De Pierre Palmade et Christophe DuthuronDu 21 mars au 15 avril 2012

Pour finir la saison, nous vous proposons une superbe rencontre entre deux femmes, Fugueuses de Pierre Palmade et Christophe Duthuron.

L’une fuit sa maison de retraite, l’autre sa famille. L’essentiel est de fuir. Ce point commun amène ces malaimées que tout oppose à faire du stop au même moment et au même endroit. D’abord concurrentes, elles vont peu à peu devenir des complices capables de tirer le meilleur parti de toutes leurs aventures. Entre fou rire et tendresse, la bonne humeur contagieuse de ces héroïnes nous emmène sur le chemin de la vie.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Claude Louise Rocco
Margot Marie-Hélène Remacle
Mise en scène David Michels
Décors Francesco Deleo
Costumes Fabienne Miessen

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Au bord d’une nationale, au beau milieu de la nuit, Margot fait du stop. Au bord d’une nationale, au beau milieu de la nuit, Claude fait aussi du stop. Le problème, c’est qu’il s’agit de la même nuit, de la même nationale, et que ni l’une ni l’autre n’a l’intention de céder sa ‘première’ place… Il ne leur reste qu’à la partager !

Margot et Claude sillonnent d’étranges endroits, mais aussi leurs vies, pour fuir, pour se fuir sans savoir vraiment ce qu’elles cherchent… et encore moins ce qu’elles vont trouver… des ennuis, sans doute ; l’aventure, peut-être…

D’une rencontre houleuse entre deux femmes de générations différentes mais poursuivant le même but, fuir un enfer pour trouver un idéal, va naître une amitié sincère et semée d’embûches.

Un duo comique explosif !

Le texte de Pierre Palmade et Christophe Duthuron est un véritable tour de force car il est drôle tout en abordant des sujets aussi graves que la vieillesse, la solitude ou l’abandon. Mais ce n’est pas tout, les répliques clairvoyantes de Claude et de Margot, les deux héroïnes, font mouche à tous les coups, elles parviennent à rendre crédible l’improbable rencontre de ces deux fugueuses sur la même nationale, le même jour, à la même heure. Du coup, on accepte de jouer le jeu : on « marche » avec elles, on s’amuse quand elles s’amusent, on s’attendrit quand elles s’attendrissent. On a envie de les suivre tout simplement jusqu’au bout de la route parce que les rires, les sourires et l’amitié taquine sont très présents et vont même crescendo tout au long des dix scènes qui composent la pièce.

LES AUTEURS

Pierre Palmade

Pierre Palmade naît à Bordeaux le 23 mars 1968 d’un père médecin et d’une mère professeur d’anglais. Il est élevé loin du monde du spectacle et se dirige d’abord vers des études commerciales. Il abandonne pourtant sa préparation à HEC en 1987 pour tenter sa chance en tant que comédien à Paris. Cette même année, à l’âge de 19 ans, il fait sa première apparition télé dans l’émission de France 3, La Classe, un tremplin où il fera dès lors plusieurs prestations.

Dans La Classe, Pierre Palmade rencontre les compagnons qui le suivront durant toute sa carrière, comme Michèle Laroque et Jean-Marie Bigard. Un an plus tard, il croise également le chemin de l’humoriste Muriel Robin qui devient tout de suite sa grande complice. Il écrira pour elle plusieurs one-man show et c’est aussi cette dernière qui interprétera, la première, le rôle de Margot dans sa pièce Fugueuses.

En 1989, il joue dans son premier one man show intitulé Ma mère aime beaucoup ce que je fais au Théâtre du Point Virgule. Il est mis en scène par Sylvie Joly, avec qui il a déjà l’habitude de travailler. En 1991, le jeune homme de seulement 22 ans crée la pièce Pièce Montée pour Jacqueline Maillan, qu’il admire.

Une fois sa carrière lancée, Pierre Palmade combine sa vie d’auteur et sa vie d’artiste comique en balançant entre le théâtre, la télévision et le cinéma. Il continue de jouer dans ses one man show (comme Passez me voir à l’occasion, 1992 ou encore Mon spectacle s’appelle revient, 1995) ainsi que d’écrire pour la scène (Ma sœur est un chic type, 1993) et pour le cinéma (il écrit le scénario de Oui de Alexandre Jardin en 1996).

