De Michel LenglineyDu 23 avril au 18 mai 2008

Sainte-Beuve, personnage disgracieux et quelque peu désabusé, rêve d’égaler, voire de dépasser les auteurs qu’il critique. Ecrivain constamment en proie aux fantasmes et aux doutes, il jalouse l’éclatante réussite littéraire de Victor Hugo tout en étant fasciné par l’écrivain de génie.

Il éprouve en outre une folle passion amoureuse pour Adèle Hugo, inaccessible et discrète, soumise aux exigences extravagantes de son mari. Il tente maladroitement de ravir son cœur. Or, s’obstiner à séduire la femme d’un génie quand on n’a ni la beauté ni le talent cela vous met dans un état… critique.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Sainte-Beuve, écrivain et critique littéraire Philippe Vauchel
Adèle, femme de Victor Hugo Isabelle Paternotte
Augustine, mère de Sainte-Beuve Louise Rocco
Juliette Drouet, maîtresse de Victor Hugo Delphine Dessambre
Adrienne, servante chez les Hugo Karine Rochat
Églantine, servante chez les Hugo Erika Sainte
Mise en scène Adrian Brine
Décors et costumes Thierry Bosquet

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Sainte-Beuve, écrivain constamment en proie aux fantasmes et aux doutes, jalouse l’éclatante réussite littéraire de Victor Hugo tout en étant fasciné par l’écrivain de génie. Il fait la connaissance d’Adèle, l’épouse d’Hugo, inaccessible et discrète, soumise aux exigences extravagantes de son mari et dont il tente maladroitement de ravir le cœur. L’occasion d’infliger à cet auguste rival son plus sévère camouflet ? Émotions et rire assurés.

Observez-le bien ce petit homme… Et surtout ne le moquez pas. Car il est susceptible. Très susceptible ! Il faut dire qu’il a des excuses… On dit qu’il est laid : il ne dément pas. Dépressif, de santé délicate, sans charme : il en rajoute. Il vit chez sa mère… À son âge ! Jamais il n’a su regarder une femme en face, alors il court les amours tarifiés. Il aurait voulu être un grand poète mais à peine est-il un poète moyen. Mais un jour…

Un jour, il rencontre la femme d’un écrivain de génie. Et soudain, la jalousie littéraire va lui donner des ailes. Le métamorphoser. Cette femme est belle, lumineuse, inaccessible… Qu’importe ! Il va l’entreprendre, la visiter sans relâche, la harceler, la séduire avec une infinie patience. Essayer de s’approprier une parcelle du génie de l’autre en lui volants a femme…

Méfiez-vous des petits hommes sans grâce, susceptibles et dépressifs. Ils recèlent parfois en eux des tours secrets qui peuvent ensorceler. Ce petit homme, dans un état critique, c’est Sainte-Beuve. Cette femme lumineuse, inaccessible, c’est Adèle Hugo. Femme de Victor… Et ces gens qui vont rire de cette quête, c’est nous.

L’ AUTEUR

Michel Lengliney

 

Après un passage à Télérama comme journaliste, Michel Lengliney décide très vite de se consacrer à l’écriture théâtrale. Créations à Paris de ‘Silence, on aime’ au Théâtre des Bouffes Parisiens avec Sabine Azéma, ‘La Pattemouille’ au Théâtre de la Michodière avec Michel Galabru, ‘Les pieds dans l’eau’ au Théâtre de la Madeleine avec Simone Valère et Jean Desailly. Il signe aussi plusieurs séries pour la télévision et réalise, pour le cinéma, ‘Voyage à Rome’ avec Suzanne Flon, Gérard Jugnot et François Périer.

« Un jour, l’idée me vint de m’inviter chez les Hugo. Comme ça, histoire d’exalter un peu mon quotidien ! Et en frappant chez les Hugo, alors que je pense n’être fasciné que par le génie, très vite un homme petit et laid s’impose à moi. Il est craquant de maladresse, il rosit pour un compliment, il s’emporte pour une broutille, il déprime pour un espoir refusé. Il s’appelle Charles-Augustin Sainte- Beuve…

D’entrée, je sens que tous les ingrédients sont là pour faire vivre un vrai personnage de théâtre. La situation est en or : Sainte-Beuve vénère Hugo tout en étant fou de sa femme. Terrible dilemme pour un homme rongé par l’incertitude, dévoré par les complexes et la mésestime de lui-même. Et pendant la quête amoureuse, la jalousie qui s’installe, sournoise, insidieuse. Il faut dire que la barque de Sainte-Beuve est bien chargée : il a la disgrâce, Hugo a la beauté. Et puis cet orgueil extravagant, ce charisme gargantuesque de Hugo qui ont de quoi l’horripiler ! « Je veux être Chateaubriand ou rien ! » Légion d’Honneur à 23 ans !

Comment parvient-il à se situer; Sainte-Beuve, par rapport à cette notoriété tapageuse, tout occupé qu’il est à tenter de ravir maladroitement le cœur d’Adèle, femme de Victor ? Et puis surtout, Sainte-Beuve rêve d’écrire mais il peine laborieusement sur le papier alors que Hugo boucle « Ruy Blas » en un mois ou mieux, « Lucrèce Borgia » en 12 jours… Ahurissant quand on a la plume économe ! Jaloux, Sainte-Beuve ? Oh, oui ! Mais plus je le découvre, plus je l’excuse. Il y a de l’éternel second chez ce Salieri de la littérature. Circonstances atténuantes pour un homme oublié des manuels qui soudain devient un rêve d’auteur…

Alors je me lance, et je lui donne vie. Balayés les vagues souvenirs scolaires d’un poète moyen doublé d’un critique brillant. Seul, l’homme m’importe. Il me touche alors ‘on’ familiarise ensemble. Et forcément je prends quelque distance avec lui. La liberté narrative prend parfois le pas sur la vérité historique. Normal : le personnage est riche et ambigu ! Et puis quand on aime, on mystifie toujours un peu…

Pendant l’écriture, pour me conforter; je pense à ces reproches souvent faits à Dumas à propos de ses pièces et romans historiques : « Monsieur; vous violez l’histoire ! » Et Dumas de répondre : « Oui mais je lui fais de si beaux enfants ! » Je ne sais pas si j’ai fait un bel enfant. Ce dont je suis sûr; c’est que j’ai aimé Sainte-Beuve… »