Du 7 décembre 2004 au 6 février 2005

La Revue est un spectacle en perpétuelle évolution puisque, par vocation, elle se nourrit de son temps. Cette saison encore toutes les facettes du divertissement sont exploitées pour proposer un spectacle le plus réjouissant possible.


Cette saison, entre autres nouveautés, nous accueillons sur scène Carlos Vaquera qui rejoint l’équipe de La Revue pour nous démontrer ses talents de comédien… mais aussi et surtout pour réaliser quelques numéros de magie dont il détient le secret.

Les auteurs se sont penchés sur l’actualité de l’année écoulée, de la rue au star-system en passant par les cénacles politiques, pour en sortir les faits marquants et les traiter avec le recul qui sied le mieux au spectacle. C’est-à-dire le moins sérieusement du monde, à travers un mélange de parodie, d’humour et d’ironie…

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Avec André Lamy, Carlos Vaquera, Maria del Rio, Marc De Roy, Angélique Leleux, Bernard Lefrancq, Michel Hinderyckx, Elsa Erroyaux, Enaïd, Nicolas Fiordaliso, Alexandra Verbeure, Khan
Mise en scène David Michels et Bernard Lefrancq
Décor Francesco Deleo
Chorégraphie Patricia Bonnefoy
Costumes Fabienne Miessen et Jean De Vuyst

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Quelques explications sur La Revue…

La Revue est le spectacle qui, depuis 20 ans maintenant de manière régulière, engrange le plus de spectateurs en Belgique par saison. Mais qu’est-ce qu’une revue ? C’est Paul Aron qui nous en donne la définition la plus claire. « La revue est une forme mixte, mêlant texte et musique. Elle se compose habituellement de couplets plus ou moins satiriques, alternant avec des parties dialoguées. Un final en apothéose, chanté et chorégraphié, ferme rituellement la représentation. (…) c’est à gros traits qu’elle rappelle les événements du jour, caricature les personnages en vue du moment ou exploite les ressources des types populaires. La revue entretient un rapport étroit avec l’actualité. La musique lie les parties entre elles et rythme les effets. Le spectateur, qui reconnaît les différents airs chantés, se sent en connivence avec la représentation et devient par sa présence une composante essentielle du spectacle. »

Voilà une définition qui se base sur l’histoire des ‘revues’ et qui encore aujourd’hui trouve un écho dans ce que le Théâtre des Galeries propose, même si, comme son temps, la Revue a terriblement progressé. D’où vient cette « belgitude » qu’on rattache à La Revue, et qui il y a peu encore faisait terminer le spectacle sur une séquence consacrée à Magritte ? La Revue « à la belge » serait apparue au milieu du XIXème siècle comme un mariage heureux de différentes recettes du spectacle populaire. Assuré de la voir surgir au tournant de la nouvelle année, en un temps prêtant aux réjouissances, le public s’y est habitué. La revue, et c’est encore le cas aujourd’hui, s’impose grâce à sa périodicité.

On peut sans doute diviser l’histoire de la Revue en Belgique en deux périodes : celle qui précède et celle qui suit l’arrivée de Lucien Malpertuis. Directeur du théâtre de l’Alcazar depuis 1890, c’est dans son entourage que naît véritablement ce que l’on pourrait appeler « l’école belge de la revue ». En dépit des thèmes et du ton de ses œuvres, cette génération de revuistes n’est pas issue de milieux populaires. Leurs premiers pas ont été faits dans les fêtes estudiantines où on avait l’habitude de présenter des parodies.

Dans l’esprit des auteurs, il s’agissait moins de se moquer des travers de leurs personnages au profit de tiers, que de faire rire la salle de l’ensemble des types sociaux représentés. Ils trouvaient dans la distance sociale un recul intellectuel suscitant l’ironie. Cette philosophie permettait la dérision aimable que tous les témoins, notamment français, reconnaissent comme la caractéristique de la revue bruxelloise de fin d’année.

Début du siècle, La revue traditionnelle utilise un couple de personnages dans lesquels les spectateurs pouvaient aisément se reconnaître: le compère et la commère. Ils incarnent le bon sens ou l’humour direct qui contraste avec les situations extravagantes dénoncées sur scène. Rappelons le célèbre duo des années 1980 entre Madame Chapeau, Jean Hayet, et Madame Gertrude, Stéphane Steeman.

