De Marc FayetDu 21 février au 18 mars 2007

Comédie contemporaine.

Six amis de longue date sont obligés de se réunir alors qu’ils s’étaient tous plus ou moins perdus de vue. La raison ? Jacques, un ancien de la bande, leur a fait parvenir de Bombay une cassette vidéo où, paraît-il, sont divulguées de bien mystérieuses vérités les concernant. Dernier geste d’un ami sincère ou funeste canular ? En attendant de comprendre, c’est pour chacun des personnages, le moment de se retrouver, de se révéler, d’apprendre à se connaître…

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Marie Marie-Paule Kumps
Lily Cécile Florin
Victoire Nathalie Willame
Jean-Jean Bernard Cogniaux
Bertrand Daniel Hanssens
Romain Philippe Vauchel
Mise en scène Patricia Houyoux
Décors Francesco Deleo
Costumes Fabienne Miessen

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

AMIS OU FAUX AMIS ?

Marc Fayet vit en bande. Celle qui naguère interpréta le Petit Jeu sans conséquence, et qui s’est vue couronnée du succès que l’on sait. Marc Fayet, aujourd’hui, commet sa première pièce. Lui, l’ami fidèle de la troupe de José Paul, de Gérard Loussine et des autres, a choisi d’écrire sur l’amitié. Inutile de dire qu’il connaît bien son sujet. Que sa générosité précieusement partagée le prédisposait naturellement à quelque apologie sur ce thème, à la mode d’un Montaigne ou d’un Cicéron !

Mais ne nous y trompons pas… La sublime et vertueuse amitié des vénérables anciens en sera pour ses frais. Car notre jeune auteur n’a pas la plume tendre. Son regard est vif; acéré et intelligent. Et drôle, pour ne rien gâcher.

L’amitié, dans Jacques a dit, est comme une vilaine grippe. Six malades en souffrent, qui sont réunis, après de longues années de séparation, par un septième – absent. Jacques, supposé vivre à Bombay, a invité les anciens de la bande du Val Fleuri à visionner une cassette vidéo promettant secrets et révélations ! Il y a Bertrand, alcoolique en sevrage, Marie, autoritaire, castratrice, Romain, en quête perpétuelle de personnalité, Jeanjean et Lili, mariés avec enfants, et Victoire, naïve et hypocondriaque. Six personnages de comédie, anxieux, tendus et mal disposés.

Ils ne verront jamais la cassette en question. Ils n’auront pas besoin de cela pour se révéler. Face aux mensonges longtemps tus qu’on promet de dévoiler, chacun, menacé, se prend au piège de coûteuses et sordides confessions; et les travers, les faiblesses et les ridicules se retrouvent mis à nu.

Les retrouvailles des « amis » virent alors au jeu de massacre. Les liens que l’on croyait inéluctablement tissés, hélas, n’ont guère résisté au temps et aux trajectoires singulières. C’est cruel, définitif, mais lucide. Le tout admirablement servi par des répliques mordantes et jubilatoires.

On connaissait le goût de Marc Fayet et de sa bande pour les comédies douces-amères où les trentenaires et les quadras font le point sur leur vie. Ici, le ton est tout aussi féroce et intransigeant. Et un peu cynique, au fond, sous les apparences légères d’une comédie moderne et délicieusement acerbe.

L’amitié ne sort pas grandie de ce grand déballage. Elle n’en est pas purifiée. Elle aurait pu être terrassée par les irrépressibles égoïsmes de chacun. Il y aurait eu, finalement, quelque noblesse à cela. Mais c’est pire, chez Marc Fayet : elle s’en accommode. Elle ne réclame pas d’absolu, seulement quelques simulacres. Quelques illusions éphémères, le temps d’un dîner, pour faire encore semblant. Alors peut-être n’y a-t-il pas d’amis, comme disait déjà Jules Renard, mais seulement des moments d’amitié…

L’ AUTEUR

Marc Fayet

Après une formation de comédien (conservatoire de Marseille et ENSATT), Marc Fayet commence en 1984 une carrière théâtrale qui le mène au café-théâtre d’abord (Nos désirs font désordre, Les Sacrés monstres), puis au théâtre avec le Théâtre régional des Pays de Loire de Patrick Pelloquet (Lucrèce Borgia de Victor Hugo, Les Trois Mousquetaires d’après Alexandre Dumas). Commence ensuite un long compagnonnage avec le Théâtre la Bruyère: Un coin d’azur de Jean Bouchaud, Accalmies passagères de Xavier Daugreilh, Pop Corn de Ben Elton, Itinéraires Bis de Xavier DauBreilh, Un petit jeu sans conséquence de Jean Dell et Gérald Sibleyras (il reçoit le Molière de la révélation masculine en 2003). Il joue aussi dans Un fil à la patte de Georges Feydeau (mise en scène d’Alain Sachs) ou L’Argent du beurre de Louis-Charles Sirjacq (mise en scène d’Étienne Bierry). Au cinéma et à la télévision, il travaille, entre autres, avec Marcel Bluwal, Jean-Pierre Vergne, Bertrand van Effenterre, ou Henri Helman.

Jacques a dit, montée au Petit Théâtre de Paris en septembre 2004, est sa première pièce.