De Rolf HochhuthDu 26 octobre au 20 novembre 2011

La pièce de Rolf Hochhuth dénonce l’attentisme du Vatican dans l’holocauste perpétré par le régime nazi. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Kurt Gerstein, un officier SS allemand, épaulé par un jeune jésuite, Ricardo Fontana, tente d’informer le Pape Pie XII et les Alliés du génocide des Juifs organisé par les nazis dans les camps de concentration.

En 1963, l’œuvre de Rolf Hochhuth dénonçait, quelques années après la mort de Pie XII, la réserve trop prudente adoptée par le Pape. Amen (Le Vicaire) pose un problème historique et moral sur lequel pèse la mort de six millions de Juifs. En se taisant, Pie XII n’a-t-il pas failli à sa mission de Vicaire du Christ ?

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Riccardo Fontana Nicolas d’Oultremont
Kurt Gerstein Steve Driesen
Professeur August Hirt / Le pape Pascal Racan
Le baron von Rutta / Le père général Michel Poncelet
Fontana père / Colonel Serge Jean-Claude Frison
Le cardinal Gérald Marti
Le docteur Bernard Sens
Commandant Fritsche / Un milicien italien Marc De Roy
SS Salzer Frederik Haugness
Jacobson / Un milicien italien Frédéric Clou
Le nonce de Berlin / Luccani Xavier Dumont
Adolf Eichmann / Le fabricant David Leclercq
Un père à la nonciature / SS Witzel Emmanuel Dekoninck
Mise en scène Jean-Claude Idée
Décor Francesco Deleo
Costumes Béatrice Guilleaume
Adaptation Fabrice Gardin

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Les personnages

Kurt Gerstein

Gerstein, un officier affecté à l’Institut d’hygiène de la Waffen SS, fut chargé d’aider à la mise en oeuvre de la « Solution finale ». La communauté israélite a fait graver son nom sur le monument commémoratif élevé à Paris aux victimes du fascisme. Le récit de sa propre vie, qu’il remit en 1945 aux Alliés ne peut être résumé, et il est difficile de reconstituer son existence, malgré les dépositions des prêtres notables tant juifs que catholiques, ou celles du secrétaire de l’Ambassade suédoise, le baron Von Otter. Alors que la guerre touchait à sa fin, Gerstein décide de se rendre à la police française. Dans sa déclaration, il explique qu’il s’est constitué prisonnier pour pouvoir témoigner afin que soient punis ceux qui étaient responsables des atrocités. Ironiquement, cependant, Gerstein devint non un témoin mais un suspect et mis fin à ses jours en juillet 1945.

Ricardo Fontana

Fontana n’est pas un personnage réel et l’auteur ne s’en cache pas. Mais sa prise de position en faveur des êtres traqués et son sacrifice pour l’Église sont des transpositions libres des actes du prévôt Bernhard Lichtenberg de Berlin, qui priait ouvertement pour les Juifs (et de tant d’autres prêtres qui ont aidé les Juifs pendant la guerre). Lichtenberg fut condamné à la prison, il implora de partager le destin des Juifs de l’Est auprès des sbires d’Hitler. Il fut finalement déporté à Dachau et mourut en route, en 1943, de mort présumée naturelle.

Le docteur

Hochhuth s’inspire une fois encore d’un personnage réel. Josef Mengele, dit ‘Le docteur’ constitue un modèle de cruauté. Chargé de la sélection des déportés qui arrivent au camp d’Auschwitz, il est capable d’une amabilité insidieuse tout comme d’une cruauté sans bornes. Il profite de sa position pour faire des expériences pseudo-scientifiques portant sur les jumeaux, mais aussi sur les nains, les bossus, les transsexuels et utilise les déportés comme des rats de laboratoire. Néanmoins à l’époque des faits, ‘le docteur’ n’était pas encore identifié comme Josef Mengele.

Le Pape Pie XII

À soixante-huit ans, l’homme est au sommet de son efficacité et n’a rien d’un vieillard. Son attitude, dans la pièce, est celle d’un homme parfaitement au courant des crimes des nazis mais qui refusent d’intervenir en tant que Pape et qui se borne à de petites actions. Pie XII, instigateur du Concordat de 1933, était un diplomate et voyait à l’Allemagne une fonction clé de tampon entre l’Occident et la Russie communiste.

Premières représentations

Le Vicaire est monté pour la première fois à Berlin le 20 février 1963 grâce à l’initiative d’Erwin Piscator, metteur en scène et producteur de théâtre allemand. En France, la première a également lieu en 1963, au théâtre de l’Athénée à Paris. En Belgique, c’est le Théâtre des Galeries qui a créé la pièce en 1966 dans l’adaptation française de Jorge Semprun. C’est donc assez logiquement qu’il s’y intéresse à nouveau aujourd’hui.