Plus tard, le journaliste Charles Flor O’Squarr, le premier revuiste belge à succès, transforme le compère en type local : il crée « Arthur Van Koppernolle, garde civique de Poperinghe ». Le public attendait avec impatience les interventions apparemment improvisées de ce rôle comique. Il revenait de revue en revue. N’est-ce pas ce que fait, avec brio, depuis quelques saisons Bernard Lefrancq à travers son personnage du ‘ministre Colla’.

L’introduction de fragments de la réalité quotidienne au cœur du spectacle s’intègre parfaitement dans le projet satirique de la revue. Elle multiplie les effets de reconnaissance. Aujourd’hui avec le rôle croissant des médias et leur importance dans la vie du public, tout le monde a une opinion ou croit en avoir une mais de là à la crier tout haut il y a un pas. A travers la Revue, les auteurs n’hésitent pas à dire tout haut ce qu’ils croient que beaucoup de gens pensent tout bas. Vu le succès, ils y réussissent pas mal. Bernard Lefrancq qui écrit de nombreux passages du spectacle depuis quelques années parle d’exutoire. Il se soulage des centaines de pages de journaux qu’il a lu durant l’année pour écrire ses sketches. Tout ce qui a provoqué chez lui une réaction a forcément touché son voisin. Le but : en rire. Ce qui n’empêche pas de glisser dans le spectacle quelques touches d’émotion.

Et c’est ainsi que sur scène, les petits faits de la vie nationale succèdent aux grands faits d’armes des puissants, dessinant un catalogue d’anecdotes significatives qui forment un témoignage unique sur les préoccupations de l’opinion publique.

La convocation de personnages connus de la chronique politique, médiatique ou ‘showbistique’ fait également les délices du spectateur averti. De là, l’importance de comédiens ‘complets’ sachant jouer, chanter, danser, imiter… La reconnaissance de la personne, de l’air, voire de l’idée, a un rôle primordial dans une Revue. Les comédiens se font des têtes, évidemment, mais l’apport d’un imitateur est toujours un plus.

La Revue des Galeries plonge ses racines, on en a donné des exemples, dans l’histoire des revues et elle en garde des traces. Mais d’où vient cette idée d’une Revue aux Galeries ?

En 1954, la Compagnie des Galeries a un an. Une tournée française devait venir jouer La Dame aux Camélias avec Edwige Feuillère pendant une semaine au Théâtre. Quelques jours avant sa venue, les directeurs apprennent que Madame Feuillère, souffrante, doit annuler les représentations en Belgique. Cela engendre pour le Théâtre des Galeries une période de relâche obligatoire en pleine saison d’hiver !

Au même moment, les comédiens de la Compagnie des Galeries préparaient une matinée annuelle conçue par X, Y, Z (c’est-à-dire eux-mêmes), et réservée aux « Amis de la Compagnie des Galeries », avec ce qu’ils n’avaient pas « l’habitude de faire »: danses, chants, imitations, prestidigitation,…

Messieurs Lucien Fonson et Aimé Declercq, directeurs du Théâtre Royal des Galeries, se tournent vers Jean-Pierre Rey et proposent à la Compagnie des Galeries de remplacer La Dame aux Camélias par la matinée en préparation en la présentant pendant dix soirs.

C’est ainsi que pour dix représentations est née la première « Revue de la Compagnie des Galeries » durant la saison 1954/1955, sous le titre: La Compagnie en liberté ou le violon d’Ingres, avec entre autres, Raoul De Manez, Viviane Chantel, Marcelle Dambremont, Paul Anrieu, Jacques Aubertin et Robert Roanne, ainsi que Bobby Naret et son orchestre.

Ce fut un tel succès que le principe de La Revue fut repris chaque saison dans les années 50. Un peu au début des années 60, deux fois dans les années 70. Au cours des ans, on retrouve dans les Revues, des comédiennes ou comédiens comme Viviane Chantel, Christiane Lenain, Marie-Jeanne Nyl, Léon Carny, Gaston Derblay, Lucien Salkin, Stéphane Steeman, Jean-Jacques, Jacques Courtois, Paul Anrieu, Yves Larec, Jacqueline Bir, Claude Volter, Bérangère Pascal, Micheline Bourdet, Jacques Joël, Jean-Pierre Loriot, Francine Blistin,…