En 1995, il est dialoguiste pour le film Pédale Douce de Gabriel Aghion. C’est pendant ce tournage que Pierre découvre les véritables talents d’actrice de son amie Michèle Laroque avec qui il formera par la suite un duo à succès dans deux spectacles coécrits avec son éternelle acolyte Muriel Robin (Ils s’aiment, 1996 et Ils se sont aimés, 2001).

En parallèle, Pierre continue sa carrière d’acteur au cinéma dans plusieurs films. On se souvient de lui, entre autre, comme le fiston de Pierre Richard dans le film On peut toujours rêver en 1991 et dans le rôle du barde casse-bonbons Assurancetourix dans l’adaptation cinématographie des aventures de Astérix et Obélix en 1999.

En 2005, Pierre Palmade participe à l’émission de télévision Rendez-vous en terre inconnue qui l’emmène à la rencontre du peuple touareg. L’artiste définit ce moment comme un tournant décisif de sa vie et décide de rompre avec ses habitudes un peu trop festives. La même année, il met en scène deux jeunes acteurs (Brice Hillair et Cédric Cizaire) dans Ils jouent Palmade. De 2005 à 2006 il est le partenaire d’Isabelle Mergault dans la pièce Si c’était à refaire de Laurent Ruquier.

En 2006, il collabore pour la première fois avec Christophe Duthuron avec qui il écrit, à la demande de Pierre Richard, la pièce Père et fils que les deux Pierre interprètent ensemble jusqu’en 2008. Palmade et Duthuron se retrouve en 2007 pour écrire Fugueuses où jouent Muriel Robin et la pétillante Line Renaud. Le 9 octobre 2008, Palmade fait sa grande rentrée sur les planches avec Le Comique, pièce dont il est l’auteur et qu’il interprète avec sa troupe de jeunes comédiens. Dans ce spectacle mis en scène par Alex Lutz , il évoque de manière assez autobiographique, mais avec toute la dérision qu’on lui connaît, son ancienne vie de fêtard.

En 2010, il écrit et joue dans un divertissement diffusé sur France 2, Le Grand Restaurant, dont le deuxième numéro est diffusé sur la même chaîne en avril 2011. Entre temps il revient seul en scène avec un sixième one-man show intitulé J’ai jamais été aussi vieux ! Et son appétit de la scène ne s’arrête pas là ! Il enchaîne à partir du 28 janvier 2011 une nouvelle comédie de et avec Isabelle Mergault, L’Amour sur un plateau au Théâtre de la Porte St Martin à Paris…

On n’oubliera pas de mentionner également le rôle actif de Pierre Palmade au sein des Enfoirés pour l’association de Coluche « Les Restos du Cœur ».

Il est nommé Chevalier de l’Ordre National du Mérite en 2008.

Christophe Duthuron

Christophe Duthuron est né en 1973. Après une licence de lettres, il suit les cours de Marianne Valéry et débute sa carrière en tant que comédien. Il monte en Lot et Garonne sa propre compagnie de théâtre, « Les inutiles », qu’il codirige de 1994 à 2000. La compagnie lui permet de jouer une vingtaine de pièces du répertoire (Hugo, Daudet, Guitry, Feydeau…) ou contemporaines (Mrozeck, Buzzati, Kobelli, Valery,…). Il interprète aussi quelques rôles au cinéma, notamment sous la direction d’Alain Minier (Oui papa, court métrage – 1993), de Pierre Richard (Droit dans le mur, 1997) et de Jean-Marc Peyreffite (The Passenger, court métrage, 2001).

Christophe Duthuron n’abandonne pas ses dons littéraires pour autant et poursuit un travail d’écriture en créant diverses pièces. Son répertoire d’auteur compte les spectacles Zavan toutes – 1993, Saint Isidore la gracieuse – 1994, – Les Inutiles – 1995, Sans danger pour la France – 1996, Mon papa – 1997, Zavan toutes seules – 1997, Comédies en un acte – 1998, Le Bonheur – 1999 et Tous des guignols – 2001.

En 2000, il intègre l’équipe d’Un Gars et Une Fille avec Jean Dujardin et Alexandra Lamy jusqu’en 2003 où la série obtient le 7 d’or de l’émission d’humour. En 2001, il commence également une collaboration avec l’humoriste Nicolas Canteloup. Il met en scène la pièce de Canteloup Scène d’entreprise en 2001 et, un an plus tard, il écrit pour lui la pièce Méfiez vous des imitations. Leur travail commun les mènera des entrepôts désaffectés de Ruffec jusqu’au Palais des Glaces en passant par le Trévise, l’Olympia, le Casino de Paris ou encore l’émission « Vivement Dimanche » de Michel Drucker sur France 2.

