De Van Stalle et d'Hanswyck 22 avril au 24 mai 2015

Retour de la zwanze. L’auteur Paul Van Stalle résume la pièce à sa manière : « C’est une parodie bruxelloise de ‘Roméo et Juliette’, les Capulet seront les Molenbeekois et les Montaigu les Saint-Gillois… à moins que ce ne soit le contraire !

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

Pour réserver, cliquez sur le segment rouge ou orange de la date souhaitée dans le calendrier.

représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Nestor Denis Carpentier
Bossemans Daniel Hanssens
Coppenolle Pierre Pigeolet
Madame Violette Nathalie Hugo
Eliacin Jean-Paul Clerbois
Joseph Vincent Doms
Léontine Coppenolle Catherine Claeys
Georgette Camille Voglaire
Madame Chapeau Marc De Roy
Jean Pequet Bernard Lefrancq
Charlotte / Arabella Amélie Saye
Mise en scène David Michels
Décors Francesco Deleo
Costumes Ludwig Moreau

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Il fut une époque où l’Union St-Gilloise et le Daring étaient les « grands » du football belge et leurs supporters étaient très « fanatiques ».

Toute la pièce se déroule sur ce fond sportif avec les rivalités et les querelles que peut susciter l’appartenance à l’un ou l’autre clan. Léontine Coppenolle et Mme Violette sont folles de foot et, comme elles dominent leurs faibles compagnons, ceux-ci ne sont pas loin de partager leur folie, risquant de ruiner les espoirs de bonheur de Georgette et de Joseph, les enfants de Coppenolle et Bossemans.

Fort heureusement, les auteurs feront triompher l’amour et permettront aux deux amis d’enfance de se réconcilier.

Il existe peu de pièces aussi « bon enfant » que Bossemans et Coppenolle. Pas de « prise de tête », pas de philosophie ni de métaphysique. Un seul désir : faire rire.

Pur divertissement auquel on peut trouver d’illustres prédécesseurs ! Il y a du Shakespeare sous Bossemans et Coppenolle, mais aussi du Labiche pour la bonhomie souriante et l’esprit de ce pur vaudeville, et une situation, typiquement moliéresque, qui doit, bien entendu, se terminer par un happy-end dont la vraisemblance ne préoccupe pas plus Van Stalle et d’Hanswyck qu’elle ne préoccupait Molière !

BOSSEMANS : Si vous me voyez ici… c’est que je suis venu… (A.II, Sc.8)

Paul Van Stalle et Joris d’Hanswyck ont trouvé, avec cette pièce, un sujet neuf et l’ont traité avec originalité en le plongeant dans la réalité bruxelloise. Mais pour arriver au succès historique de la pièce, elle fut construite sur les principaux ressorts comiques du théâtre : les quiproquos, les jeux de mots (un supporter insupportable…), les allusions, les comparaisons (un homme seul, c’est comme un ministre sans portefeuille et comme un escargot sans caricole !) et enfin le loufoque (Bossemans et Coppenolle, coincés par Violette, commencent à inventer une tante de Bossemans qui vivrait ses derniers instants…) !

COPPENOLLE : Je te pardonne tout ce que je t’ai dit ! (A.III, Sc.16)

PRESSE

Télé Bruxelles : ici !

Le Soir : ici !

Demandez le programme : ici !

Les feux de la rampe : ici !

Le Soir / avant papier : ici !

La DH : ici !

LES AUTEURS

Paul Van Stalle (1908-1995)

Bruxellois pur jus, Paul Van Stalle appartenait à une génération de gens de théâtre puisque son grand-père (Léopold Boyer) dirigeait déjà le «Théâtre du Vaudeville », comme allait le faire son père Jean (Van Stalle) et lui-même. Il reçut l’éducation que l’on pouvait donner aux fils de bonnes familles bourgeoises mais où pointait déjà un certain goût pour le foot. Supporter de l’Union, Van Stalle a joué au football au collège Saint-Boniface à Ixelles.

Si tout le prédisposait à diriger des théâtres, rien, en principe, ne le destinait à devenir un auteur : « Bien que mon père fût directeur du Théâtre du Vaudeville, jamais je ne pensais devenir dramaturge ou auteur de pièces gaies. En 1932, j’ai cependant écrit une comédie, par pur plaisir personnel. Je l’avais appelée « Le Congrès des pudibonds ». Des amis s’en emparèrent et la trouvèrent parfaitement jouable. Ce fut le début de ma carrière d’auteur. »

Il deviendra successivement directeur du Théâtre des Capucines, (devenu plus tard Studio Arenberg), puis du Vaudeville et de l’Alhambra. Il arrêtera ses activités dans le domaine du spectacle en 1961. Il a écrit des sketches, des paroles de chansons, des vaudevilles, des opérettes… et fut le premier auteur belge joué plus de mille fois consécutives à Paris avec « Les surprises d’une nuit de noces »…

L’Alhambra (qu’il dirigea de 1931 à sa fermeture en 1957) accueillit les plus grandes vedettes : Laurel et Hardy, Joséphine Baker, Charles Trenet, Mistinguett, Alibert, Tino Rossi, Édith Piaf, Jeannette Mac Donald, Maurice Chevalier, André Dassary ou Yves Montand.