Lors de la sortie sur les planches de la pièce de Hochhuth, la presse ne s’est pas gênée pour en faire l’écho. À Berlin, c’est l’organe officiel du Vatican, L’Osservatore Romano qui réagit par deux fois :

29 mars 1963 : « Cette œuvre théâtrale absurde contre l’œuvre pacifique de Pie XII est une tentative facile et extraordinairement cynique pour chercher un bouc émissaire […] »

24 juin 2963 : « Le Saint-Siège ne se propose pas d’intervenir dans les affaires ou les intérêts qui relèvent des pouvoirs temporels. Ce à quoi il vise, c’est à favoriser partout la profession de certains principes fondamentaux de civilisation et d’humanité, dont la religion catholique est la gardienne attentive […] »

Tandis qu’à Paris, la première représentation ne se fait pas non plus sans heurts, les critiques s’en donnent à cœur joie :

« […] Le Vicaire n’est ni « antipapiste », ni « antifasciste » ; […] À cet égard, les tumultes provoqués par la pièce deviennent en quelque sorte un élément de l’œuvre elle-même. Ils attestent que le but que s’était assigné Hochhuth est atteint : faire apparaître qu’il est à la fois impossible au chrétien d’être pleinement « de ce monde » et de prétendre s’en abstraire. […] »

Roger Paret / France-Observateur

« […] Quand le drame de Hochhuth nous est livré dans ses propres dimensions, au-delà du débat, au-delà du procès, c’est une immense fresque de vie et de mort qu’on découvre, une épopée schillérienne de notre temps, qui relève en fin de compte beaucoup plus de la littérature et de l’art que de la polémique où ses adversaires ont voulu l’enfermer. »

Jacqueline Piatier / Le Monde (21 décembre 1963)

En Belgique, les premières représentations provoquèrent de vives réactions tant dans la presse que dans le public. La police dû procéder à des arrestations, à cause semble-t-il, de la violence du public pendant la représentation. Les organes de presse, quant à eux, ont des avis divergents :

« Le mérite du ‘Vicaire’ est de poser de vrais problèmes encore brûlants devant la conscience de tous les hommes. […] »

Le peuple (8 février 1966)

« […] Certes, la personnalité du pape y a été singulièrement diminuée par un auteur partial. Il n’est pas niable que ce pontife, dont on parle beaucoup mais qui ne paraît sur le plateau que durant une seule scène, semble ici étriqué. […] Mais en diminuant systématiquement son personnage, c’est la pièce qu’il a condamnée à être étriquée. […] »

Robert Chesselet / La Lanterne (15 février 1966)

« Ce n’est pas le grossier pamphlet anticlérical dénoncé par les calotins. Ce n’est pas un spectacle grotesque et odieux. C’est simplement une pièce à thèse […] »

Pan (23 février 1966)

Pourquoi changer le titre en Amen ?

Si nous avons repris « Amen » comme titre, c’est pour mieux éclairer « Le Vicaire ». Aujourd’hui, le mot ‘vicaire’ étant tombé en désuétude, peu de jeunes comprennent, sans explications, sa véritable signification. Or, nous voulons, en montant « Le Vicaire », toucher un maximum de jeunes. Pour leur faire approcher ce pan de l’histoire souvent omis en milieu scolaire. Ensuite, il est évident que nous venons après le film de Costa-Gavras. Un film qui a touché des millions de spectateurs et qui est resté dans les mémoires. Il est donc intéressant d’en faire le rappel et de signaler que le film est tiré de la pièce de Rolf Hochhuth.

Les mots de Rolf Hochhuth portent tout en eux, la magie, la peur, le doute, l’extase, la confiance et la haine. Ils sont directs, francs, énigmatiques, sibyllins. « Amen » nous paraît de cet acabit. Quoi de plus fort que de refuser de dire ‘amen’ à l’horreur.

Si « Amen » de Costa-Gavras a eu un mérite, c’est celui de nous avoir permis de renouer avec une pièce essentielle des années soixante. C’est tout à son honneur de l’avoir fait. Voici un juste retour des choses que de saluer le film au théâtre.

Considération historique : le Concordat

Il s’agit d’un accord signé entre le Saint-Siège, représenté par le cardinal Pacelli (futur pape Pie XII), secrétaire d’État, et le Reich allemand, représenté par le vice-chancelier Franz von Papen.