Christophe Duthuron continue de travailler pour la télévision, par exemple pour l’émission Fallait Pas de Michel Muller sur Canal +, ainsi qu’aux côtés de Patrick Sebastien devant la caméra mais aussi à l’écriture de l’émission de divertissement Intimes Convictions.

Au fil des années, il collabore à plusieurs reprises avec son ami l’acteur Pierre Richard. Ensemble, ils écrivent Pierre Richard au pays des soviets en 2001, Détournement de Mémoire en 2003 et Franchise postale en 2009. En 2006, Pierre Richard joue le père de Pierre Palmade dans la pièce Père et Fils. Un spectacle mis en scène et écrit (avec Palmade) par Christophe Duthuron.

Il travaille de nouveau avec Palmade sur Fugueuses en 2007. Retransmise en direct sur France 2 lors de sa dernière représentation au Théâtres des Variétés de Paris, Fugueuses connaît le plus grand record d’audience de l’histoire de la télévision française pour la diffusion d’une pièce de théâtre. Christophe Duthuron et Michel Boujenah travaillent ensemble à l’adaptation cinématographie du spectacle.

L’énorme succès rencontré avec Fugueuses poussera peut-être Christophe Duthuron et Pierre Palmade à entreprendre d’autres projets. Christophe semble en tout cas apprécier son partenaire puisqu’il a déclaré à son propos : « Je lui reconnais du génie. Il y a une telle évidence, une telle fluidité dans son travail ! Quand un mot ou une phrase lui résiste, il se jette, il recommence, jusqu’à ce qu’il atteigne l’évidence. Nous aspirons tous à une telle maîtrise. Lui, il y arrive ».

Affaire à suivre…

INTERVIEW

DAVID MICHELS

 Louise Rocco et Marie-Hélène Remacle dans les rôles de Claude et Margot. Était-ce pour vous une évidence ?

Oui ! Ce sont deux actrices qui ont des tempéraments qui correspondent bien aux personnages. Dans le rôle de celle qui est plus âgée et qui quitte sa maison de repos, on imagine évidemment une dame qui a plus ou moins l’âge du rôle, mais qui a aussi une énergie, une pétillance, une foi en la vie… Et c’est tout à fait le caractère de Louise Rocco ! Loulou est comme ça à la ville ! C’est quelqu’un de terriblement positif, de dynamique, et d’enthousiaste qui a beaucoup de fantaisie. Ce qui s’accorde parfaitement avec le personnage de Claude.

Pour ce qui est de Margot, j’ai tout de suite pensé à Marie-Hélène. Elle a une nature comique évidente, ce qui est très important pour ce rôle. Elle peut jouer beaucoup de choses. Elle a une force qui correspond bien au personnage. Mais Margot possède aussi une fragilité que Marie-Hélène a également dans la vie. Voilà pourquoi je trouvais que ces deux comédiennes s’imposaient dans ces rôles. Et d’ailleurs je ne suis pas le seul ! Il y a un autre producteur qui était intéressé par le spectacle – mais nous avons eu les droits avant lui – qui m’a confié qu’il avait exactement la même idée de distribution !

 Quelle est la facette de Fugueuses qui vous a le plus touché ?

C’est ce côté « je transmets le flambeau de la vie, l’énergie de la vie ». Ce que j’aime particulièrement dans la pièce de Pierre Palmade et Christophe Duthuron, ce sont les échanges et la notion de respect de l’autre. Au début de la pièce, on a deux personnages qui sont en conflit : elles ne se connaissent pas, elles ne sont pas amenées à se connaître, elles n’ont rien en commun… Au départ, elles ne s’aiment pas ! Et puis, elles vont faire un très beau parcours ensemble… Je dirais donc que ce qui me plait, c’est l’idée d’apprendre à connaître l’autre.

 La mise en scène de Fugueuses est très cinématographique (incluant musique, projection, etc.). Qu’est ce que cela apporte à la pièce ?

Il y a beaucoup de lieux différents dans la composition du spectacle et l’utilisation des projections permet de les symboliser. Cela apporte aussi une touche de modernité. Je trouvais cette idée très intéressante dans la mise en scène du spectacle à Paris, et elle m’a forcément inspiré dans ma conception… En plus, la pièce s’y prête vraiment très bien, elle est écrite sur ce principe.

