de Robert Thomasdu 12 mars au 6 avril 2014

1961, dans une maison isolée, huit femmes se préparent à fêter Noël. Mais une découverte macabre bouleverse ce jour de fête…

Le maître de maison est retrouvé mort, un couteau dans le dos. Tout le monde est soupçonné. Au fur et à mesure de la pièce, on découvre que chacune de ces femmes aurait eu une raison de le tuer, mais laquelle l’a vraiment fait ? Et pourquoi ?

Commence alors une longue journée d’enquête, faite de disputes, de trahisons et de révélations.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Chanel Daniela Bisconti
Augustine Cécile Florin
Pierrette Valérie Lemaitre
Suzon Frédérique Massinon
Catherine Wendy Piette
Louise Sandra Raco
Mamy Louise Rocco
Gaby Isabelle Roelandt
Mise en scène Fabrice Gardin
Décors et Costumes Lionel Lesire
Assistant mise en scène Nicolas d’Oultremont
Création Lumières Félicien Van kriekinge
Décor sonore Laurent Beumier

QUELQUES PHOTOS

Photos : Isabelle De Beir / debeirisa@base.be – 0473/ 493424

POUR EN SAVOIR PLUS

Robert Thomas possède un ton original, il utilise un style soutenu, rapide, où les coups de théâtre et les renversements de situation se succèdent sans oublier une dose de comédie. Il a insufflé un esprit français dans le genre de la comédie policière, que l’on considérait jusqu’alors seulement réservée aux Anglo-Saxons. Il désirait divertir les spectateurs par une histoire, aussi solide que crédible, avec un dénouement hallucinant.

L’art de Robert Thomas, c’est non seulement de conduire une énigme policière avec une grande maestria, mais encore d’avoir trouvé un ton inattendu pour animer ses personnages. En effet, la pièce ne manque pas de clin d’œil au public et dans cette ambiance survoltée, tendue à l’excès, tout à coup un rire fuse, une réplique fait mouche.

Il faut s’amuser à avoir peur.

« Huit femmes » est un jeu de la vérité implacable entre les huit femmes d’une famille, menant leur enquête pour découvrir l’assassin du maître de maison, qui ne peut d’ailleurs être que l’une d’entre elles.

ROBERT THOMAS

Né à Gap en 1927, c’est vers 14 ans que Robert Thomas se découvre une passion pour le théâtre contemporain et lira en l’espace de trois ans toutes les pièces de théâtre publiées depuis 1900 !

Lorsqu’il quitte sa famille en 1947, il n’a qu’une idée en tête : jouer et écrire la comédie à Paris. Il connaîtra à cette époque trois années de misère, au régime chambre de bonne en guise de logement et café-crème pour tout repas. Il travaille en tant que télégraphiste afin de payer ses cours et sera figurant dans plus de 50 films. La nuit, il écrit. Le résultat sera une production de sept pièces, qui seront toutes refusées.

A la fin de son service militaire, il se présente auprès de Pierre Dux qui l’engage dans la pièce « Il faut marier maman » ; ce sera le début de sa carrière théâtrale en tant que comédien.

Deux de ses pièces seront crées à Nice (« Huit Femmes » et « Madame Trait d’Union ») vers la fin des années 50 mais le succès n’est pas de la partie. Pourtant, Robert Thomas tient bon et sa persévérance sera finalement récompensée grâce à sa 8ème pièce : « Piège pour un homme seul ». C’est Jacques Charon qui la remarque et elle fait un triomphe au théâtre des Bouffes-Parisiens. La pièce sera jouée 12.000 fois.

Le succès de cette pièce conforte Robert Thomas en tant qu’auteur dramatique ; désormais il écrira ce qui sera sa spécialité : des comédies policières. Après le « Piège », Thomas décide de réécrire « Huit Femmes », jeu de la vérité implacable entre les huit femmes d’une famille, menant leur enquête pour découvrir l’assassin du maître de maison, qui ne peut d’ailleurs être que l’une d’entre elles. La pièce fut récemment adaptée au cinéma par François Ozon.

