D' Alan Ayckbourn, Adaptation de Gérard LauzierDu 11 février au 8 mars 2009

Robert Jaffray a invité ses enfants et leurs épouses à fêter les cinquante ans de Laure, leur maman. Il a retenu une table pour six chez Calvinu, le restaurant dont les Jaffray sont les habitués depuis trente ans. Monsieur Calvinu vient d’apporter le gâteau d’anniversaire. Le dîner a été très joyeux mais la fête ne fait que commencer. La comédie d’Alan Ayckbourn aussi car cette soirée d’anniversaire marquera de façon définitive le destin des six personnages

Entre rires et larmes, cette comédie douce-amère nous fait vivre les moments forts de trois histoires d’amour. De déjeuners rapides en dîners romantiques, les règlements de compte vont se succéder et l’addition sera salée !

CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS

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représentation en matinée (15h)
représentation en soirée (20h15)

DISTRIBUTION

Robert, un homme d’affaires Luc Van Grunderbeeck
Laure, sa femme Martine Willequet
Alain, leur fils ainé Tristan Moreau
Roland, leur fils cadet Pierre Lognay
Stéphanie, la femme d’Alain Cécile Florin
Calvinu, le propriétaire/Tito, un maître d’hôtel/Aggi, un serveur/Dinka, un autre serveur/Bengie, encore un autre serveur Pierre Pigeolet
Sandrine, la fiancée de Roland Julie Duroisin
Mise en scène Patrice Mincke
Décors Francesco Deleo
Costumes Fabienne Miessen

QUELQUES PHOTOS

POUR EN SAVOIR PLUS

Interview de Patrice Mincke

Qu’est-ce qui t’a séduit à la lecture de ce texte et qu’est-ce qui te motive à le mettre en scène ?

J’apprécie particulièrement les personnages d’Alan Ayckbourn. Ils donnent l’impression qu’on pourrait les rencontrer à chaque coin de rue, ils sont tellement justes, drôles et cruels. Même les plus sordides finissent toujours par nous apparaître terriblement humains, on leur trouve toujours, sinon des excuses, au moins des circonstances atténuantes. Si l’auteur nous fait rire d’eux, c’est toujours avec tendresse et respect, en leur donnant de l’épaisseur et une réelle sincérité.

Ayckbourn ne cesse d’explorer les relations humaines au quotidien. Pas d’aventure épique, pas d’intrigue, pas de coup de théâtre rocambolesque, simplement le passage au scanner méthodique de tout ce qui nous compose : nos lâchetés, nos pulsions, notre orgueil, nos sentiments les plus étranges mais aussi le courage avec lequel nous essayons de nous dépatouiller avec ce que nous sommes, tout cela apparaît au grand jour et nous fait rire, souvent jaune.

« 1 table pour 6 » n’échappe pas à la règle : on y découvre les relations compliquées d’une famille qu’on voit évoluer pendant deux ans, avec l’amour, les injustices, les contentieux, la tendresse, les tensions, bref tout ce qui compose une cellule familiale ordinaire.

Voilà donc un formidable matériau de base pour un metteur en scène : les sentiments complexes et paradoxaux d’une famille où chacun pourra se reconnaître, en partie du moins.

Tu as déjà monté un texte d’Alan Ayckbourn au Théâtre des Galeries, en quoi cet auteur a-t-il pu te surprendre une nouvelle fois ?

Dans « L’amour est enfant de salaud », Ayckbourn proposait une contrainte de taille : il séparait le plateau en hauteur, un rez-de-chaussée et un premier étage dont on ne pouvait voir que le premier mètre.

Ici il joue principalement sur la chronologie, faisant évoluer à différentes vitesses ou même à rebours le cours du temps, tout en imposant une contrainte de taille quant à l’espace puisque tout se déroule dans le même lieu.

Le ton de la pièce m’a aussi surpris : l’humour y est plus grinçant que jamais, le couple y est passé au crible et en ressort anéanti. On connaît l’avis d’Ayckbourn sur la question mais là il n’y a pas été de main morte !

On nomme Alan Ayckbourn,  » le maître de l’espace scénique et du temps théâtral « , que penses-tu de cette affirmation par rapport à « 1 table pour 6 » ?

Ce qui fait vraiment de lui un « maître », c’est qu’il arrive à monter toutes ses pièces ! Il n’est donc pas seulement un sadique, qui pose des défis monstrueux aux metteurs en scène de ses pièces, il est aussi masochiste puisqu’il est le premier à devoir relever ces défis.

Plus sérieusement, Alan Ayckbourn a effectivement la particularité de créer sans cesse de nouvelles façons de traiter le temps et l’espace dans ses pièces. Voir plusieurs actions en même temps, ne voir que des demi-pièces dans une maison, faire se côtoyer plusieurs époques, superposer des appartements sans que les personnages qui y vivent ne se voient, faire évoluer l’action à des rythmes différents, … il aura tout essayé ! Et ce qui rend sa recherche intéressante c’est que ces « systèmes » qu’il invente servent le propos et le rapport au public. En effet, le spectateur aura un tout autre regard sur les serments des jeunes amants s’il vient d’assister à leur rupture !

Sa façon de traiter temps et espace sert donc non seulement à surprendre et divertir le spectateur, mais aussi à porter sur les situations traitées un regard neuf, un point de vue différent et lourd de sens.

Dans « 1 table pour 6 », le spectateur connaît de façon prématurée beaucoup d’informations qui vont modifier sa façon de regarder ces couples. Au lieu de se demander « Que va-t-il arriver ? », le public est amené à s’interroger sur le comment ou le pourquoi (« Comment en sont-ils arrivés là ? » « Pourquoi agit-il comme ça alors qu’on sait ce qui va se passer ? »). Ayckbourn n’en est que plus efficace dans sa méticuleuse destruction du couple.