En 1982, la Compagnie des Galeries songe à recréer au Théâtre Molière une Revue politico-folklorico bruxelloise. Jean-Pierre Rey se tourne vers Stéphane Steeman qui avait déjà participé aux premières Revues de la Compagnie. Et avec Steeman, son talent d’imitateur et sa notoriété, apparaît Yves Duval à l’écriture. J’ai commencé La Revue car je travaillais avec Stéphane Steeman à la composition de ses sketchs, automatiquement quand monsieur Rey a voulu relancer une revue, j’ai été mis dans le coup. Steeman amenait son métier d’homme de scène pour mettre en pratique mes idées. On fonctionnait très bien en tandem. Puis, petit à petit, j’ai commencé à connaître toute la distribution. Et quelle distribution. Pour assurer le coup, Jean-Pierre Rey a mis sur scène les piliers de sa compagnie : Stéphane Steeman, Robert Roanne, Jean Hayet, Mimi Bedin, Béatrice Bencsik, Muriel Stanislas, Georges Pirlet et Marcel Berteau. Ensuite au cours des saisons, à la base fondatrice de la première année, viendront s’incorporer pour une ou plusieurs saisons des comédiens tels que Régine Verelle, Pascale Bonnarens, Valérie Bauchau, Alain Louis, Dominique Hermans, Anne Dellisse, Bernard Gillard, Karen Pluchart, Marc De Roy, Maria del Rio, Bernard Lefrancq, Angélique Leleux, Louise Rocco…

Jusque 1992, Willy Albimoor accompagne toutes les revues au piano. Pour La Revue 93, Catherine Delhaye l’épaule aux claviers. Pour les deux revues qui suivent, elle se charge du piano et des claviers. Jean-Pierre Rey aura mis en scène toutes les Revues jusqu’en 1994. En 1995, le metteur en scène, Dominique Haumont, préfère se passer du musicien en direct pour utiliser une bande enregistrée. La saison suivante, David Michels, qui reprend la mise en scène du spectacle, veut mettre un musicien sur le plateau et demande à Bernard Wrincq, par ailleurs arrangeur des musiques du spectacle depuis quelques années, d’assumer les synthés.

De la moitié des années 90 à nos jours, le spectacle n’a cessé d’évoluer. La Revue, qui gardait un côté bon enfant depuis ses débuts, a cherché à se perfectionner à tous niveaux pour le plus grand plaisir des spectateurs. Dans un premier temps, les micros sur pieds ont été remplacé par des micros sans fils et puis par des pastilles émettrices que les comédiens placent sur leur front. Un ingénieur est désormais nécessaire pour gérer l’aspect sonore du spectacle. Le côté lumière a également été travaillé avec l’acquisition de matériel plus proche du music hall que du théâtre. Des chorégraphes ont été engagés pour gérer au mieux tout l’aspect dansé du spectacle. Mais le plus important est sans doute l’originalité apportée à la mise en scène par les idées novatrices et modernes de David Michels, bien secondé par l’apport de sang neuf au niveau de l’écriture du spectacle. L’arrivée d’André Lamy, avec son expérience de la scène et des grandes salles, fut également une bouffée d’oxygène à un moment charnière.

Certains, à ses côtés, se sont découverts des talents d’imitateur, comme Angélique Leleux par exemple. D’autres se sont mis à l’écriture, ce fut le cas de Bernard Lefrancq. Il y a des piliers aussi, qui par leurs expériences, apportent un plus à un spectacle comme La Revue. Marc De Roy a déjà une dizaine de Revue à son actif, et chaque année, le public attend avec impatience les moments où il chante. Maria del Rio, qui a débuté sur scène dans ce spectacle, lui apporte maintenant sa notoriété acquise par la télévision. Comme on peut le voir, l’équipe qui s’est mise en place petit à petit travaille en parfaite connivence et cela apporte un ‘plus’ indéniable à la cohésion d’un spectacle qui attire près de 40 000 spectateurs par saison.

L’ AUTEUR

Écrire la Revue…

Dès son arrivée en 1997, André Lamy a pris part à l’écriture des sketches, en signant dans un premier temps ses numéros et puis, petit à petit, en proposant des sketches pour ses partenaires. Axée sur l’imitation et la politique, son écriture se veut acide et percutante. Son leitmotiv : « Toujours se moquer de plus fort que soi ». Si nos têtes pensantes ont un petit défaut, tant mieux, les gens adorent !

