences suscitant une certaine réflexion sur notre avenir et ses dangers entre deux numéros dédiés uniquement au divertissement.

L’ AUTEUR

ÉCRIRE LA REVUE…

En déboulant sur la scène de La Revue, en 1996, Bernard Lefrancq se vit confier le personnage de Marcel Colla, alors ministre de la Santé. Il en fit un coup de maître : touchant, drôle, surprenant, Colla est, depuis, l’une des plus belles âmes de La Revue. L’écriture de Bernard va à l’efficacité : pas de fioriture ou de ralenti. Chez lui, le bon mot doit faire mouche et si possible en rafales. Lieux familiers, petits faits de la vie quotidienne ou grands personnages publics, ce dont il parle est connu et reconnu par tout le monde immédiatement. Un journaliste l’a un jour défini comme le témoin actif au sein de l’écriture de La Revue ! On vient humblement essayer de continuer sur la lancée de ceux qui nous ont précédés, commente l’acteur devenu auteur. « La Revue » est une image de marque, les gens viennent pour s’amuser. En tant qu’auteur du spectacle, on peut avoir une idée de génie, on peut vouloir révolutionner le monde, si jamais le public ne marche pas, c’est fini. C’est une écriture complexe. « La Revue » est un exutoire qui permet aux gens de se décharger de leurs angoisses, puisqu’ils constatent que nous les avons aussi.

Chaque saison, d’autres plumes viennent s’ajouter pour un ou plusieurs textes. Le but, renouveler le ton et permettre au spectacle de respirer par l’apport de nouvelles visions. Chacun, par son écriture propre, a apporté une petite pierre qui permet de cimenter l’édifice d’une autre manière. Angélique Leleux, Damien Gillard et Jean-Paul Clerbois, tous trois comédiens, apportent leurs expériences des planches, et pour les deux premiers, leurs expérimentations d’un spectacle humoristique, conçu et interprété en solo.

Le travail d’écriture : Dans un premier temps, chaque auteur réfléchit aux thèmes qui l’inspirent ou aux faits d’actualité qui ont capté son attention et qui lui paraissent assez importants pour encore faire écho dans l’esprit du public quelques mois plus tard. Ensuite, lors de réunions de travail dirigées par David Michels, les idées et les textes sont mis en commun pour tester leur efficacité. Lors de ces réunions, le tri est fait entre les idées intéressantes qui seront développées et ce qui reste sur le carreau. Commence alors le long développement des idées qui deviendront parfois des sketches, des chansons, voire des tableaux. Vers la fin septembre, une structure se dégage et sert de base au spectacle. Cela n’empêche pas que certains numéros soient réalisés en dernière minute s’il faut coller à l’actualité. Le metteur en scène oriente les débats suivant sa propre sensibilité et son expérience, mais aussi suivant la composition de la troupe.

Il faut que le public trouve directement les références des thèmes développés ou l’effet est manqué. On grossit les traits pour faire rire, les sketches de Revue doivent avoir un effet immédiat. Deux minutes après, on passe à autre chose. Il faut donc que ce soit clair, ce qui ne veut pas dire simpliste ! La structure doit donc avoir une cohérence, c’est un subtil mélange entre sketches parlés et chantés. En n’oubliant pas les changements de costumes et d’accessoires qui doivent être les plus rapides possibles.