Les catholiques en Allemagne ne constituent que 32% de la population, concentré en Bavière et en Rhénanie. Néanmoins, cette importante minorité est active, en particulier s’agissant des mouvements de jeunesse. Elle compte 20 000 prêtres, 100 000 religieux et un parti politique, le Zentrum. Pie XI demande donc à Mgr Pacelli, nonce apostolique en Allemagne et futur Pie XII, d’engager les négociations avec la République de Weimar. Mais le gouvernement fédéral ne souhaite pas entretenir des relations directement avec une religion. La situation change lorsqu’en janvier 1933, le parti nazi prend le pouvoir. Le catholique conservateur Franz von Papen est nommé vice-chancelier et le programme de restauration de la grandeur allemande séduit une partie des catholiques. De son côté, Pie XI relance les négociations avec l’aide de Mgr Pacelli, devenu secrétaire d’État, l’archevêque de Fribourg et le président du Zentrum. Von Papen se charge de convaincre Hitler en lui faisant miroiter le ralliement de l’électorat catholique.

Les négociations se déroulent rapidement et la convention est signée le 20 juillet 1933. L’Église catholique romaine est alors reconnue pour la première fois dans l’ensemble du Reich ; les associations, les œuvres de jeunesse, l’école confessionnelle se voient accorder des garanties et les biens confisqués sont restitués.

« La Conclusion du concordat me paraît apporter la garantie suffisante que les citoyens du Reich de confession catholique se mettront dorénavant sans réserve au service du nouvel État national-socialiste » déclarera Adolf Hitler. Cependant, les espoirs des catholiques sont vite déçus. Le concordat n’est pas respecté et une multitude de meurtres et d’arrestations ont lieu. Rome réagit en mettant à l’Index Le Mythe du XXe siècle, de l’idéologue nazi Alfred Rosenberg. Pacelli adresse 55 notes de protestations au gouvernement allemand entre 1933 et1939. Pie XI publie l’encyclique Mit brennender Sorge, condamnant le paganisme et le racisme et ordonne aux universités d’enseigner un cours contre l’antisémitisme et le racisme.

Toutefois, le concordat permet à l’église catholique de garder une certaine indépendance de fonctionnement face au régime. Le concordat n’est donc dénoncé par aucune des parties. Après la Seconde Guerre Mondiale, le sort du concordat est suspendu pour finalement être approuvé par la cour constitutionnelle allemande le 26 mars 1957.

INTERVIEW

J-C IDÉE

 L’œuvre de Rolf Hochhuth a une histoire mouvementée. Qu’est-ce qui t’as donné l’envie de prendre part à ce nouveau projet ?

Lorsque j’ai acheté le bouquin, édité aux éditions du Seuil en 1963, il m’a semblé soulever des questions intéressantes. Je ne connaissais pas encore le contexte polémique qui s’est déroulé à l’époque de sa création et des premières représentations et j’y ai d’abord vu un grand texte à la fois historique et mystique. Au delà de ça, il y a différentes mouvances qui peuvent animer le paysage chrétien et qui sont en présence dans la pièce : les protestants, les catholiques dominicains et jésuites y sont représentés mais aussi la diplomatie vaticane qui a encore un autre regard sur la politique. La grande problématique est comment est-ce qu’un individu croyant peut se situer dans le siècle, et c’est de là que je suis parti. C’est aussi la grande question de l’engagement d’un croyant dans une action politique historique. On sait très bien que les problématiques sur l’engagement des religions vis-à-vis du politique ne sont toujours pas réglées et qu’elles se sont encore accentuées de nos jours, donc la question qu’il faut toujours se poser quand on travaille sur un texte, c’est qu’est-ce qu’il nous évoque maintenant, pas en 1963, mais ce qu’il nous raconte par rapport à notre époque. Quand je repère ce genre de réflexions dans un texte, je me dis que ça vaut la peine de le mettre en scène. Et puis, bien sûr, le fait que Le Vicaire avait déjà été monté au théâtre des Galeries à l’époque de sa création a ajouté de la pertinence à la démarche initiale étant donné l’importance de la pièce dans la vie de la compagnie.

 Quel message voudrais-tu faire passer par la mise en scène de la pièce, au-delà de celui de rappeler l’Histoire ?

Je pense qu’il faut surtout, quand on voit la pièce, ne pas se limiter à un côté passéiste, revanchard sur la mise en cause du rôle de Pie XII à l’époque nazi. Hochhuth est un homme qui adore poser des questions dérangeantes ; dans Le Vicaire le rôle du pape, du Vatican en général au cours de la Seconde Guerre Mondiale est interrogé. Je pense que c’est une question qui rejoint celle de Malraux, le 21e siècle devra reprendre en compte les positionnements mystiques ou on court à la catastrophe (« le 21e siècle sera religieux ou ne sera pas »). Stephane Hessel, dans Indignez-vous, pose les mêmes interrogations et dit qu’il faut arriver à intégrer les pensées mystiques dans la modernité, à les digérer. Il faudra trouver un modus vivendi entre les différentes populations, les différentes religions, les différentes lois…

 Que peut-on penser des personnages « rebelles » de la pièce, Ricardo et Gerstein ?

