de Georges FeydeauDu 23 mars au 17 avril 2011

Raymonde Chandebise soupçonne son mari Victor-Emmanuel de la tromper. Sa meilleure amie, Lucienne, lui conseille d’en avoir le cœur net et d’user d’un stratagème. Toutes deux lui adressent une lettre, écrite par une belle inconnue, lui donnant un rendez-vous galant !

C’est ainsi que commence ce chef-d’œuvre de Georges Feydeau.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Victor-Emmanuel Chandebise Michel Poncelet
Raymonde Chandebise Perrine Delers
Lucienne Homenides Angélique Leleux
Camille Chandebise Luc Gilson
Romain Tournel Pierre Pigeolet
Augustin Ferraillon Michel Hinderyckx
Olympe Ferraillon Laure Godisiabois
Docteur Finache Marc De Roy
Carlos Homenides de Histangua Toni d’Antonio
Etienne Jean-Paul Clerbois
Antoinette Cécile Florin
Rugby Benoît Strulus
Baptistin Bernard Lefrancq
Eugénie Marjorie Berger
Mise en scène Bernard Lefrancq
Décors Francesco Deleo
Costumes Ludwig Moreau

QUELQUES PHOTOS

Photos : Fabrice Gardin

POUR EN SAVOIR PLUS

Une visite à Georges Feydeau

Par Marcel Achard

Jai connu Georges Feydeau sur la fin de sa vie. Et je n’oublierai jamais son sourire triste, ses petits yeux gais, sa moustache de jeune mousquetaire, son port de prince, ni la poignée de main qu’il donnait comme à regret.

A la place de la pochette, il arborait une espèce de cartouchière de cigares. Il changeait tous les jours l’épingle de sa cravate (il en avait plus de cent cinquante) et il ne buvait que du Vittel cassis. Je l’avais entrevu plusieurs fois au Café Napolitain, à sa table, avec l’inséparable Marcel Simon. Et même, un jour, je l’avais vu bavarder avec Georges Courteline… L’événement était d’importance, car celui-ci ne fréquentait plus guère que les cafés paisibles de Saint-Mandé.

Un hasard, disons une chance, me permit de lui rendre visite. Il habitait, en ce temps-là, une petite chambre de l’Hôtel Terminus Saint-Lazare. II y était arrivé en 1913, pour quelques jours, pendant qu’on faisait des réparations à sa chambre. Quand j’y entrai, il l’habitait depuis sept ans. C’est dire que c’était un capharnaüm indescriptible. Sur les tables s’étalaient d’abord une collection de petits pots en faïence, les deux cent cinquante flacons de sa collection de parfums, des toiles, encadrées ou non, de tous les peintres modernes, des impressionnistes à Utrillo. Il est amusant de penser que lui qui avait pour ses tableaux une tendresse qui le faisait se lever la nuit pour les contempler a fait dire à un de ses personnages, un imbécile, il est vrai : « On n’achète pas les tableaux parce qu’on les aime ; on les aime parce qu’on les achète. »

Outre les pots de faïence, les flacons de parfum et les toiles, il y avait sur les tables des piles de livres. Et par terre, des piles de livres. On marchait sur les livres. C’était comme une marée de livres. Les meubles en étaient tellement couverts, que pour écrire Georges Feydeau devait se servir d’une planche à dessin. Dans un coin, une armure qui aurait pu appartenir au chevalier Bayard, brillait sous la lampe de toute sa ferraille insolite. Je n’ai retenu de notre entretien que sa conclusion. Comme je lui demandais si la jeune génération lui semblait supérieure ou inférieure à celle qui l’avait précédée, il répondit : « La jeune génération est très inférieure à la nôtre. Parbleu ! »

Puis il ajouta, avec son drôle de sourire : « Tout de même, si je pouvais en faire partie ! »

GEORGES FEYDEAU

Fils du romancier Ernest Feydeau, Georges Feydeau s’essaie dès l’adolescence à l’écriture de piécettes en un acte et de monologues qu’il lui arrive d’interpréter lui-même. Cela lui vaut quelques encouragements, notamment de Labiche, mais il n’attire guère l’attention du public. En 1886, le théâtre de la Renaissance accepte de monter « Tailleur pour dames », il remporte un beau succès mais connaît pourtant encore quelques années difficiles. Les pièces qu’il écrit de 1888 à 1891 telles que « La Lycéenne », « Chat en poche », « Les Fiancés de Loches » ou « Le Mariage de Barillon » ne parviennent à dérider ni le public ni la critique.

L’année 1892, en revanche, est particulièrement faste avec le triomphe de trois pièces: au théâtre de la Renaissance, « Monsieur Chasse »; aux Nouveautés, « Champignol malgré lui »; et au Palais-Royal, « le Système Ribadier ». L’art de Feydeau est alors à maturité et le succès ne se démentira plus pendant toute sa carrière, à travers une production très abondante. « Un fil à la patte » et « L’Hôtel du libre-échange » (1894), « Le Dindon » (1896), « La Dame de chez Maxim » (1899), « La Duchesse des Folies-Bergères » (1902), « La Puce à l’oreille » (1907) et « Occupe-toi d’Amélie » (1908).

En 1908, Feydeau est à son apogée. Il a, avec une science consommée de la mécanique du rire, pris le vaudeville où l’avait laissé Labiche pour le porter à sa perfection. Il rompt cependant avec ce théâtre pour ne plus donner que des comédies de moeurs en un acte où transparaît l’amertume de ses ennuis conjugaux et des pesanteurs bourgeoises. A cette veine, on doit : « Feu la mère de Madame » (1908), « On purge bébé » (1910), « Mais n’te promène donc pas toute nue! » (1911), « Léonie est en avance ou le Mal-Joli » (1911). L’existence de Feydeau, malgré des droits d’auteur considérables, resta jusqu’au bout harcelée par le besoin d’argent, il mourut en 1921 après deux années de démence.

CRITIQUE DU JOURNAL LE SOIR