D'Albert CamusDu 2 au 27 novembre 2005

Après le décès de sa sœur adorée Drusilla, l’empereur romain Caligula sombre dans une crise existentielle. Il oscille continuellement entre deux extrêmes : la nostalgie d’un amour perdu et l’inexorable conviction de la vanité de l’existence. Cette conviction devient une conduite de vie. Il jette toutes les règles de morale par-dessus bord et, de souverain populaire, devient un tyran impitoyable. Il tue, viole, torture, dépouille et terrorise son entourage et détruit tous ceux qui l’aiment.

Il veut devenir un dieu, il veut décrocher la lune. Il recherche désespérément le repos, une façon de calmer la tempête qui fait rage dans sa tête. Mais personne ne peut le protéger contre lui-même, car il a le pouvoir absolu.

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Caligula Benoît Verhaert
Caesonia Véronique Biefnot
Hélicon Jean-Marie Petiniot
Scipion Gauthier Jansen
Cherea Yves Claessens
Senectus, le vieux patricien Jean Hayet
Metellus, patricien Olivier Cuvellier
Lepidus, patricien Michel Poncelet
Octavius, patricien Mar De Roy
Patricius, l’intendant Romain Barbieux
Mereia Philippe Martin
Mucius Michel Hinderyckx
Femme de Mucius Delphine Dessambre
Mise en scène Jean-Claude Idée
Décors et costumes Thierry Bosquet

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Mais qui oserait me condamner dans ce monde sans juge où personne n’est innocent !

Ange en quête d’absolu ? Monstre sanguinaire ? Avant la guerre, Albert Camus conçoit Caligula, ainsi que Sisyphe ou Meursault (L’Étranger), comme un héros de l’Absurde. En 1945, la pièce est reçue comme une fable sur les horreurs du nazisme. Ses versions et ses mises en scène successives, l’évolution de la sensibilité du public ont contribué à faire de Caligula une des figures les plus troublantes de notre théâtre.

À l’image du tyran se superpose le visage d’Albert Camus qui mêla toujours au besoin de tendresse et à l’exigence de pureté une étrange « fixation au meurtre » et « cette violence intérieure » (Jean Grenier) qui anime son empereur romain.

Camus nous dit à propos de Caligula : « Caligula, prince relativement aimable jusque là, s’aperçoit à la mort de Drusilla, sa sœur et sa maîtresse, que le monde tel qu’il va n’est pas satisfaisant. Dès lors, obsédé d’impossible, empoisonné de mépris et d’horreur, il tente d’exercer, par le meurtre et la perversion systématique de toutes les valeurs, une liberté dont il découvrira pour finir qu’elle n’est pas la bonne. Il récuse l’amitié et l’amour, la simple solidarité humaine, le bien et le mal. Il prend au mot ceux qui l’entourent, il les force à la logique, il nivelle tout autour de lui par la force de son refus et par la rage de destruction où l’entraîne sa passion de vivre.

Mais, si sa vérité est de se révolter contre le destin, son erreur est de nier les hommes. On ne peut tout détruire sans se détruire soi-même. C’est pourquoi Caligula dépeuple le monde autour de lui et, fidèle à sa logique, fait ce qu’il faut pour armer contre lui ceux qui finiront par le tuer. Caligula est l’histoire d’un suicide supérieur. C’est l’histoire de la plus humaine et de la plus tragique des erreurs. Infidèle à l’homme, par fidélité à lui-même, Caligula consent à mourir pour avoir compris qu’aucun être ne peut se sauver tout seul et qu’on ne peut être libre contre les autres hommes.

L’ AUTEUR

Albert Camus

 

 

Écrivain français, romancier, auteur de pièces de théâtre, journaliste. Albert Camus n’a pas connu son père et a passé son enfance avec sa mère en Algérie. Sa santé (tuberculose) ne lui permet pas d’accéder à une carrière universitaire. Après une licence de philosophie, il devient journaliste engagé (parti communiste et Alger-Républicain), puis fut résistant. D’une courte adhésion au parti communiste, il retira une méfiance de l’endoctrinement et la certitude que la stratégie politique ne devait jamais prendre le pas sur la morale. En 1943, il rencontra Jean-Paul Sartre et travailla au journal « Combat ».

Albert Camus élabora une philosophie existentialiste de l’absurde résultant du constat de l’absence de Dieu et de sens à la vie. La prise de conscience de cette absurdité doit être considéré comme une victoire de la lucidité qui permet de mieux assumer l’existence en vivant dans le réel pour conquérir sa liberté. L’homme peut dépasser cette absurdité par la révolte contre sa condition et contre l’injustice.

Albert Camus mit à profit son talent d’écrivain pour diffuser sa philosophie en adaptant la forme au sujet. Le roman symbolique et l’œuvre théâtrale fut utilisé comme moyens d’expression pour les idées et les doutes. L’auteur de « La Chute » se tourna vers un humanisme sceptique et lucide pour lequel il convient avant tout d’être juste. Il fut prix Nobel de littérature en 1957 et mourut dans un accident de voiture.

Quleques répliques de « Caligula »

Aimer : « Aimer un être c’est accepter de vieillir avec lui. »

Culpabilité : « Caligula ! Toi aussi, toi aussi tu es coupable. Alors n’est-ce pas, un peu plus, un peu moins ! Mais qui oserait me condamner dans ce monde sans juge où personne n’est innocent ! »

Heureux : « Parce que j’ai envie de vivre et d’être heureux. Je croix qu’on ne peut être ni l’un ni l’autre en poussant l’absurde dans toutes ses conséquences. »

« Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux. »

Liberté : « Ce monde est sans importance et qui le reconnaît conquiert sa liberté