En 1966, Robert Thomas a l’idée de réunir Jane Sourza et Raymond Souplex dans une pièce intitulée « La Perruche et le Poulet » ; ce sera un immense succès. Une autre pièce importante du répertoire de l’auteur est « Le Deuxième coup de feu », qui réunissait sur scène un couple mythique du théâtre, Jean Desailly et Simone Valère.

Il réalisa également quelques films : « La Bonne Soupe » de Félicien Marceau, « Patate » de Marcel Achard (interprétée par Pierre Dux), « Mon curé chez les nudistes » et « Mon curé chez les Thaïlandaises »…

De 1970 à 1989, Robert Thomas fut le directeur du Théâtre Édouard VII. Il mourut à Paris en janvier 1989 d’une crise cardiaque.

FABRICE GARDIN

Ma première lecture du texte de Robert Thomas a été de le prendre comme une pièce policière avec ce que ça comporte de mise en place, de recherche de déplacements étudiés, de fausses pistes à donner aux spectateurs… L’ambiance, c’est ce qui a de plus important dans un policier. Créer un suspens, faire en sorte que le spectateur fasse fonctionner ses petites cellules grises… Référence évidente à Agatha Christie, à ses huis-clos où le meurtrier fait partie du groupe de personnes enfermées. C’est captivant de mettre en place une enquête policière en la traitant comme un cluedo géant où les positionnements et les déplacements font partie d’un travail d’ensemble, presque chorégraphique.

Mais très vite, on se rend compte qu’il y a, chez Robert Thomas, une atmosphère particulière basée sur une très belle étude de caractères. Derrière l’intrigue, il y a la révélation des âmes et des comportements humains. Il nous donne à croquer huit merveilleux portraits de femme qui, dans leurs rivalités, se complètent. Elles vont se révéler petit à petit, chacune avec leur passé, leur nature, leurs faiblesses et leurs forces. Un travail passionnant réalisé avec les comédiennes qui a amené une réflexion légère et amusante sur la féminité, les rapports de classe, les rivalités et les relations familiales, thèmes très contemporains dans l’écriture de Thomas, qui en devient précurseur des Assous, Fayet et autre Zeller qui font les beaux jours du théâtre français d’aujourd’hui. On peut le dire maintenant, nous fumes surpris par la modernité de certains propos. Mais cela ne nous a pas empêché de garder ce charme du début des années 60. Par envie de cette époque, de ce moment où la femme ose / n’ose pas, hésite, voudrait mais… et puis, parce que les femmes étaient belles dans ces robes magnifiques. Si les femmes sont belles, les horreurs qu’elles se disent résonnent forcément autrement…

La distribution a été conçue pour que chacune vienne avec un bagage, qu’on sente au fur et à mesure que le personnage n’est pas aussi ‘clair’ qu’il pourrait y paraître au premier abord. Il y a de l’épaisseur dans ces personnages. Ce fut très intéressant de voir chacune s’approprier sa ‘femme’ et de chercher ensemble dans la liste des répliques données par l’auteur le chemin vers le personnage.

Un policier ne serait pas ce qu’il est, si on n’y créait pas un climat. C’est ce qu’on a voulu établir dans l’utilisation du décor qui réserve quelques surprises grâce à la vision particulière de l’enfermement proposée par Lionel Lesire. Un huis-clos sous la neige accentué par le travail sur les lumières de Félicien Van Kriekinge et le traitement du son de Laurent Beumier.

Et puis, on s’est bien amusé dans cette « comédie » policière où nous avons exploité à son maximum l’humour distillé par l’auteur à travers les situations, les bons mots et les phrases pertinentes. Nous espérons que vous prendrez du plaisir grâce à notre travail. Et que vous éviterez de crier le nom du coupable dans la rue…

LIONEL LESIRE

Pauvre Monsieur. Lui qui était si gentil. Vous pensez un couteau dans le dos !

Quand David Michels m’a proposé cette pièce je me suis réjoui de revenir dans cette belle maison qu’est le TRG et quand Fabrice Gardin m’a parlé de sa vision j’étais carrément fébrile à l’idée d’enfermer ces félines créatures dans les lambris d’une demeure bourgeoise.