Il organisait aussi des combats de boxe, des tours de chant et des matinées enfantines ! Passionné de courses hippiques, il avait en plus une écurie de 80 chevaux.

Joris d’Hanswyck (1878-1942)

On sait peu de choses de lui, si ce n’est qu’il était journaliste et écrivain… Van Stalle nous apprend tout de même : « Joris d’Hanswyck avait beaucoup de talent, mais aussi un gosier en pente et perpétuellement asséché. Aussi, pour le coincer et le forcer à travailler, je devais le rencontrer dans les cafés. Nous en avons traînées des soirées dans les bistrots à vider des demi-gueuzes en échangeant nos idées ! »

D’Hanswyck a créé un personnage, bien oublié de nos jours, appelé Monsieur Peperbol. Il apparaît dans trois pièces de d’Hanswyck : Monsieur Peperbol (1934), Peperbol en ribote (1935) et Madame Peperbol a tort (1936). Le sujet principal de ces pièces est, en 1936 déjà, la question linguistique…

Paul Van Stalle et Joris d’Hanswyck ont collaboré à cinq pièces : « Rien qu’une Nuit » en 1935, « L’Homme qui fut tué deux fois » en 1937, « Bossemans et Coppenolle » en 1938, « Le pensionnat Deschaussettes » en 1939 et « Cavalcade d’humour » en 1940.

INT. D. MICHELS

Interview de David Michels

• Pourquoi remonter Bossemans et Coppenolle aujourd’hui ?

Grâce à l’énorme engouement du public lors de notre reprise la saison dernière du « Mariage de Mlle Beulemans », j’ai perçu une réelle envie de retrouver des personnages ancrés dans notre histoire belgo-belge. D’autre part, il y a une demande de plus en plus importante de spectacles divertissants. Donc, je me suis dit que c’était le bon moment, d’autant plus que cela fait exactement 20 ans que nous n’avons plus joué cette pièce.

• Pourquoi ces personnages sont-ils si attachants ? Qu’est-ce qui touche encore le public autant d’années après leurs créations ?

Les personnages sont attachants car ils sont simplement très humains, faisant preuve parfois d’une mauvaise foi évidente mais aussi et souvent d’un humour irrésistible. En plus, il y a ce personnage historique qu’est « Madame Chapeau », ses répliques sont attendues… ses boules aussi. Itinéraire étonnant que ce personnage. On sait que le rôle est traditionnellement interprété par un homme, mais on ignore souvent pourquoi. Madame Chapeau n’aurait sans doute pas connu une telle gloire si elle avait été, comme prévu, une femme. Une actrice célèbre, une certaine Madame Lerpoel, avait été approchée pour jouer le rôle. Mais comme le texte se limitait à 32 lignes et que le personnage n’apparaissait que fort peu à son goût, elle joua les divas et déclina l’offre. Il a par conséquent fallu se rabattre sur un homme, Billy-Pitt, qui s’était spécialisé dans les rôles de travestis sur les scènes bruxelloises. Et dès lors, le rôle de Madame Chapeau fût toujours tenu par un homme… Succès et très vite une tradition !

• Est-ce une pièce qui parle de l’amitié ou du football ?

Le football est un prétexte qui permet de mettre deux clans en opposition. La pièce évoque d’avantage des rapports familiaux, d’amitié et d’amour ! Mais le contexte « sportif » rend ces personnages très populaires, dans leurs engouements, dans leurs disputes et dans leurs passions.

• Qu’est-ce qui vous plait exactement dans ce répertoire ?

C’est une fierté pour moi de pouvoir approcher ce patrimoine, de le faire vivre de le faire connaitre aux nouvelles générations. Ces personnages cultes sont si sympathiques. D’un point de vue tout à fait personnel, peu de gens le savent, mais je suis issu du milieu du football, j’ai passé toute mon enfance dans les stades (pas sur le terrain !).

• Quelles sont les similitudes et les différences avec « Le Mariage de Mlle Beulemans » ?

Dans les similitudes, il y a évidemment l’accent bruxellois. Mais il y a aussi cette simplicité dans les rapports humains : on dit ce qu’on pense tout naturellement, sans s’encombrer de précautions parfois inutiles. Dans les deux pièces, il s’agit d’amour et de deux familles qui peuvent s’apprécier comme se maudire…. La différence se trouve, selon moi, dans le genre théâtral : « Le Mariage » est une comédie de mœurs très divertissante mais avec beaucoup de réelles émotions, c’est par moment très touchant. « Bossemans et Coppenolle », c’est du vaudeville avec comme seul but affiché faire rire. « Bossemans et Coppenolle », c’est la zwanze.

• Comment préparez-vous votre mise en scène ?

Dans le respect de la tradition mais avec la sensibilité d’aujourd’hui. Il est, je crois, important de répondre à l’attente des spectateurs, de respecter leur imaginaire et l’image véhiculée par la mémoire collective. Mais il est tout aussi important d’apporter le rythme d’aujourd’hui dans la manière de jouer, de bouger. Et c’est aussi la vision qu’on applique dans la conception des décors et des costumes.

• Qu’est-ce qui vous motive à mettre en scène cette pièce ?

Le plaisir que j’espère elle procurera aux spectateurs. Plus de 800 personnes qui éclatent de rire pendant deux heures, quel beau cadeau !