En déboulant sur la scène de La Revue, en 1996, Bernard Lefrancq se vit confier le personnage de Marcel Colla, alors ministre de la Santé. Il en fit un coup de maître : touchant, drôle, surprenant, Colla est, depuis, l’une des plus belles âmes de La Revue. L’écriture de Bernard va à l’efficacité : pas de fioriture ou de ralenti. Chez lui, le bon mot doit faire mouche et si possible en rafales. Lieux familiers, petits faits de la vie quotidienne ou grands personnages publics, ce dont il parle est connu et reconnu par tout le monde immédiatement. Un journaliste l’a un jour défini comme le témoin actif au sein de l’écriture de La Revue ! On vient humblement essayer de continuer sur la lancée de ceux qui nous ont précédés, commente l’acteur devenu auteur. « La revue » est une image de marque, les gens viennent pour s’amuser. En tant qu’auteur du spectacle, on peut avoir une idée de génie, on peut vouloir révolutionner le monde, si jamais le public ne marche pas, c’est fini. C’est une écriture complexe. « La Revue » est un exutoire qui permet aux gens de se décharger de leurs angoisses, puisqu’ils constatent que nous les avons aussi.

Frédéric du Bus est caricaturiste, il a travaillé ou travaille pour Pan, Télé Moustique, le journal Le Soir et actuellement La DH. Il a illustré une dizaine de livres pour enfants. Il a rencontré André Lamy sur le plateau d’Hervé Meillon dans l’émission Y en aura pour tout le monde. Séduit, André Lamy l’a convaincu de lâcher, parfois, le crayon pour la plume. Allant droit à l’essentiel, son art se veut piquant. Politique forcément, car baigné dedans pour ses caricatures quotidiennes, son écriture est légère et spirituelle mais corrosive ! Je ne suis pas écrivain de sketches, précise Frédéric du Bus, mais mon travail n’est pas si éloigné : il y a souvent des idées et des envies que je préfèrerais développer en textes plutôt qu’en dessins. La Revue divise l’opinion, mais, pour moi, c’est comme un beaujolais nouveau. Quand on en boit, on sait que ce n’est pas un Petrus 1947. Qu’on aime ou pas, que ce soit de la piquette ou un délice, on vise un bon moment sans prétention. Faire rire en quatre minutes sans réduire un sujet à ses faits les plus saillants, c’est très compliqué. La problématique de cette écriture n’est pas très éloignée de la caricature…

Cette saison, d’autres plumes sont venues s’ajouter à ce trio pour un ou plusieurs textes. Le but, renouveler le ton et permettre au spectacle de respirer par l’apport de nouvelles visions. Chacun, par son écriture propre, a apporté une petite pierre qui permet de cimenter l’édifice d’une autre manière. Angélique Leleux, Damien Gillard et Jean-Paul Clerbois, tous trois comédiens, apportent leurs expériences des planches, et pour les deux premiers, leurs expérimentations d’un spectacle humoristique, conçu et interprété en solo. Marc Oschinsky, habitué aux billets d’humeur dans différents magazines, est un chroniquer satyrique doublé d’un journaliste averti, homme de radio et grand consommateur de télévision, il passe sa vie à décrypter, à sa façon, l’actualité et les médias. Quant à Fabrice Gardin, c’est la pratique du spectacle qui lui a donné l’envie un jour de s’essayer à l’expérience très spécifique de ce type d’écriture.

Le travail d’écriture : Dans un premier temps, chaque auteur réfléchit aux thèmes qui l’inspirent ou aux faits d’actualité qui ont capté son attention et qui lui paraissent assez importants pour encore faire écho dans l’esprit du public quelques mois plus tard. Ensuite, lors de réunions de travail dirigées par David Michels, les idées et les textes sont mis en commun pour tester leur efficacité. Lors de ces réunions, le tri est fait entre les idées intéressantes qui seront développées et ce qui reste sur le carreau. Commence alors le long développement des idées qui deviendront parfois des sketches, des chansons, voire des tableaux. Vers la fin septembre, une structure se dégage et sert de base au spectacle. Cela n’empêche pas que certains numéros soient réalisés en dernière minute s’il faut coller à l’actualité. Le metteur en scène oriente les débats suivant sa propre sensibilité et son expérience, mais aussi suivant la composition de la troupe.

Il faut que le public trouve directement les références des thèmes développés ou l’effet est manqué. On grossit les traits pour faire rire, les sketches de Revue doivent avoir un effet immédiat. Deux minutes après, on passe à autre chose. Il faut donc que ce soit clair, ce qui ne veut pas dire simpliste ! La structure doit donc avoir une cohérence, c’est un subtil mélange entre sketches parlés et chantés. En n’oubliant pas les changements de costumes et d’accessoires qui doivent être les plus rapides possibles.