De Guy De Maupassant, Adaptation de Jean-Pierre HaneyDu 2 au 27 mai 2007

Peuplée de personnages hauts en couleurs, dirigée par une patronne qui prend à l’extérieur des airs de chanoinesse, avec une dignité ferme, cette « Maison Tellier » est une succession de tableaux. Aux travers de situations cocasses ou émouvantes, apparaissent des portraits de femmes dont chaque couleur de sentiment rappelle ces ambiances de Cézanne, Monet ou Renoir.

Ce voyage initiatique permet à ces six femmes de retrouver un parfum d’âme qu’elles avaient dissimulé sous le fard de leur activité.

Avec cette « Maison Tellier », Maupassant peint la Normandie de son époque et le petit monde de province de son temps. Peinture naturaliste, pleine d’humour, de tendresse, de portraits pittoresques.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Madame (Gabrielle Tellier) Louise Rocco
Flora Cécile Florin
Fernande Carine Seront
Raphaêlle Jasmine Douieb
Louise France Bastoen
Rosa Caroline Lambert
Joseph Rivet Bernard Lefrancq
Angèle, sa femme Angélique Leleux
Constance, sa fille Katia Mahieu
Le commis Tristan Moreau
Mise en scène Gérald Marti
Décors James Block

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

La Maison Tellier : une histoire de plaisir.

Celui qu’on prend, celui qu’on donne, celui qu’on paie, celui qu’on vole. Celui qui s’invente dans la misère de vies perdues. Celui gratuit de redevenir joueur. Joueur avec les mots, avec les formes. Avec le temps.

La Maison Tellier est une furieuse négation du « bon goût », ou plutôt des conventions bourgeoises. Quelques années plus tôt, l’auteur de cette nouvelle eût été sans doute poursuivi en justice. Mais la République de 1880 est devenue tolérante. « L’ordre moral », cher à Mac-Mahon est enterré. Le public a soif de nouveautés crues, de documents vécus, de plongées dans les milieux où une honnête femme ne s’aventurerait pas. Les lupanars sont à la mode. Les dames de la meilleure société se ruent au café-concert pour écouter des couplets grivois. Des danseuses de cancan lèvent la jambe et agitent leurs dessous froufroutants face à des messieurs congestionnés et hilares.

La Maison Tellier tombe à pic. Avec elle, Maupassant consolide sa réputation d’écrivain d’avant-garde. (…) Les lecteurs se précipitent sur le livre qu’il faut réimprimer en hâte. Les éditions se suivent à un rythme accéléré. En revanche, la critique, comme toujours est partagée entre l’éloge et le dénigrement.

Léon Chaperon, dans L’Événement, traite La Maison Tellier « d’ordure » et de « répugnant bouquin ».

Mais Émile Zola, dans le Figaro, clame son enthousiasme.

Henri Troyat dans Maupassant (1988).

L’ AUTEUR

Guy De Maupassant

Guy de Maupassant naît le 5 août 1850, au château de Miromesnil de Tourville-sur-Arques. Sa famille est d’origine lorraine mais fixée en Normandie depuis le XVIIIe siècle. En 1856, son frère Hervé vient au monde. Sa mère se retire à Etretat, en 1860, avec ses deux fils. En 1861-1862 l’abbé Aubourg se charge alors de l’apprentissage des mathématiques, du grec, du latin et du catéchisme. Maupassant entre au séminaire d’Yvetot en 1863. Trois ans après, il devient un élève indiscipliné et sera rendu à sa mère. L’élève de terminale passe tous ses dimanches à Croisset en compagnie de Flaubert, qui le guide dans ses premiers écrits poétiques et qui sans cesse lui rappelle : regarder, observer, disséquer du regard avant d’écrire. Guy de Maupassant est alors initié à l’école réaliste. Après l’obtention de son baccalauréat en juillet 1869, il s’inscrit à la faculté de droit de Paris. Mais en 1870 c’est la déclaration de guerre avec la Prusse. Maupassant s’engage comme garde mobile et assiste à la débâcle dont il évoquera les scènes dans plusieurs nouvelles.

Le 1er février 1873 il entre au ministère de la Marine. Maupassant ne supporte ni les contraintes ni ses collègues. En 1875, il publie sous le pseudonyme de Joseph Prunier, son premier conte : Une Main d’Écorché. Maupassant fréquente les grands de la production littéraire du moment : Tourgueniev, Zola, Flaubert, Edmond de Goncourt, Mallarmé et bien d’autres. Sur les recommandations de Flaubert, il réussit à intégrer le ministère de l’instruction publique. En 1877, l’écrivain souffre de « la grande vérole, celle dont est mort François Ier ».

1880 est l’année de la consécration de Maupassant. Il publie Boule de suif. La mort brutale de Flaubert, cette même année, le touche profondément. Il ne se console pas de cette disparition. Maupassant se remet au travail en 1881. Le vif succès remporté par La Maison Tellier l’encourage. Désormais Maupassant peut vivre de la littérature. En 1883, Une Vie, son premier roman voit enfin le jour après six années de gestation. En 1884, Les Contes de la Bécasse sont un chef-d’œuvre de plus. Le 7 juin 1885 Maupassant sort Bel Ami. qui ressemble beaucoup à son auteur. Une année très faste puisqu’il ne publiera pas moins de trente contes.

En 1887, vient Mont-Oriol. Horla fait découvrir au public un univers fantastique. Maupassant fait l’analyse de la progression de la folie chez un personnage qui finira par être dépossédé de sa propre personnalité. Les périodes d’écriture alternent avec des voyages en Afrique du Nord. En mai 1889, Maupassant publie Fort Comme La Mort. La peur de vieillir et de mourir occupe de plus en plus sa pensée. Il quitte la France pour un voyage en Italie afin d’oublier l’image de la folie qui le poursuit. En 1891, il fait une cure à Divonne-les-Bains. Son état physique est tel qu’il avoue à son médecin : « Il y a des jours où j’ai rudement envie de me foutre une balle dans la tête. Je ne peux pas lire, toute lettre que j’écris me donne un mal… Dieu que j’en ai assez de la vie. » Un an après, à Nice, il s’ouvre la gorge. Il sombre peu à peu dans l’anéantissement. De fait, depuis un an un roman, L’Angelus est commencé. L’œuvre restera inachevée. Ses malaises sont de plus en plus fréquents et il quitte de moins en moins la chambre. Les médecins décident de l’interner le 7 janvier 1892 et c’est à la clinique qu’il mourra le 6 juillet 1893, âgé de 43 ans, après de longs mois de délires et d’isolement.