 Quelle est la petite touche personnelle que vous avez tenté d’apporter au spectacle ?

Je n’ai pas la prétention de vouloir apporter une touche personnelle. Quand je mets en scène, je ne me dis pas que je ferai mieux que les autres… Au contraire, j’essaye plutôt d’être très fidèle à ce que l’auteur a voulu, ou à ce que je crois qu’il a voulu. Je tente de restituer cela avant de mettre en avant mes éventuelles touches personnelles.

 C’est la première fois que vous mettez en scène une pièce avec si peu d’acteurs. Comment abordez-vous cette situation ?

Cela va me changer ! Je travaille généralement avec de grosses distributions. Je me souviens de La Présidente où ils étaient dix-neuf. Quand je mets Le Mariage de Mademoiselle Beulemans en scène ils sont quatorze et dans La Revue ils sont douze… J’ai déjà abordé des distributions plus restreintes avec Le Squat (Saison 2002-2003) ou Le Jeu de la Vérité de Philippe Lellouche (Saison 2007-2008)… J’ai commencé par dix-neuf, puis ils étaient quatorze, puis ils étaient douze, puis ils étaient six, puis quatre… et ils ne sont plus que deux maintenant ! On peut dire que je diminue au fil du temps… J’espère que je ne vais pas continuer dans cette voie là, sinon il y aura plus de travail pour les comédiens !

Ce que j’espère surtout de Fugueuses c’est provoquer une très belle rencontre. J’ai la chance de très bien connaître Marie-Hélène et Louise. Je me réjouis de les faire travailler ensemble, car je crois qu’il y a entre nous une confiance réciproque qui nous permettra d’aller vite dans un travail très intimiste.

 

 

LOUISE ROCCO

 Fugueuses est la 125ème pièce que vous interprétez au Théâtre des Galeries ! Quel effet cela vous fait-il ?

Aaaaaah !? Vous en savez plus que moi ! Et bien j’espère que ce ne sera pas la dernière, et puis voilà !

 Avez-vous toujours le trac ? Comment cela se répercute-t-il sur votre travail ?

Ah oui, bien sûr ! Je pense que le trac fait partie intégrante du métier d’acteur. Évidemment, j’espère qu’il ne se répercute pas de façon visible sur la scène… J’espère que c’est un bon trac ! Vous avez des tracs qui paralysent… En principe quand on débute, on a un trac paralysant. On n’a plus de salive, on n’a plus rien… c’est l’horreur ! Et puis, plus un acteur évolue dans sa carrière, plus son trac change, et il vous booste plutôt !

 Avez-vous un souvenir particulier avec le metteur en scène David Michels ?

Je n’ai pas de souvenir particulier… Mais j’aime bien travailler avec lui ! C’est vrai que ce n’est pas la première fois que je joue dans une pièce mise en scène par David. J’ai joué dans le premier spectacle qu’il a monté au Théâtre des Galeries, c’était La Présidente (Saison 99/2000). Je me souviens que j’avais été secouée par la rapidité avec laquelle il mettait en scène… Mais depuis, il s’est calmé, et c’est très chouette de travailler avec lui !

 Vous identifiez vous au personnage de Claude ?

Ah oui, absolument ! Tout d’abord parce qu’on a le même âge ! Claude fugue d’une maison de retraite où elle a été placée par son fils qui ne veut pas s’occuper d’elle. Elle n’a plus envie de voir des vieux, elle a envie de vivre l’aventure ! Oui, je me sens vraiment très concernée par ce personnage !

 Pourriez-vous décrire le personnage de Margot, votre partenaire, en quelques mots ?

Margot est une mère au foyer qui vient de fêter les 18 ans de sa fille unique. Elle l’a élevée, elle a fait tout son parcours avec elle… et c’est au moment de l’anniversaire de sa fille que Margot réalise qu’elle n’a plus rien à attendre de sa vie. Son mari lui est un peu indifférent, cela n’a jamais été le grand amour entre eux. Et donc cette femme décide de fuguer parce qu’elle veut vivre ! Ou du moins découvrir autre chose que son petit ménage « merdique »… Elles tombent l’une sur l’autre parce qu’elles font du stop ensemble. Et ce qui aurait pu se passer très mal, car au début elles ne s’apprécient pas et ne cesse de s’envoyer des vannes, s’arrange par la suite de la pièce et elles deviennent amies.