Ricardo est un personnage allégorique, virtuel. C’est Michel Onfray qui parle de personnage conceptuel, c’est-à-dire un personnage qui incarne une idée mais qui n’a jamais existé. Ricardo est un concept de l’auteur même s’il existe des incarnations réelles de ce personnage. Gerstein, lui, a vraiment existé et a décidé de prendre position contre la politique de son pays. Il a fini par se suicider après avoir témoigné auprès des autorités. Mais ces deux personnages représentent la figure du « juste », ils disent haut et fort ce que tout le monde sait. Hochhuth pose la question du droit à être divergent, résistant, à avoir sa propre opinion. Ce sont ce genre de personnes qui font avancer l’Histoire. Dans la structure de la pièce, il y a une bipolarité permanente : nous retrouvons un juste chez les nazis (Gerstein) et un juste chez les catholiques (Ricardo). Et pourtant, ces deux personnages, qui n’ont à priori rien en commun, se rencontrent et vont œuvrer ensemble pour tenter d’arrêter les massacres. Gerstein travaille vraiment concrètement dans ce but, tandis que Ricardo essaye vainement de faire intervenir le pape de manière officielle. Ce sont deux témoins, deux justes que Hochhuth nous montre, au travers de deux entités diamétralement opposées, le Reich et l’Église. Hochhuth a fait au metteur en scène une recommandation assez surprenante. Il veut que chaque comédien qui joue un nazi joue aussi une victime ou un religieux et vice-versa. C’est comme une mise en garde pour nous prévenir que la « bête immonde » veille en chacun de nous et qu’il ne faut pas se laisser influencer. Je trouve cette idée dramaturgique intéressante.

 En 1966, Erwin Piscator et Semprun se préoccupaient certainement plus de faire passer un message plutôt que de faire un spectacle. Comment comptes-tu t’y prendre pour rendre l’histoire attrayante aux yeux du public d’aujourd’hui ?

D’abord, ce n’est pas seulement une pièce, la preuve en est que dans l’édition initiale qui date de 1963, il y a plus de didascalies et de commentaires que de dialogues. On devrait la considérer dans son entièreté comme un dossier, une œuvre polémique. Hochhuth a choisi le processus théâtral comme support mais il aurait très bien pu écrire un essai de 600 pages. L’adaptation de Costa-Gavras et la polémique autour de la sortie du film prouve que cette pièce est toujours d’actualité. Quand on prend la pièce et qu’on en fait l’adaptation, il faut faire attention à la manière dont on coupe les scènes. Selon le découpage qu’on en fait, on en modifie son impact et sa perception. Evidemment, on a été attentif à la rendre fluide, intéressante et attrayante aux yeux du public, et je pense qu’il y a une véritable intrigue, un suspense psychologique et une problématique. Elle aura autant d’attrait qu’un Shakespeare sur un public contemporain. Il faut garder à l’esprit que le théâtre est un miroir, et que le public vient chercher des résonances à ce qu’il vit quotidiennement. Et même s’il ne se pose pas la question de savoir pourquoi cette pièce l’interpelle, c’est clairement parce qu’elle recoupe des problématiques actuelles. Ce n’est jamais un hasard si une pièce de théâtre refait surface ; Dix ans depuis les attentats du 11 septembre et si on regarde les discours de Ben Laden et qu’on les rapproche de ceux d’Hitler, il y a des similarités. Il n’y aura aucune allusion, mais c’est très clairement ce positionnement là… Au nom de quelle idée peut-on prétendre éliminer physiquement l’autre ?

 Que répondrais-tu à ceux qui, encore aujourd’hui, considèrent la pièce d’Hochhuth comme une imposture ?

On est en démocratie et tout le monde a le droit d’exprimer ses idées et ses questionnements mais je pense aussi que c’est un très mauvais combat parce à l’époque où la pièce a été créée, la perception qu’on avait d’Hochhuth était celle d’un communiste militant, d’un activiste. Aujourd’hui, cette perception a été complètement inversée et on voit plutôt en Hochhuth un révisionniste. D’autres part, je pense que lorsque la pièce a été montée à l’époque, on en a tout de suite fait un brûlot anti-catholique, alors que c’est une pièce qui est un forum de réflexions qui dépassent de très loin le seul problème ‘Pie XII’ ; il y a certainement un débat d’idée mais Hochhuth ne met pas en scène un pape caricatural et il n’y a rien de déshonorant dans son propos. Le théâtre est porteur de scandales. Si on lit que les Allemands ont gazé 10 000 juifs par jours, on ne peut pas l’accepter. Mais dit sur une scène, la même phrase peut devenir scandaleuse, surtout si elle est placée dans la bouche d’un comédien qui porte l’uniforme, costume qui est aussi porteur d’une idéologie parce que le théâtre ose montrer l’inconcevable.

Interview réalisée par Rachel van de Walle