Parce qu’il n’est jamais aussi délicieux de soupçonner quelqu’un que quand il est votre prochain.

Ah, scruter l’emploi du temps de sa sœur, de sa rivale, de sa patronne, de sa mère, de sa gouvernante !

Voici vingt ans cette année que je dessine des costumes, un peu plus que je conçois des décors et rarement je me suis autant amusé à jouer des perspectives, des lignes de fuites et des faux semblants. On croit à l’enfilade des couloirs et des chambres, ce ne sont que des chausse-trapes. On veut croire aux murs (vous savez ceux qui ont des oreilles), on voit au travers. Les portes ne s’ouvrent pas sur ce qu’on croit. Les escaliers vous perdent. Les tableaux et les miroirs inquiètent les vestibules. La maison, si familière, semble changer à vue d’œil.

Pourtant il neige dehors, pourtant il y a du feu dans la cheminée. C’est Noël.

Le grand salon-bibliothèque devrait être accueillant, quoiqu’un peu froid. Les belles boiseries françaises sont patinées à force de conventions provinciales. Et puis les affaires de Monsieur vont-elles si bien?

La porte d’entrée et celle de la chambre de Monsieur se font face. Elles s’ouvrent chacune sur une vision glaciale un parc enneigé et une scène de crime, on voit les portes à travers les murs, mais on ne voit pas à travers les portes. Au-delà les parquets, les tapis semblent assoupis… comme des somnambules.

Les belles s’activent à soupçonner, à écorcher, à esquiver, attention on a ôté la mouche des fleurets. Chaque touche est une plaie.

Dans ces années soixante, la télévision fait mal aux yeux, les téléphones ont des fils, il y a des bals le dimanche et… les femmes sont belles !

Oh oui, elles sont belles dans leurs taffetas de combat, dans leurs fourrures d’escroques et leur livrées retorses.

Belles à faire un peu peur. Belles comme avant. Belles comme toujours.

Pauvre monsieur. Lui qui était si gentil.

LES PERSONNAGES

Isabelle Roelandt / Gaby

La mère. Une belle femme de 45 ans, élégante, racée, la parfaite bourgeoise. Elle aime beaucoup son confort, un peu ses filles… et très peu son mari.

Valérie Lemaître / Pierrette

Une belle femme de 40 ans. De la croupe, de la mâchoire, du réflexe.

« Ancienne danseuses nue », disent ces dames… « Pure comme un lys et victime des hommes », dit Mme Chanel.

Frédérique Massinon / Suzon

La fille aînée, 20 ans, jolie, fraîche, charmante. Fait ses études en Angleterre, ce qui fait très chic… Elle cache un lourd secret…

Wendy Piette / Catherine

La fille cadette, 16 ans, espiègle, très « nouvelle vague », adore les romans policiers qu’elle lit la nuit… Le clown de la famille ! A ne pas présenter aux relations mondaines !

Insolente et paresseuse, fille chérie d’un papa qu’elle considère comme l’homme idéal.

Louise Rocco / Mamy

La grand-mère. Provinciale, dépassée par les évènements, songe à ses rentes, à son confort, s’est fait héberger dans la maison, adore sa famille (dit-elle).

Avare et un peu attirée par la boisson…

Cécile Florin / Augustine

Sœur de Gaby, physique acide. Se plaint de tout, toujours, à tout le monde. Elle a cherché en vain un mari qu’elle n’a pas trouvé. Elle fait payer cet échec à sa famille. Passe les fêtes de Noël avec plaisir car elle est gourmande. On peut ajouter : hypocondriaque et médisante.

Daniela Bisconti / Chanel

Charmante dame de 50 ans. Elle a élevé les enfants et fait presque partie de la famille. Elle doit connaître pas mal de petits secrets qu’elle ne dira jamais. Une brave femme… (Sans doute ?). Elle loge dans le pavillon de chasse.

Sandra Racco / Louise

La nouvelle femme de chambre. 25 ans. Belle fille, assez insolente et perverse… Ne se laisse pas marcher sur les pieds. De la dynamite.