 L’idée de fuguer vous est-elle déjà passée par la tête ?

Cela dépend où on se trouve. Je sais que j’ai déjà eu envie de foutre le camp, mais cela dépend d’un lieu bien spécifique. Mais vraiment fuguer, partir sans laisser de nouvelles à personne… non ! Je ne me suis jamais retrouvée dans cette position-là, heureusement… C’est parce qu’en principe, je ne suis pas vraiment forcée de faire des choses… je fais un peu ce que je veux !

C’est vrai que quand j’étais toute jeune, je suis partie seule à Paris. A cette époque-là, je m’étais dit qu’on ne pouvait devenir comédienne que quand on était passée par là. Ce qui était complètement idiot ! J’ai été crever la dalle à Paris, et cela ne m’a pas apporté grand chose au niveau de ma carrière. J’ai suivi quelques cours et j’ai fait quelques petites figurations dans des films, notamment un film de Godard, mais c’est tout… Je n’y ai pas appris le théâtre ! J’habitais dans une petite chambre de bonne, je n’avais pas de pognon, c’était la cata ! J’ai appris à faire des tas de choses pour me démerder… j’ai décapsulé des bouteilles dans un snack bar… Mais une chose est certaine, ce séjour m’a appris à vivre ! Et ça, c’est très important !

 

 

M-H. REMACLE

 Est-ce la première fois que vous jouez avec Louise Rocco ?

Non, j’ai déjà joué aux Galeries avec Louise à plusieurs reprises. Dans A chacun sa vérité de Pirandello (Saison 2004-2005), Un vrai bonheur de Didier Caron (Saison 2005-2006), Si c’était à refaire de Laurent Ruquier (Saison 2007-2008),…

L’alchimie passe vraiment très bien entre nous, ce qui est vraiment très important pour cette pièce, étant donné que nous jouons le rôle de deux femmes qui vont devenir extrêmement complices !

 Le rôle de Margot est-il un rôle de composition ?

On compose toujours un peu quand on fait un rôle. On prend un personnage et on le fait sien, en se basant sur ce qu’on connaît de la vie pour l’interpréter… Je pense que je pourrais, comme Margot, m’enfuir et tout laisse tomber du jour au lendemain. Mais je ne laisserai jamais mes enfants derrière, ça jamais !

 Pourriez-vous définir la relation qui s’installe entre Claude et Margot ?

Je pense que c’est plutôt une relation mère/fille qui s’installe entre elles. Il y a tout un enseignement qui se fait au long du chemin. Ce n’est pas anodin si leurs aventures commencent sur une route déserte et se terminent vers une route qui est, au contraire, une ouverture… C’est d’ailleurs assez amusant car, dans la pièce, Claude et Margot cherchent la liberté et finissent prisonnières, pour de nouveau se libérer.

 Quel est le tableau que vous avez le plus de plaisir ou d’émotion à jouer ?

Personnellement, je préfère souvent jouer le tableau final d’une pièce, et c’est aussi le cas pour Fugueuses. Le moment où Margot revient chercher Claude. Je crois que c’est cette scène finale qui me touche le plus.

 Pouvez-vous définir le personnage de Claude en quelques mots ?

C’est une femme qui a pris la vie à pleine main, qui en a bien profité… et ce n’est certainement pas une femme qui mérite de finir à l’hospice des Glaïeuls ! Claude est un peu comme Dalida dans Moi je veux mourir sur scène. C’est la vie, quoi ! C’est vraiment ça… C’est un personnage qui est haut en couleur, certes, mais surtout qui aime vivre et qui enseigne cet amour de la vie à Margot

 Avez-vous déjà eu une amitié complètement inattendue, comme celle de Margot et Claude ?

Oui évidemment, et c’est souvent les plus belles amitiés d’ailleurs ! C’est souvent quand on rencontre son contraire, quelqu’un qui vous met en face de vous et qui vous secoue, que ça apporte le plus !

 

 

FRANCESCO DELEO

 Cela fait des années que vous réalisez des décors pour le Théâtre des Galeries. Avez-vous un décor qui vous tient particulièrement à cœur ?

Il y en a plus d’un ! Je pense que la clé de la réussite d’un spectacle, c’est lorsqu’il existe une harmonie entre le décorateur, le metteur en scène et les comédiens. Cette harmonie essentielle, je l’ai retrouvée dans plusieurs pièces comme dans La Chatte sur un toit brûlant (Saison 2001-2002), où encore dans Amen (Saison 2011-2012)…

Mais si je dois choisir un décor qui me tient particulièrement à cœur je dirais que c’est celui de la pièce de Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien (Saison 2000-2001). Je garde un très bon souvenir de ma collaboration avec le metteur en scène, Jean Hayet. Le contact est directement passé entre nous et nous avions la même idée de départ, ce qui nous a permis d’aller assez loin dans le décor !

Je pense qu’actuellement, le problème dans la réalisation des décors, c’est que l’on a toujours tendance à faire du modernisme pour du modernisme et cela devient finalement ce que j’appelle « des décors d’ordinateur ». Dans Beaucoup de bruit pour rien, on a voulu servir Shakespeare avec une connotation actuelle. C’est à dire en respectant les lieux et en respectant la volonté de l’auteur mais en s’adaptant bien sur aux goûts d’aujourd’hui et en utilisant les moyens d’aujourd’hui… car il faut quand même être un petit peu de son temps ! Je trouve que le décor était une très belle réussite, qui incluait tout ce dont la pièce avait besoin… Les comédiens s’y sentaient aussi très bien, ce qui est important. Je peux vous dire tout ça car on m’a souvent répété par après que le spectacle avait été très apprécié par la critique, par la presse et par le public !

 Vous êtes un grand amateur d’opéra. Votre passion vous a-t-elle influencé dans la création du décor de Fugueuses ?

Oui, certainement ! Il faut savoir que je travaille toujours en écoutant de la musique. Mes choix musicaux varient évidemment selon ma sensibilité du moment, mais ils influencent immanquablement mon travail de création.

Fugueuses est, en plus, un cas un peu particulier parce que tout comme dans les pièces d’opéra, c’est un spectacle qui demande beaucoup de changement rapides et visuels. C’est un exercice qui me plaît car j’aime beaucoup les changements de décor à vue. C’est un peu comme regarder un ballet….

 Comment s’y prendre pour créer un décor rapidement interchangeable mais qui reste esthétique et complet ?

Cela dépend énormément de la mise en scène. Quand on a un décor comme celui de Fugueuses qui demande beaucoup de transitions, c’est la mise en scène qui dicte quand, comment et pourquoi le décor va changer, si cela sera à vue ou pas, s’il y aura un entracte ou non… Tout cela est très important.

Comme je l’ai dis, le spectacle est un peu comme un ballet… Il doit être rythmé et orchestré dès son départ en suivant l’idée du metteur en scène. En tant que décorateur, je prends ensuite toutes ces idées et je les mets par écrit. C’est en voyant les idées couchées sur papier que je commence tout doucement à les réorganiser, à y déceler un rythme, comme dans une partition. Ensuite, c’est un peu comparable à un engrenage : on fait un élément, puis un deuxième… et puis on s’aperçoit qu’il y a un point commun, un point d’accroche possible entre les deux. C’est cette facette que l’on va développer et tout fini alors par s’emboîter l’un dans l’autre ! Les changements de décor deviennent logiques.

Quant à l’esthétique, je pense qu’elle est propre à tout décorateur. Mais il faut aussi évidemment respecter l’esthétique que le metteur en scène veut donner à sa pièce, car c’est lui qui donne la voie. Certains donnent la liberté totale au décorateur et d’autres ont rêvé leur pièce avec une esthétique bien précise : des couleurs, des lignes, des formes, une dynamique… Cela passe par beaucoup de chose, mais pour une raison particulière le metteur en scène décide de s’orienter vers une direction et pas une autre.

 Quel est le tableau du spectacle que vous avez eu le plus de plaisir à réaliser ?

Il y a une scène que j’aime beaucoup, c’est celle de la villa ! C’est un tableau qui me plaît car il est assez complet… mais c’est peut être un choix que je fais un peu par habitude, car je fais beaucoup ce style de décors… Je pense plutôt que la scène qui m’a vraiment inspirée et orientée, c’est la scène de la forêt.

Je ne sais pas vraiment pourquoi… mais je la trouve très poétique, il y a une sensibilité qui passe à travers ce tableau. Et puis, c’est romanesque de voir deux dames qui se rencontrent dans des circonstances un peu particulières et qui, comme par hasard, se retrouvent dans une forêt et commence une séries d’aventures inconnues… Fugueuses est un petit conte de fée !